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Dans la communication, tout est dans l’image. Celle de la Tunisie, hier soir à Rades, a été déplorable. Au début du match CA/PSG diffusé en France et dans le monde, la ministre tunisienne du Tourisme, Selma Rekik, était ravie de présenter cet évènement sportif qui était prévu depuis novembre dernier, comme un des moments forts de la promotion d’une Tunisie dont l’image venait juste d’être écornée par les médias français, notamment il y a moins de 3 semaines à l’occasion de l’attentat de Berlin où l’acteur principal était un Tunisien. Dans la tribune d’honneur où il était interviewé, l’ambassadeur de France en Tunisie, Olivier Poivre d’Arvor, parlait comme un fervent défenseur d’un retour au plus vite des touristes français en Tunisie et souhaitait que ce match participe à redorer le blason de la Tunisie. Les deux seront déçus par les images des incidents, violentes bagarres entre supporters tunisois avec les chaises qui volaient haut, et qui terniront un peu plus encore l’image de cette Tunisie que les organisateurs voulaient : une «terre de paix et de sécurité».

Voilà ce qu’écrivait le journal français Le Parisien à propos de cette fin en queue de poisson d’un match qui devait être un moment de fête pour une autre image de la Tunisie de la révolution : «La fin a pourtant été ternie par une organisation défaillante du match, alors que la Tunisie est en état d’urgence. Pendant la seconde mi-temps, des supporteurs tunisiens se sont lancé des sièges et des fumigènes, faisant au moins un blessé, alors que la ferveur était impressionnante en première période». Autant dire que l’état d’urgence en Tunisie n’empêche rien ! Et le même journal de rapporter que «Depuis qu’on a mis les pieds sur le tarmac de l’aéroport, c’est le bazar de A à Z», pestait un encadrant soulagé de rentrer à Paris». De quoi donner normalement des sueurs froides au ministre du Transport, au PDG de l’OACA, au ministre de l’Intérieur et à la ministre de la Jeunesse et des Sports !

Le Hooliganisme est certes un phénomène international, mais la Tunisie, scrutée par les TO et les observatoires de sécurité dans ses marchés, n’est pas tout le monde. De plus, les bagarres ont éclaté entre supporters tunisiens d’équipes qui n’ont rien à voir avec l’enjeu du match qui n’en était pas un. Une bagarre donc pour des comptes internes et qui finit par donner une mauvaise image d’un Tunisien déjà diabolisé, presque pestiféré ailleurs.

Le monde n’attendait pourtant pas ces images, pour exprimer d’une manière ou d’une autre ses appréhensions devant les représentants d’un peuple dont l’image est désormais liée au mieux à la violence et au pire au terrorisme. Voici quelques exemples :

⦁ Un Gate spécial Tunisie à l’aéroport de Casablanca.

Tout visiteur tunisien au Maroc aura certainement constaté que les avions en provenance de Tunisie font l’objet, depuis l’attentat de Sousse en juin 2015, d’un traitement spécial. C’est en effet par un Gate spécial, où il ne manquerait que la section canine, que passent et son filtrés les passagers tunisiens, contrairement au reste des visiteurs du Royaume chérifien. La fouille y est systématique, lente, minutieuse et complète, comme si le passeport tunisien était déjà en lui-même porteur d’accusations.

⦁ Des musiciens passés au crible au Liban.

A l’occasion des fêtes de fin d’année, c’est un chanteur tunisien connu qui se déplaçait à Beyrouth où il devait donner un concert. C’est à cet effet qu’il avait jugé bon de se faire accompagner par un certain nombre de musiciens tunisiens qui devaient renforcer l’équipe de l’orchestre local.
Arrivés à l’aéroport libanais, les éléments tunisiens de l’orchestre devant accompagner la Star tunisienne se sont vus réserver un accueil bien particulier. Fouille complète et minutieuse, prise aussi des empreintes pour les comparer avec leurs données et confiscation des passeports qui ne leur seront donnés qu’au départ de l’hôtel.

⦁ Des Tunisiens qui crient «Allahou Akbar» dans un port italien.

Il y a quelques jours, à l’occasion des festivités du nouvel an aussi, la compagnie nationale de transport maritime, CTN (Compagnie tunisienne de navigation), organisait une croisière vers la ville italienne de Naples pour un grand nombre de Tunisiens (800 personnes) désireux de passer le réveillon ailleurs. Le bateau ayant fait un retard, sur demande des autorités italiennes qui auraient reçu des alertes de sécurité, le bateau a dû accoster au port commercial au lieu du port touristique qui n’était pas équipé pour ce genre de croisière. Les douaniers italiens montent à bord et demandent au capitaine de prendre les 800 passeports pour un dédouanement un peu spécial pour la nature du port. Le capitaine refuse de prendre la responsabilité d’un tel nombre de documents de voyage de peur d’en perdre. Avertis, les passagers tunisiens se mettent en colère et prennent d’assaut la barrière de sortie. Deux d’entre eux se permettent alors le luxe d’une plaisanterie de mauvais goût en criant « Allahou Akbar » par deux fois. L’effet est alors instantané et le port est encerclé par les forces de sécurité. Il aura fallu l’intervention du Consul et une heure d’attente derrière les barreaux de l’entrée du quai pour que les passagers tunisiens puissent passer.

⦁ L’ATCE redevient d’actualité.

Ces trois incidents illustrent l’image de soupçonnés dont jouissent désormais les Tunisiens, toujours inconscients de l’effet de cette image de «pestiférés» qui les colle désormais dans toutes les frontières. Une image façonnée par leurs nouvelles exportations que sont les «Harragas», criminels en fuite sur les bateaux d’immigration clandestine et surtout les Djihadistes sans frontière. Une image qui demandera des années de travail en relookage média et en communication à grands frais. Aux dernières nouvelles, le chef du gouvernement tunisien aurait pris la décision de mettre au goût du jour la jadis décriée ATCE (Agence tunisienne de communication extérieure) de l’avenue Mohamed V, à Tunis. Il parait même qu’un DG, avec rang d’ambassadeur, aurait été déjà nommé à sa tête et dont le nom demeure encore secret. Cela suffira-t-il ?

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De formation journalistique, diplômé de l’institut technique de banque à Paris, Slah Kanoun a fait une longue carrière à la banque STB, sans oublier...

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