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Dans un rapport sur les « Défis Économiques et sociaux

Dans un rapport sur les « Défis Économiques et sociaux, Post – Révolution en Tunisie, la Banque africaine de développement rappelle en préambule que la Tunisie était considérée avoir réussi le développement social, qui a accompagné le développement économique. La croissance économique soutenue et la politique proactive de développement social l’ayant accompagnée ont permis d’améliorer les indicateurs sociaux. La Tunisie devrait donc atteindre la plupart des objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

Avec un indice de développement humain (IDH) de 0,698 en 2011, la Tunisie est classée 94ème sur 187 pays dans la catégorie des pays à « développement humain élevé », se positionnant ainsi au-dessus des moyennes du continent et des pays arabes. Cependant, en ce qui concerne l’indice de développement humain ajusté aux inégalités, la Tunisie perd sept rangs, avec une note de 0,523. Ainsi, l’amélioration des indicateurs sociaux globaux cachait une montée de l’inégalité dans la distribution des revenus.

Il a été dit que le taux de pauvreté officiel (tel que fourni par l’INS), qui a été ramené de 6,7 % en 1990 à 3,8 % en 2005, ne reflète pas suffisamment l’incidence de la pauvreté dans le pays. Selon l’INS, le taux de pauvreté officiel est calculé à partir du seuil de référence de l’extrême pauvreté qui est de 365 dinars tunisiens par an.

Cependant, en utilisant un « seuil plus élevé » (prenant en compte les dépenses de base additionnelles des ménages), ce taux est de 11,5 %, et atteint 29,4 % dans la région du Centre-Ouest. Par exemple, le Maroc et l’Egypte utilisent ce dernier seuil, ce qui établit leur taux de pauvreté à 13 % et 18 % respectivement.

Selon les estimations du Projet de la Banque mondiale sur la pauvreté mondiale, l’incidence de la pauvreté en 2005 était de 7 %. En mai 2011, le ministère des Affaires sociales a publié son propre taux de pauvreté national, estimé à 24,7 %, calculé sur la base d’informations recueillies auprès de familles nécessiteuses et de bénéficiaires du programme social. Si cette publication a provoqué un débat public sur la transparence des données, reste que son fondement méthodologique n’était pas solide et qu’il pose en même temps des doutes quant aux critères adoptés pour l’identification des familles « nécessiteuses ».

Quel que soit le niveau de pauvreté, la Tunisie a réussi à réduire la pauvreté, mais l’inégalité demeure un défi. La croissance économique a considérablement réduit la pauvreté, mais parallèlement, l’on note un accroissement du coefficient de Gini notamment durant les années 2000, passant de 39,3 en 2000 à 42,1 en 2005. En 2000, sur la base des dépenses de consommation des ménages par personne, il est estimé que près de 10 % de la population vivait avec moins de 2 dollars EU (PPP) par jour, et 18 % avec moins de 3 dollars EU.

Néanmoins, ajoute la BAD, d’importantes inégalités subsistent : la moitié de la population dans la frange inférieure absorbe environ 25 % de la consommation totale, tandis que les 20 % de la population dans la frange inférieure absorbe seulement 8 % de la consommation totale. L’inégalité s’observe également entre les régions : la métropole de Tunis a le taux de pauvreté le plus faible, tandis que les régions les plus touchées par la pauvreté sont situées à l’intérieur du pays : le Centre-Ouest, le Sud-Ouest et le Sud-Est. La tendance est similaire lorsque l’on se réfère aux données sur la pauvreté de l’INS. Par ailleurs, le taux de pauvreté (nombre de personnes vivant avec 3 dollars EU) a été réduit de 23 % à 18 % entre 1990 et 2000, et cette tendance générale a été observée dans l’ensemble des régions, à l’exception de celle du Sud-Est. La région ayant le plus bénéficié de la baisse de la pauvreté est le Nord-Ouest, avec un taux qui est passé de 38 % en 1990 à 20 % en 2000. La tendance est similaire en ce qui concerne l’intensité de la pauvreté : les régions dont les moyennes de l’écart de pauvreté sont les plus élevées sont également celles qui comptent le plus de pauvres – le Centre-Ouest, le Sud-Ouest et le Sud-Est.

Dans l’ensemble des régions, la moyenne de l’écart de pauvreté a diminué, passant de 6,6 % à 4,7 % au niveau national sauf, à nouveau, dans la région du Sud-Est, tandis que le Nord-Ouest a enregistré la plus forte baisse, avec un taux passé de 12 % en 1990 à 4 % en 2000. Il y a lieu de noter que la région du Nord-Ouest, qui était la plus pauvre en 1990, est devenue en 2000, la troisième région la plus riche. Toutefois, une autre analyse révèle que dans certains gouvernorats, la pauvreté s’est considérablement accrue, tandis qu’au niveau national, voire régional, elle continuait à régresser. C’est le cas de Kasserine où les taux de pauvreté absolue et relative ont tous deux augmenté, passant de 19,3 % à 30,7 % et de 30,3 % à 49,3 % respectivement entre 1990 et 2000. Durant la même période, le taux de pauvreté relative s’est également accru à Sidi Bouzid, passant de 39,8 % à 45,7 %. La même analyse a montré qu’en Tunisie, la croissance n’est pas pro-pauvres, ce qui a accru l’inégalité et l’exclusion sociale. Le ressentiment grandissant né de cette exclusion sociale explique en grande partie pourquoi les troubles sociaux qui ont précédé la révolution ont été déclenchés dans ces gouvernorats.

Les disparités régionales sont accentuées par la concentration des services publics, des investissements et des activités économiques dans la région côtière, Par conséquent, les régions intérieures sont moins bien desservies en termes de services publics. Jendouba, par exemple, est le gouvernorat le moins desservi en termes de soins de santé primaire, avec 1,4 médecin généraliste (santé publique) pour 10 000 habitants, et moins de 1,7 pour Sidi Bouzid, Médenine et Gafsa, contre une moyenne nationale de 2,7, tandis que dans la métropole de Tunis, le taux est de 4,3 (Graphique 9). Il en est de même s’agissant du nombre de lits d’hôpital, ainsi que du taux d’analphabétisme qui atteint 30 % dans les zones rurales contre 15 % dans les zones urbaines et 23 % au niveau national.

La concentration excessive de l’administration a participé à la négligence des services publics, y compris des services de base, dans les régions de l’intérieur. De même, la concentration des activités économiques dans les régions du NordEst et du Centre-Est a engendré des disparités régionales, la région côtière comptant 75 % des emplois non agricoles. Le gouvernorat de Tunis a absorbé 23 % de l’ensemble des offres d’emplois en 2010 contre seulement 4 % pour le Sud-Est, bien que cette région représente 9 % de la population du pays.

Près de la moitié, tant du nombre des entreprises que de la consommation électrique (haute et moyenne intensité), est concentrée dans la région du Nord-Est, tandis les régions de l’Ouest représentent moins de 3 % des sociétés et moins de 5 % de la consommation électrique.

La baisse significative de la pauvreté dans la région du Nord-Ouest résulte en fait des importants investissements publics et privés dont la région a bénéficié au cours des années 1990.

Les disparités régionales ont engendré une hausse du chômage dans les régions de l’intérieur, qui sont de surcroît les plus pauvres (Graphique 11). Le taux de chômage était supérieur à 20 % à Kasserine (21 %), à Gafsa (28 %) et à Tataouine (24 %), alors que la moyenne nationale était de 13 % en 2010. Cependant, Gafsa (47 %), Sidi Bouzid (41 %), Kébili (43 %) et Jendouba (40 %) ont les taux de chômage de diplômés les plus élevés, contre une moyenne nationale de 23 %.

Généralement, en Tunisie, plus le niveau d’études est élevé, plus le taux de chômage est élevé . Ceci explique pourquoi, ces dernières décennies, la pauvreté a davantage baissé dans les ménages non-éduquées (de 32 % à 25 %) que dans les ménages instruits (environ 15 %).

Ainsi, le chômage touche davantage les jeunes, avec près de 30 % de chômeurs parmi les 15-24 ans, et 24 % chez les 24-29 ans, contre moins de 4 % chez les 40-49 ans. Le développement de la Tunisie, basé sur des productions intensives en main-d’œuvre, a accru la demande de main-d’œuvre non qualifiée.

INTERVIEW

«La politique africaine ne peut se développer uniquement avec les visites, sporadiques et de courte durée ou seulement à travers le seul ministre des...

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