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La dernière fois que la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (COFACE) a pris le pouls de la Tunisie c’était en mars 2015. Elle avait collé au berceau du printemps arabe la note B, en raison du risque assez élevé que présentait la trajectoire de l’économie du pays. Mais elle avait tempéré son jugement en accompagnant sa notation avec la mention “sous surveillance positive“. La COFACE justifiait sa relative clémence par ceci : “En Tunisie, la fin de la transition politique, qui ne devrait pas être remise en cause par le risque d’attentats terroristes et la refonte du code des investissements, devrait permettre une amélioration du climat des affaires”. Elle avait ajouté ceci : le pays récoltera les fruits de l’amélioration de l’environnement économique international avec les cours du pétrole très bas et une reprise en Europe, la première destination de ses exportations. Deux ans après la Tunisie est beaucoup moins à la fête et la mention “sous surveillance positive” a complètement disparu des concluions de la carte 2018 des évaluations des risques des pays, que la COFACE vient de publier, mais la note B elle est restée…

Croissance molle, mauvais climat social…

C’est surtout la faible et frêle croissance en 2017 qui vaut à la Tunisie ce surplace. Certes il y a des indicateurs économiques qui se sont améliorés, indique le rapport, mais pas suffisamment pour remorquer tout le pays. Toutefois “la reprise de 2017 portée principalement par les bonnes performances du secteur agricole et des services devrait se consolider en 2018. En effet, l’activité est restée pénalisée par la faible croissance du secteur manufacturier et par le recul de la production minière” dit le document.

Autre bonne prédiction de la COFACE : Les exportations, notamment manufacturières, devraient être meilleures cette année. La montée de la demande extérieure, dopée par la croissance très probable des économies européennes et par le gain de compétitivité du fait de l’érosion de la valeur du dinar, devrait booster les exportations manufacturières. Le rapport souligne cependant le revers de la médaille : Les secteurs qui dépendent des importations seront pénalisés par le taux de change et leurs ambitions seront bloquées par l’évolution des prix à la production.

La compagnie d’assurance a également indexé le climat social en Tunisie. Elle est d’avis que les tensions sociales, la floraison des grèves et autres mouvements sociaux “pourraient, tout comme en 2017, limiter l’expansion du secteur minier”.

Le tourisme et le transport font partie des secteurs très en vue et prometteurs selon la COFACE. Cette dernière leur prédit une embellie, grâce aux progrès au niveau sécuritaire, l’amélioration notable de l’image du pays et sa promotion.

Par contre “du côté de la demande domestique, l’augmentation du niveau général des prix généré par la hausse de la TVA continuerait de contraindre la consommation des ménages. La réforme des subventions de même que les hausses des salaires conjuguées à des pressions sur le dinar nourriraient l’inflation qui ne devrait pas faiblir en 2018”, dit la COFACE.

Le fardeau du déficit budgétaire

A propos du déficit budgétaire, la COFACE rappelle qu’elle “s’est fortement dégradée depuis 2011, enregistrant des déficits publics conséquents et une augmentation importante du niveau d’endettement”.

Elle ajoute ceci : “en dépit du soutien du Fonds monétaire international, les autorités éprouvent des difficultés croissantes à mettre en place les réformes demandées en vue de consolider les finances publiques”.

Le document met en relief l’aggravation du déficit public, qui est est au-delà des prévisions de la loi de finance de 2017. “Le financement du déficit budgétaire a été assuré en grande partie par des ressources extérieures, notamment, 2.423 MDT du Qatar et 768 MDT de l’Union Européenne”, précise la COFACE.

Le gouvernement prévoit de réduire le déficit public sous la barre des 5 % en 2018, mais cet objectif est ambitieux” dit-elle. Le compagnie française fait le pari que les décaissements liés aux salaires des fonctionnaires, lesquels grèvent le budget de l’État, ne devraient pas reculer significativement en 2018.

Toujours en augmentation, la trajectoire de la dette reste préoccupante, d’autant plus que la part de dette externe s’accroît”, dit le rapport, en ajoutant que “le service de la dette est le deuxième poste de dépenses budgétaires et le remboursement des échéances auprès des bailleurs internationaux pèse sur les réserves en devises qui s’établissaient à 101 jours d’importations en septembre 2017, contre 111 jours une année auparavant“.

Au sujet de la balance commerciale, le document dit ceci : “le renforcement des exportations, en 2017 n’a pas conduit à une contraction du déficit commercial, vu la forte accélération des importations notamment énergétiques. Les balances des services et des revenus se sont cependant améliorées. Même si la dynamique positive des exportations et des recettes touristiques se poursuivra en 2018, le solde courant resterait largement déficitaire“.

Une transition démocratique en panne

La COFACE souligne les bons indicateurs sécuritaires, mais indique que ces acquis sont fragilisés par l’incapacité du gouvernement à donner corps à ses promesses économiques et sociales. La multiplication des grèves et protestations est un facteur de fragilisation du pays, dit le document. Ce dernier n’hésite pas à parler de “transition démocratique à bout de souffle”. Le rapport a évoqué les crises politiques majeures qui ont émaillé la transition, les effets dans la tête des citoyens du retour en grâce de certains cadres de l’ancien régime, “recyclés” par le ministériel de septembre 2017, les conséquences de la coalition entre Ennahdha et Nidaa. Il a aussi été question du report des élections municipales pour 2018.

La COFACE avance, tout de même, quelques “points forts“, parmi lesquels une transition politique progressive, la confiance du FMI, une économie en voie de diversification portée par une main d’oeuvre assez qualifiée, la proximité du marché européen, le gros potentiel touristique et la production minière.

Par contre les fortes inégalités sociales et géographiques, le taux de chômage, notamment chez les jeunes, l’état des comptes publics, l’envolée de l’endettement extérieur ainsi que la montée des tensions sociales et la multiplication des manifestations, en particulier dans le secteur minier, sont de nature à alimenter les inquiétudes pour l’avenir du pays.

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La Coface a annoncé dans son rapport annuel “Risque pays 2017”, que le secteur pétrolier algérien a montré des performances “positives” comparativement à 2015, rapporte APS.
« En dépit de la baisse du PIB pétrolier nominal, le secteur pétrolier a montré des performances positives comparés à 2015 en maintenant un taux de croissance supérieur à zéro », a expliqué la Coface.
Dans ce nouveau rapport, l’Algérie a été classée à la catégorie C où le risque d’impayés des entreprises est élevé, et à la catégorie B en matière d’environnement des affaires où la fiabilité et la disponibilité des bilans d’entreprises sont “très variables”, alors que dans le précédent, elle était dans la catégorie B avec un risque “assez faible”.
La note C concerne donc les pays dont les perspectives économiques et financières sont “très incertaines”, selon l’explication du rapport, et la probabilité moyenne de défaut des entreprises est “très élevée”, a précisé la même source.
A signaler que la Coface est un organisme français d’assurance-crédit, dans son analyse des risques et prévisions sur 160 pays, publiée lors du colloque organisé mardi à Paris.

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Une tuile vient de tomber sur la tête des autorités tunisiennes. Une de plus, direz-vous. En effet l’assureur-crédits français Coface vient de gratifier le climat des affaires du pays d’une mauvaise note pour le second trimestre 2016. La Tunisie a été carrément déclassée, flanquée du très peu glorieux risque “assez élevé”. Pas de quoi s’attirer les bonnes grâces des investisseurs, que pourtant les autorités s’échinent à tenter de séduire.

Pas loin de la Tunisie, de nombreux pays africains et arabes ont réussi à garder leurs notes, que ce soit pour le climat des affaires ou pour le risque d’impayés des entreprises, jugés très souvent comme “convenables”.

L’Egypte elle n’a pas pu faire mieux que risque ”élevé”, alors que la Libye, et ce n’est pas une surprise, s’enfonce dans la catégorie des risques ”extrêmes”. Dans le monde arabe, le Qatar, le Koweït, et l’Arabie Saoudite affichent certes les meilleures notes, mais sont descendus de quelques crans.

Alors qu’est-ce qui fait qu’ailleurs on arrive à se maintenir, à sauver les meubles, alors qu’en Tunisie on peine à sortir de l’ornière ? Il faut tourner le regard vers le climat social et politique marqué du sceau de l’instabilité et de l’incertitude pour comprendre pourquoi la Tunisie inspire si peu confiance. Cela fait des semaines que les leaders de la scène politique arpentent les couloirs du palais de Carthage pour, avait-on promis, accoucher du nom du nouveau Premier ministre avant le 27 juin 2016. Rien n’en a été. En attendant, le flou artistique perdure. Or justement l’économie a horreur de ça. Les investisseurs ont besoin d’échéances claires et d’un régime inscrit dans la durée pour se détendre et desserrer les cordons de la bourse, toutes choses que les autorités sont incapables d’offrir présentement. C’est cet état de fait que la Coface a sanctionné.

Silence, on discute !

Il n’est pas sûr qu’en haut lieu ces signaux négatifs soient interprétés comme il se doit ; de toute façon à l’heure on écrit ces lignes, le mot d’ordre demeure ‘Silence, on discute’. Ce moment d’échanges pour savoir qui va occuper quoi dans le prochain gouvernement, au lieu de qui va faire quoi pour l’intérêt suprême de la nation, semble plus précieux que les sempiternelles alertes des institutions internationales. En tout cas c’est l’impression qu’on a d’ici. Si l’UTICA (Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat), le principal acteur économique du pays, a tiré la sonnette d’alarme, et à maintes reprises, il ne faut pas s’étonner que la Coface en fasse de même.

Quand la centrale patronale s’est récemment fendue de sa liste de priorités économiques nationales en 18 points, l’affaire n’a pas fait plus de bruit que ça, alors qu’elle résume à elle toute seule tous les maux du pays et les remèdes qui vont avec. Pourtant l’UTICA avait mis le paquet en disant ceci dans son appel : “la Tunisie affronte aujourd’hui une crise majeure qui s’approfondit de jour en jour. Une telle situation ne peut pas continuer et des mesures urgentes doivent être prises pour sauver le pays. Face à une telle situation, la note de l’UTICA appelle toutes les composantes la société – partis politiques, organisations nationales et société civile – à prendre conscience des répercussions potentiellement négatives de cette situation sur la stabilité du pays et son avenir.” Mais voilà, cet appel est inaudible. Pour le moment. Et peut-être pour longtemps.

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