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Dépréciation, dinar, Tunisie

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Le cercle des économistes de Tunisie vient de publier une étude sur la dépréciation du dinar tunisien. Dans cette analyse réalisée par l’économiste

Le cercle des économistes de Tunisie vient de publier une étude sur la dépréciation du dinar tunisien. Dans cette analyse réalisée par l’économiste, Samy Mouley a imputé cette régression, principalement, à la Banque centrale de Tunisie (BCT), soulignant que cette dépréciation n’est pas seulement réduite au seul contexte international conjugué à un climat de défiance national, mais surtout à une nouvelle ligne de conduite adoptée par la BCT depuis 2012 qui a reformulé le cadre opérationnel de la politique de détermination du taux de change du dinar tunisien, selon ses dires.

Auparavant, la BCT intervenait quotidiennement, en fait à titre indicatif, pour corriger la valeur du taux de change effectif nominal dans une fourchette de 1% entre les cours acheteurs et vendeurs du dinar vis-à-vis des principales devises étrangères. Et l’analyste de préciser qu’actuellement, la gestion flexible introduite consiste à calibrer le taux de change de référence sur la base du taux de change moyen sur le marché interbancaire et non en fonction d’un panier fixe de monnaies.

Samy Mouley a affirmé, en d’autres termes, que la BCT n’intervient désormais sur le marché de change à travers des transactions bilatérales que lorsque les cotations de marché subissent des déviations substantielles par rapport à son fixing quotidien ce qui a amené concrètement à réduire la marge bid/ask de 1% à 0,2% seulement.

Cette nouvelle orientation, si opportune qu’elle soit, a soulevé autant de contraintes qui l’ont rendue totalement contreproductive puisqu’elle est conditionnée, selon lui, par la disponibilité de ressources en devises suffisantes qui permettraient à la BCT d’intervenir régulièrement sur le marché des changes en guise de défense de la parité du dinar en cas d’écarts des cotations interbancaires de celle du fixing. Luxe que ne possèdent pas toujours les autorités monétaires.

Cette nouvelle orientation est rendue d’autant plus biaisée que ces écarts sont devenus la conséquence d’une double distorsion. Celle d’abord du fait que le taux de change n’est plus calé sur les fondamentaux, si bien qu’il subit automatiquement des ajustements inéluctables du différentiel d’inflation par rapport aux principaux partenaires commerciaux face à des tensions inflationnistes internes.

Samy Mouley a noté, également, que, depuis l’annulation en 2012 de l’obligation imposée aux banques de transférer à la BCT leurs soldes journaliers de devises (nivellement), pratique qui était de mise depuis la création du marché de change interbancaire, la régulation des anticipations des opérateurs sur le marché des changes et la prévisibilité adéquate des avoirs en devises par la BCT ont été quelque peu affaiblies, ce qui a entraîné une plus forte volatilité des cotations sur l’interbancaire par rapport au fixing.

Il a expliqué qu’alors que la circulaire aux intermédiaires agréés du 10 juin 1992 impose le dépôt auprès de la BCT des excédents de liquidités n’ayant pas trouvé d’emplois, notamment pour les devises de résidents, la circulaire N°2012-07 du 15 juin 2012 a autorisé les intermédiaires à utiliser, sans autorisation préalable, les ressources constituées par les devises non cessibles appartenant à la fois à leur clientèle résidente et non-résidente dans certains emplois tels que le placement sur le marché monétaire en devises : « Un tel dispositif n’aurait pas dû être décrété de manière brutale dans la période de transition. S’engager dans un tel processus de recours au fixing aurait dû être accompagné d’autres mesures appropriées de contrôle de change ou de revue du choix optimal du régime de change », a-t-il estimé.

S’agissant des solutions, Samy Mouley a reconnu que les améliorations souhaitées du dispositif actuel de la politique de détermination du taux de change et du système de cotation au fixing, en termes de flexibilité et d’approfondissement du marché des changes, imposent, au vu des contre performances transitoires, la mise en place de certaines mesures de sauvegarde : « Ces améliorations doivent être, bien entendu, interprétées dans un contexte provisoire lié aux difficultés de la transition, car la BCT ne pourra pas, en effet, au moins durant l’année 2014 à venir, mener une politique de défense de la parité du fait des contraintes en termes d’entrées de devises », a-t-il dit.

Il a ajouté que la faiblesse de ces interventions sur le marché des changes entraînerait forcément l’accentuation des anticipations de dépréciation, proposant de mettre en place, dans l’immédiat, des mesures de sauvegarde touchant à la fois le contrôle de change et le régime de change.

Notons, dans ce cadre, qu’à partir du mois de mai 2013, l’euro, devise-phare pour l’économie tunisienne, a atteint 2,16 dinars contre 1,96 dinar en mai 2011, soit une dépréciation de près 10% en deux ans.

Kh.T

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