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Crisis Group

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Quelle que soit la période, les relations «Gouvernements-UGTT» ont été toujours émaillées de dissensions et parfois même de confrontations. Tantôt partenaires, tantôt frères ennemis et parfois mêmes forces contraires, la période 2011-2018 n’a pas dérogé à cette règle. A partir de 2013, le rôle de l’UGTT a cependant dépassé le simple cadre syndical, pour faire de la centrale syndicale une vraie force politique et un élément, important sinon décisif, sur l’échiquier politique et social. La «mayonnaise lui est tellement monté à la tête», qu’elle s’est octroyée un droit de regard de fait sur la politique économique, macro et micro, et même sur la politique en général. L’organisation syndicale tunisienne ne recule désormais devant rien, même à demander la tête de tel ou tel responsable, aussi ministre de la République soit-il ou même chef de gouvernement.

  • Un témoignage-maison

L’UGTT, c’est l’unique organisation syndicale ouvrière aux 500 mille adhérents avec un budget de plus de 14,644 MDT. Héritière du syndicalisme nationaliste de Farhat Hached qui n’a plus cours chez elle depuis quelques années, unique partenaire social du gouvernement, malgré l’existence de 3 autres organisations syndicales, elle use et abuse du droit de grève, inclus dans la Constitution et non balisé par une loi.

Pour ceux qui se demanderaient qui est cette organisation syndicale, plus forte même que la polonaise Solidarnosc, qui dérange et qui intéresse désormais tous ceux, même à l’étranger, attentifs à la réussite de la transition, tant politique qu’économique, de l’unique révolution du monde arabe, il faut lire des deux faces de la page.

«Coup Pour Coup 31» qui se définit comme «collectif anti-impérialiste», écrivait en 2009 sous la plume du militant communiste tunisien Tahar Moez que, «les membres du bureau exécutif [Ndlr : de l’UGTT] viennent souvent du secteur public. Ils étaient fonctionnaires, cadres ou agents de maîtrise, techniciens supérieurs… Ils ont des avantages matériels et financiers, non négligeables (…), ils ont droit à d’énormes facilités pour acquérir des logements dans des quartiers résidentiels, huppés. Chaque membre dispose de deux voitures avec chauffeur, des avancements dans leur métier d’origine (ou ailleurs) les assimilant à des cadres de direction. Ils voyagent beaucoup à l’étranger et ont des frais gonflés et un argent de poche quotidien supérieur à un SMIC mensuel tunisien. Ils distribuent les détachements et les promotions à leurs proches, sur le plan familial, régional ou politique… Ils ont droit à des emprunts (que personne ne rembourse) d’un montant supérieur à 300 fois le salaire minimum mensuel (…). Certains sont permanents depuis des dizaines d’années et n’ont ni l’envie, ni la disponibilité (physique et psychique) de reprendre le travail… Ils se sont éloignés du monde du travail et du salariat. Ils ont d’autres projets personnels… Ceux qui ne sont pas réélus sont casés dans des structures consultatives ou des commissions… ». Fin de citation !

  • Les éléments à charge de «The Economist » et de «Crisis Group»

Le fait est que l’UGTT demande le départ d’un chef de gouvernement, pourtant chargé par le pacte de «Carthage 1» qui regroupait dès 2013 toutes les forces du pays, de mettre en œuvre les grandes réformes économiques et financières pour sortir le pays de la crise. Des réformes que «l’homme aux lignes rouges», Noureddine Taboubi SG de l’UGTT, refuse.

Le fait est que l’UGTT ne discute que les augmentations salariales, si diverses soient leurs autres formes (crédit d’impôt ou crédit CNSS) ou leur origine (plus-value de travail ou dette étrangère pour l’Etat) et sans vouloir comprendre que, plus la masse salariale augmente, plus le pouvoir d’achat est gonflé artificiellement, et plus les prix augmentent plus l’inflation plafonne. Une masse salariale, outrageusement gonflée, qui étonne tous les économistes internationaux, sauf ceux de l’UGTT qui s’opposent à la restructuration des entreprises publiques fortement déficitaires et à la fonction publique, tout aussi outrageusement gonflée et dont le ratio dépasse même ceux de pays développés.

Lorsque l’influent hebdomadaire britannique «The Economist» avait écrit, en décembre 2017, que «Les syndicats tunisiens lauréats du prix Nobel tirent le pays vers l’arrière» et l’accusait d’être «un empêcheur de tourner en rond», le SG de l’UGTT avait accusé un des conseillers du chef du gouvernement d’être le véritable auteur de l’article. «Crisis Group» s’y met aussi. Ce think tank de renommée internationale aurait-il eu, lui aussi, recours à un «nègre» ?

Confirmant le jugement de «The Economist», CG affirme dans sa dernière livraison que, «nombre de diplomates étrangers et d’experts d’organisations internationales considèrent l’UGTT comme la principale responsable du blocage des réformes économiques, de la fragmentation de la chaîne de commandement au sein de l’administration publique et de l’explosion des revendications salariales corporatistes, lesquelles, généralement satisfaites, grèvent le budget de l’Etat».

C’est l’une des conclusions du tout dernier rapport du think tank international «Crisis Group» qui constate aussi que «l’UGTT s’estime injustement mise au banc des accusés de la communauté internationale, alors qu’elle dispose d’un droit de regard sur la stratégie gouvernementale en tant que membre du pacte de Carthage».

Depuis quelques jours, la centrale est entrée, semble-t-il selon des sources syndicales dans le secteur des transports qui ont requis l’anonymat, dans une phase de préparation de la relève. Grèves et préavis de grève font de nouveau florès et menacent des secteurs et des entreprises publiques. Et l’UGTT ne se dispense pas de vouloir remettre sous stress d’instabilité politique. L’UGTT est et restera un composant essentiel du paysage social. Encore faudrait-il, à notre humble avis, qu’elle se recentre sur son main-business, qu’elle se restructure en une véritable force pour la reconstruction économique du pays.

  • L’UGTT, ça a aussi du bon !

Mais on ne trouve pas que The Economist et CG qui parlent du rôle, qui devient ainsi problématique, de l’UGTT. Dans une récente analyse de la situation en Tunisie, «Global Risk Insights» (GRI) qui est un des leaders mondiaux en matière d’analyse du risque politique, a écrit sous le titre «Tunisia New modus operandi» que «l’UGTT peut exercer une influence considérable grâce à sa taille d’environ 56 000 membres dans un pays de 11 millions d’habitants ».

Et tout en mettant en exergue sa dérive, en indiquant que «elle a occasionnellement menacé le gouvernement tunisien de grèves du secteur public ou général si ses revendications n’étaient pas satisfaites», GRI positive et indique que « si l’influence de l’UGTT sur la prise de décision politique ralentit le processus de réforme économique, elle garantit que les réformes incluent des politiques de protection sociale et de protection des travailleurs (…). Les exigences élevées de l’UGTT pourraient aider à compenser les coûts sociaux des réformes auxquelles beaucoup d’autres pays ont été confrontés lorsqu’ils ont suivi le consensus de Washington ».

Et GRI de citer les exemples de la Thaïlande, du Mexique et de la Grèce dont il dit qu’ils ont «suivi les recommandations néolibérales et ouvert leurs marchés, réduit brutalement les services publics et accueilli les investisseurs étrangers. En conséquence, les capitaux étrangers ont afflué tôt ou tard dans leurs pays et ont rétabli la croissance économique. Néanmoins, cette croissance n’a pas nécessairement contribué au niveau de vie des gens ordinaires et les inégalités se sont accentuées. En plus de favoriser une croissance économique inclusive, l’UGTT fait office de force stabilisatrice. Si, par exemple, le parti islamiste Ennahdha remporte les prochaines élections avec la majorité nécessaire pour gouverner, l’UGTT risque de ralentir toute forme d’islamisation de la politique tunisienne et peut même intervenir pour faciliter un dialogue national comme par le passé».

En synthèse, on pourrait dire et l’UGTT devrait le savoir, que «le syndicalisme, c’est bien ; en abuser, ça craint». Cela est aussi valable pour toutes les lignes rouges qu’a fixées la centrale syndicale autour de toute l’économie. On pourrait aussi recommander à cette même UGTT de changer son propre modus operandi en matière de communication et de jouer son véritable rôle de partenaire économique et social et surtout de stabilisateur et non déstabilisateur de toute la scène économique.

  • Après les acerbes critiques de TE et CG, voici les conseils du GRI à l’UGTT

Taboubi est ainsi, même à travers cette dernière publication de GRI, appelé à mettre de l’eau dans son vin et une sourdine à ses vociférations contre tous ceux qui penseraient à changer quelque chose, sauf dans les salaires. Tout comme le FMI, GRI le dit aussi. «Une nouvelle augmentation des salaires publics constitue une forte hémorragie des finances publiques. L’économie de la Tunisie souffre d’un secteur public gonflé qui non seulement fonctionne de manière inefficace et entrave les investissements, mais consomme également de grandes quantités de ressources ».

Et la même source, certes plus clémente à l’égard de la Centrale syndicale ouvrière, estime tout de même que «demander à un chef de gouvernement de démissionner en échange d’augmentations de salaires était probablement un test pour améliorer son jeu. Lors du prochain round de négociations, qui devrait avoir lieu après la prochaine élection présidentielle en décembre 2019, on peut s’attendre à ce que l’UGTT fasse monter ses exigences. Après tout, ils n’ont pas beaucoup à perdre en tant qu’organe non élu représentant les intérêts sociaux tangibles de millions de Tunisiens».

Noureddine Taboubi devrait ainsi lire, au moins et après traduction, cette remarque du GRI qui dit que  «la Tunisie n’est pas à même de mettre en œuvre un programme néolibéral axé sur l’austérité, ni de refuser les recommandations du FMI et suivre le modèle de reprise du Portugal ou de l’Espagne». Encore faudrait-il qu’elle arrête les grèves et change son discours pour appeler ses ouailles au travail et les rappeler à l’impératif de la production, avant le droit aux augmentations.

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A peine dessillée au lendemain de la Révolution du 14 janvier 2011, la Tunisie a eu soudainement maille à partir avec la nomenklatura politique et économique du régime qu’elle venait de renverser. Les mécanismes faisaient foison qui leur demandaient des comptes. La justice s’en est mêlée  pour traîner devant les tribunaux hommes politiques, hommes d’affaires et bien d’autres soupçonnés d’avoir partie liée avec le ci-devant pouvoir. Ceux que cette forme d’inquisition scandalisait se sont ralliés à un mécanisme qui avait fait ses preuves dans des situations comparables. C’est la  justice transitionnelle qui apparaît alors comme la voie la plus propice à la restauration d’une société harmonieuse, permettant à cette dernière de traiter le passé pour aborder le futur de manière apaisée.

Six ans après, la justice transitionnelle peine à tenir ses promesses malgré la mise en place d’une instance dédiée, l’Instance Vérité et Dignité et des multiples initiatives lancées ici et là pour engager le pays sur la voie de la réconciliation. Le centre d’études International Crisis Group (ICG), a livré ce mardi une intéressante analyse de la question et surtout une issue « médiane », précise-t-il.

Il relève d’entrée de jeu que « les  tensions politiques entre défenseurs et adversaires du processus de justice transitionnelle en Tunisie, en particulier de son application dans le domaine économique, retardent la mise en place de politiques publiques à même de dynamiser l’économie et de combattre la corruption », pour soutenir que « des compromis sont nécessaires pour réconcilier ces deux camps et approfondir les efforts menés par l’Etat en matière de lutte contre la corruption et de désenclavement des régions les plus négligées sous l’ancien régime ».

Des concessions sont indispensables de part et d’autre. D’une part, il est nécessaire de dissiper le malentendu qui assimile justice transitionnelle, et le rôle légitime qu’elle peut jouer en matière de justice et de réconciliation, aux mesures ad-hoc prises durant la période dite de « justice révolutionnaire », perçue par certains comme une « chasse aux sorcières » à l’encontre d’hommes d’affaires et de hauts fonctionnaires. D’autre part, au vu de la dégradation de la situation économique, le pays ne peut attendre que l’IVD formule ses recommandations finales en 2018-2019. Une loi générale régularisant sous certaines conditions la situation des Tunisiens auteurs de détournements de fonds et d’évasion fiscale devrait être promulguée rapidement. Au lieu de se soumettre à des mécanismes de conciliation ouvrant la voie au clientélisme et à l’extorsion de fonds, ceux-ci confieraient le recensement de leur patrimoine à des cabinets d’experts-comptables, responsables sur le plan pénal en cas de fausses déclarations.

Surtout, International Crisis Group affirme que les  opérateurs économiques , doivent pouvoir se libérer des mesures de « justice révolutionnaire » dont ils se disent victimes depuis plusieurs années, et les agents de l’Etat accusés de malversations sous l’ancien régime doivent pouvoir régulariser leur situation. En échange, la coalition gouvernementale et la présidence de la République doivent faciliter la collaboration des institutions publiques avec l’IVD et encourager la médiatisation de ses activités, notamment de ses auditions publiques.

Plusieurs hommes d’affaires disent n’avoir confiance en aucune commission de conciliation ou d’arbitrage, que celle-ci soit placée sous la tutelle du gouvernement ou de l’IVD. Selon eux, leurs responsables respectifs extorqueront des fonds pour le compte de leur propre camp politique et enterreront les dossiers compromettants contre un pot-de-vin, lequel servira à enrichir un parti ou à financer une campagne électorale. Les affaires de corruption et de malversation, soutiennent-ils,  ne peuvent se régler de gré à gré, en particulier dans le contexte actuel de course effrénée pour l’argent. Les conciliations rendent les hommes d’affaires davantage captifs. Il faut une amnistie générale accompagnée de strictes procédures de contrôle du patrimoine des opérateurs économiques et financiers.

Quelle que soit l’ampleur réelle du système de clientélisme et de chantage décrit par un certain nombre de citoyens, la volonté de beaucoup de le maintenir explique la réticence des partis politiques à proclamer une loi d’amnistie générale. Ceci contribue à bloquer le système économique et administratif. Pour plusieurs hommes d’affaires, il faut donc s’attaquer par des mesures concrètes à ce mécanisme qui risque de cartelliser l’économie et de gangréner l’Etat. Si ceci semble nécessaire, la lutte contre la corruption doit dans le même temps devenir une priorité politique.

Car le risque réside moins dans le retour de l’ex-famille régnante que dans la généralisation de ce système de chantage et de racket.

Parallèlement, recommande ICG, des mesures de lutte contre le clientélisme, le népotisme et la corruption doivent être pensées et rapidement mises en œuvre. Le dialogue entre les régions, notamment entre les entrepreneurs des zones frontalières, du Sahel (partie nord de la côte orientale) et de la capitale, doit être favorisé, et de nouveaux mécanismes de transparence élaborés sur les appels d’offres publics.

Il ne s’agit pas de modifier le mécanisme de justice transitionnelle ancré dans la Constitution de janvier 2014, mais plutôt de trouver une voie médiane permettant d’accroître la confiance des élites politiques envers celui-ci afin que l’IVD puisse poursuivre ses activités dans un environnement plus favorable.  « Le processus de justice transitionnelle en Tunisie n’a pas encore revêtu sa forme définitive. Mais d’ores et déjà, le gouvernement devrait le soutenir au lieu de l’entraver », conclut ICG.

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L’attaque Ben Guerdane a été repoussée par les forces armées et de la sécurité, mais marque un nouveau départ. Elle n’a pas de précédent depuis le  «coup de Gafsa” du 27 Janvier 1980, quand des hommes armés par la Libye et soutenus par le renseignement militaire algérien ont pris le contrôle de la ville de Gafsa et a appelé à une révolte populaire. La Tunisie devrait s’attendre à de nouvelles attaques et  se préparer à en atténuer leur impact en gardant à l’esprit  sept points clés détaillés par l’International Crisis Group dans une toute récente note. Les voici :

Ce n’était pas  une simple attaque « terroriste ».

Ce fut une attaque simultanée contre une caserne de l’Armée, le district de la Garde nationale et l’arrondissement de  police de la ville, doublée de trois assassinats d’un douanier, d’un policier et d’un officier de l’unité antiterroriste de la Garde nationale. Ce fut une tentative d’insurrection locale, coordonnée par quelque 50 membres de cellules dormantes de Daech à  Ben Guerdane. Le terme «terroriste» masquerait les objectifs politiques de l’assaut: gagner le soutien d’une partie de la population notoirement rebelle de la ville en incitant à  une insurrection, ce qui permettrait de  prendre  le contrôle militaire de la ville. Daech a diffusé un message djihadiste révolutionnaire à travers les  haut-parleurs de la mosquée à l’aube et a tenté de distribuer des armes. Sous cet angle, l’attaque de Ben Guerdane ressemble à celle de Gafsa en 1980.

Il y avait trop peu de forces de Daech, et elles ont commis des erreurs.

Lors de l’attaque de Ben Guerdane les forces « jetées dans la bataille » par Daech étaient insuffisamment nombreuses  et ont commis des erreurs tactiques en dépit de leur connaissance du terrain. Mais les forces armées tunisiennes  n’auront  pas toujours l’avantage numérique. Les forces armées, celles de la  Garde nationale et la police doivent  redoubler de vigilance et tirer rapidement les leçons opérationnelles et stratégiques. A quelques kilomètres de Ben Guerdane, Zarsis, une plaque tournante de la migration clandestine vers l’Europe, ou Djerba, une destination touristique majeure où vit la communauté juive de Tunisie, pourraient être ciblés. Dans l’Ouest du pays, les djihadistes opérant dans les montagnes le long de la frontière avec l’Algérie pourraient tirer profit de la moindre  nouvelle crise pour attaquer Kasserine située à proximité et aller jusqu’à  Sidi Bouzid.

Une réponse régionale est impérieuse.

La tentative d’insurrection à Ben Guerdane n’est pas une  affaire tuniso-libyenne uniquement, mais un problème régional qui exige une réponse régionale,  en particulier,  un renforcement significatif de la coopération politique et de sécurité algéro-tunisienne. La topographie  mentale adoptée par Daech  ne respecte pas les frontières établies en Afrique du Nord au cours du XXème  siècle. Les spécialistes de l’organisation Daech soulignent  que cette dernière  rêve de rétablir les frontières historiques de la dynastie Aghlabide (800-901), qui a gouverné un émirat semi-indépendant grosso modo  sur l’ancienne province romaine d’Afrique proconsulaire, y compris la Tripolitaine (ouest de la Libye), la Tunisie actuelle et la moitié de l’Est algérien. Dans cette vision, Ben Guerdane est un point de liaison stratégique d’une zone «libérée» qui lierait le Sud-est de  la Tunisie à la Libye occidentale. L’activité  commerciale de la ville a longtemps été dominée par une économie parallèle basée sur un marché informel de change de devises étrangères et  la contrebande; elle  pourrait devenir un point de convergence entre les jihadistes et les réseaux criminels régionaux.

L’heure n’est pas aux règlements des comptes.

La classe politique tunisienne et les médias doivent absolument éviter toute tentative de tirer profit de l’attaque pour régler des comptes ou ressusciter  la fracture entre islamistes et laïques. Un examen serein des faits est nécessaire, pas les polémiques.

L’impératif d’un nouveau discours national.

Un nouveau discours national est nécessaire pour s’attaquer aux  fractures régionales et sociales, en particulier au sentiment d’exclusion ancestrale dans le Sud du pays. Les attaques  de la dernière année contre le  Musée du Bardo à Tunis en mars,  la station touristique à Sousse en juin, et contre la garde présidentielle en novembre,  ont affaibli le vieux discours de ” l’unité nationale” prôné par la classe politique. La Tunisie devra faire davantage pour préserver la culture du compromis et l’inclusion de la société civile en 2013-14 qui ont valu au Quartet du Dialogue national le prix  Nobel de la paix.

Les forces de sécurité doivent réagir de façon mesurée.

Cette condition sera nécessaire lors de l’interrogatoire de ceux des résidents  de Ben Guerdane qui peuvent avoir apporté un soutien logistique ou autre aux assaillants de Daech. L’ampleur de l’attaque suggère  qu’ils pourraient être des centaines. Une vague d’arrestations massives et sans discrimination  accompagnées de brutalités policières pourrait entraîner la radicalisation des  familles, nourrie par les frustrations locales, et renforcer le soutien à Daech à l’avenir.

La coopération locale sera nécessaire pour accroître  la sécurité.

La frontière entre la Tunisie et la Libye ne peut pas être sécurisée  en l’absence de  la collaboration étroite de la population locale, en particulier les cartels de la contrebande opérant dans la région. Essayer de lutter contre ces derniers en même temps que les djihadistes ne ferait que disperser les énergies et alimenter le  ressentiment de la population locale envers l’Etat, dès lors que la majeure partie de l’économie locale dépend de cette contrebande. Afin d’assurer leur coopération, Crisis Group a fait valoir que le gouvernement devrait envisager la création de zones de libre-échange à la frontière qui légitimerait au moins une partie du commerce transfrontalier, conclut International Crisis group.

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