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Delta Center CTICI Sandro Fratini

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Le président du centre d’affaires Delta Center et vice-président de la chambre tuniso-italienne du commerce et de l’industrie (CTICI) a accordé à Africanmanager une interview exclusive dans laquelle il déclaré que la situation politique n’est pas dramatique

“Quatre entreprises italiennes ont mis la clé sous la porte”

Le président du centre d’affaires Delta Center et vice-président de la chambre tuniso-italienne du commerce et de l’industrie (CTICI) a accordé à Africanmanager une interview exclusive dans laquelle il déclaré que la situation politique n’est pas dramatique, alors que celle sécuritaire reste préoccupante. Cependant, il a relevé une régression des exportations tunisiennes vers l’Italie causée, principalement par le ralentissement de certaines activités dues aux revendications sociales.

Concerv nant les événements qu’a connus la Tunisie récemment, Sandro Fratini a déclaré que cela a un effet négatif non seulement sur les relations tuniso-italiennes mais aussi sur tous les relations qu’entretient la Tunisie avec le reste du monde. Cette spirale des assassinats n’a fait qu’aggraver la situation économique du pays déjà fragilisé à cause des sit-ins et des grèves.

Comment se présente la situation actuelle du pays (économique, sécuritaire et politique) ?

Il faut dire que la situation politique n’est pas dramatique. Dans un contexte de transition démocratique, il est tout à fait normal qu’il y ait des moments de tension. La Tunisie est un pays plein de compétences qui guideront le pays à bon port. Certes, la situation sécuritaire est plus préoccupante aujourd’hui, mais je suis confiant et sûr que les autorités tunisiennes vont maîtriser la situation. N’oublions pas que cela doit passer aussi par l’instauration d’un climat stable, propice à l’essor économique. Pour ce qui est de la situation économique, elle est moins rose. Les chiffres sont très préoccupants et la baisse de valeur du dinar est catastrophique.

Les échanges entre les deux pays sont- ils satisfaisants ?

Oui, ils sont satisfaisants, et ce malgré la baisse des exportations tunisiennes suite au ralentissement de certaines activités dues aux revendications sociales.

Avec un volume d’affaire d’environ 5 milliards d’euros, la présence italienne en Tunisie est importante avec plus que 700 entreprises offrant environ 60.000 postes de travail. Notons aussi que l’Italie a été le premier pays créateur d’emploi en Tunisie l’année dernière et qu’environ 6.000 italiens vivent en Tunisie.

Y-a-t-il des projets de financement italien en cours ?

Oui, il existe plusieurs projets de financements en cours surtout avec la région de Sicile tel qu’un projet scientifique en partenariat avec l’Université d’El Manar, de l’institut Pasteur, de l’Hôpital Charles Nicoles et du ministère de la Santé. Il ya également le projet de biotechnologie marine en partenariat avec le Pôle Biotechnologique de Sidi Thabet, du Groupement Interprofessionnel de la Pêche et de l’Institution de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur Agricole

Il y a un autre projet qui concerne la valorisation des déchets en partenariat avec le ministère de l’Industrie et des Technologies, l’agence nationale pour la maîtrise de l’énergie, le ministère de l’Environnement et du développement durable, l’Agence nationale de gestion des déchets, le centre international des technologies de l’environnement de Tunis, le ministère de l’Agriculture et l’Office des Terres Domaniales

Quels sont les effets des événements que la Tunisie a connus récemment sur les relations tuniso-italiennes ?

Je tiens tout d’abord à présenter mes condoléances les plus attristées aux membres des familles des nouvelles victimes de Jebel Chaâmbi, les soldats martyrs et à tous les Tunisiens.

Les évènements que connaît la Tunisie ont un effet négatif non seulement sur les relations tuniso-italiennes mais aussi sur toutes les relations qu’entretient la Tunisie avec le reste du monde. Cette spirale des assassinats n’a fait qu’aggraver encore plus la situation économique du pays déjà fragilisé à cause des sit-in et les grèves. Les annulations des réservations hôtelières sont une conséquence immédiate de ces événements.

Y-a-t-il des revendications de la part des entreprises italiennes installées en Tunisie ?

Les entreprises italiennes ont, depuis le début de la révolution, exprimé leur soutien au peuple tunisien et à la transition démocratique à laquelle elles aspirent. La seule revendication est un peu de flexibilité de la part des syndicats afin que les activités reprennent la production s’rfintensifie. On doit comprendre que grâce à ces entreprises déjà installées que d’autres arriveront.

Quel bilan faites-vous des entreprises italiennes installées en Tunisie ?

Le bilan n’est pas mal, mais on doit toujours espérer faire mieux. Le principal secteur reste le textile avec plus de 200 entreprises installées, suivi d’une centaine dans le domaine du cuir et de la chaussure. Notons la présence d’une cinquantaine de sociétés spécialisées dans le secteur mécanique et métallique, et une autre cinquantaine dans le secteur électrique et électronique. Plus de 40 entreprises opèrent dans le secteur agroalimentaire. Une vingtaine de sociétés sont spécialisées dans le secteur de la chimie et une autre vingtaine dans le secteur des matériaux de construction. Une dizaine de sociétés opèrent dans le secteur du bois et plusieurs dans le secteur des services.

Je voudrais aussi noter l’intérêt des sociétés italiennes du secteur énergétique et principalement du photovoltaïque qui seront certainement les prochains investisseurs italiens qui arriveront en Tunisie.

Y-a-t-il des entreprises qui ont quitté la Tunisie suite à la Révolution ?

Le chiffre officiel des entreprises italiennes qui ont quitté la Tunisie est de quatre, mais, personnellement, je pense que ces entreprises avaient déjà quelques difficultés auparavant.

L’arrivée d’un nouvel Ambassadeur italien en Tunisie et le rapport de collaboration entre la CTICI et l’Ambassade ?

Nous avons eu l’honneur d’être récemment reçu par Son Excellence Raimondo De Cardona qui s’est dit engagé, au cours de son mandat, à raffermir la coopération bilatérale et à intensifier les échanges économiques, à travers une action commune visant l’encouragement des investissements italiens en Tunisie dans les secteurs à forte valeur ajoutée et mutuellement bénéfiques. L’ambassadeur a montré toute la disponibilité pour une bonne collaboration entre la chambre de commerce tuniso-italienne et l’Ambassade.

Quel rôle pour Delta Center dans le développement des relations tuniso-italiennes ?

Le Delta Center a toujours travaillé pour la mise en œuvre des partenariats entre les entreprises tunisiennes et leurs homologues d’Italie. Je tiens à rappeler que nous avons programmé une série de missions d’hommes d’affaires italiens en Tunisie avec une fréquence d’une mission par mois jusqu’à la fin de l’année 2014. Cela permettra la création de plusieurs joint-ventures tuniso-italiennes.

Je soutiens la transition en cours et je suis solidaire de l’ensemble des Tunisiens. J’encourage les autorités tunisiennes à mener cette transition à son terme, dans un esprit de dialogue et dans le respect de la feuille de route.

Khadija Taboubi

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