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Le 14 avril 2010, une assemblée générale extraordinaire de la société «Carthage Cement » décidait l’ouverture du capital de la société et l’introduction de ses titres sur le marché alternatif de la cote de la bourse des valeurs mobilières de Tunis. L’introduction était une première dans les annales de la bourse de Tunis, dans la mesure où elle n’était même pas alors entrée en production. Mais cette introduction intervenait aussi moins d’une année avant un changement de régime politique qui allait réinventer la confiscation et mettre l’entreprise entre les mains d’un nouvel Etat qui ne savait presque pas quoi en faire.

  • Un début jalonné de difficultés exogènes

Depuis, la société Carthage Cement connaît des difficultés de tous genres et surtout de trésorerie qui, comme l’expliquent ses Commissaires aux comptes, «sont dues à un cumul d’éléments dont le retard dans l’entrée en production de la cimenterie qui a fait que la société commence le règlement des échéances en principal des crédits d’investissement avant l’entrée en production de la cimenterie. Mais aussi, un surcoût enregistré par rapport au coût de l’investissement initial prévu pour la cimenterie ayant entraîné le recours à des crédits supplémentaires à court terme ainsi que des concours bancaires pour boucler le schéma de financement». Cela, sans oublier la conjoncture économique difficile qu’a connue la Tunisie au cours des sept dernières années qui ont surtout engendré une surcapacité de production de ciment en Tunisie et entraîné une baisse significative des prix de vente sur le marché local. L’impact de la conjoncture régionale, notamment en Libye, a aussi engendré une significative baisse des exports de Carthage Cement, surtout en 2016.

Au final, ce sont des pertes cumulées enregistrées par «Carthage Cement» de 184,8 millions de DT au 31 décembre 2016, dont la perte de l’exercice 2016 s’élevant à 46 millions de DT. «La société affiche aussi un besoin de fonds de roulement significatif vu que les passifs courants excèdent largement les actifs courants de la société », affirment ses commissaires aux comptes.

Ces derniers assurent que «courant 2015, la société a déjà procédé à la restructuration de ses emprunts bancaires. Toutefois, étant donné que les difficultés d’exploitation et de trésorerie se sont poursuives en 2016 et 2017, la société n’a pas pu honorer la totalité de ses engagements. Pour faire face à cette situation difficile, la société a engagé, courant 2017, de nouvelles discussions avec le pool bancaire pour conclure un nouvel accord de rééchelonnement des dettes bancaires. Par ailleurs, la société a aussi engagé des discussions avec le principal actionnaire (l’Etat) afin de soutenir financièrement la société en attendant l’amélioration des conditions de marché. En parallèle, le mangement a engagé des réflexions pour promouvoir les ventes à l’export ».

  • Et pourtant, «elle reste une bonne affaire »

Et le rapport des mêmes sources de constater que «à la date de la publication de ces états financiers pour l’exercice 2016, Carthage Cement n’a pas encore obtenu l’approbation formelle de la demande de restructuration des emprunts bancaires».

A tout cela, il faudra ajouter les différentes taxations d’office à laquelle est soumise, depuis sa confiscation par l’Etat tunisien, Carthage Cement. «Des accords sont en cours, selon ses Commissaires aux comptes, avec l’administration fiscale et la Caisse de sécurité sociale pour le rééchelonnement des dettes de la société. Compte tenu de ces indices positifs notés, le management estime que la société serait en mesure d’honorer ses engagements après leur restructuration », tempèrent les Commissaires aux comptes.

C’est tout cela, la «Carthage Cement» qui est enfin proposée à la vente par Al Karama Holding. Le président de la Bourse de Tunis affirme pourtant que «c’est une bonne affaire». En effet, interrogé par Africanmanager sur cette prochaine cession, Mourad Ben Chaabane souligne qu’elle est «en cours de préparation» et que «les responsables [Ndlr : Al Karama Holding] nous ont promis un cahier des charges autour du 15 novembre 2017 et j’espère qu’il attirera quelques multinationales ». Ben Chaabane précise ensuite que «cette société doit en effet être vendue et même recapitalisée. L’investisseur qui va l’acheter devra y injecter au moins 200 millions de dinars pour la remettre sur pieds et c’est faisable vu les atouts dont elle dispose (outils de production, carrière, qualité de produits, capacité de production…)».

Et lorsqu’on lui pose la question, surtout qu’il en a été l’introducteur sur le marché alternatif de la bourse de Tunis, si Carthage Cement est une bonne affaire, il répond que «cela dépend de quel côté on se place. La société est dans une situation tellement difficile que l’Etat a intérêt à la céder même en faisant une concession sur le prix de vente : la société, avec un excellent outil de production et possédant sa propre carrière n’arrive pas à exporter malgré une excellente qualité de produit. J’espère que le futur acquéreur sera une multinationale du secteur, qui lui trouvera l’opportunité de l’export».

Et lorsqu’on lui rappelle que «Carthage Cement» est déficitaire, il minimalise et rectifie. «Ce n’est pas grave. Aujourd’hui, elle est seulement en déficit d’image. Bien avant elle, la banque du Sud était déficitaire. Aujourd’hui, Attijari Bank paye 45 milliard d’impôt à l’Etat. L’exemple de l’UIB aussi, privatisée, c’est désormais une banque qui gagne de l’argent, qui paye de l’impôt et qui recrute. La STAR aussi !», dit-il à Africanmanager.

  • «Je conseillerai mes clients de garder leurs actions», dit Mourad Ben Chaabane

Mac SA qu’il gère, étant un intermédiaire en bourse et même le 1er de la classe, on va plus loin et on lui demande si les épargnants locaux vont suivre l’Etat dans la vente. A cela, il n’hésite point pour dire que «personnellement je conseillerai mes clients de ne pas vendre et de garder leurs actions». Il est vrai que l’intermédiaire qu’il est, parle aussi à partir d’un historique. «Je me souviens que l’action de la Banque de Sud était à 3 DT, regardez où elle est actuellement. Regardez aussi l’action du Magasin Général : Si mes souvenirs sont bons, elle était à seulement 6 DT et est à 100 maintenant. Pour Carthage Cement, cela dépendra beaucoup du choix de l’éventuel acquéreur. Si c’est une multinationale, elle sera capable de redresser la situation. Je tiens personnellement au fait de la céder à un partenaire technique de premier ordre, exiger de lui un programme de développement et surtout ne pas l’autoriser à s’adresser aux banques de la place pour l’apport d’argent

 

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