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dette cachée

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Encore une histoire de dette cachée. Après le Mozambique l’an dernier, c’est au tour de la Zambie de défrayer la chronique. Cette fois ce sont les analystes qui ont déballé. En effet ils sont tombés à bras raccourcis surs les données dévoilées dernièrement par le gouvernement zambien en affirmant que la dette extérieure effective du pays pourrait être le double du chiffre avancé officiellement, d’après l’Agence Ecofin. Certes pour le moment «il n’y a pas de preuves concrètes d’une dette cachée», d’après Gregory Smith, en charge de la stratégie en matière de dettes souveraines chez Renaissance Capital, cependant «il est possible que le pays se retrouve dans une situation fâcheuse liée à des prêts non révélés qu’il aurait contractés», indique Peter Attard Montalto, qui chapeaute la division Europe, Moyen-Orient et Afrique à Nomura International.

A noter que la Zambie, du haut de son statut de 2ème plus gros producteur de cuivre d’Afrique, a abusé ces 5 dernières années de l’endettement sur les marchés pour soutenir ses projets d’infrastructure. Sa dette extérieure a littéralement explosé, passant de 2 milliards $ en 2011 à 8,7 milliards $ en décembre dernier.
Certes les investissements peuvent être rentables à l’avenir, mais le service de la dette risque de plomber durablement les finances publiques. Aux abois, le gouvernement est contraint de revoir ses plans de remboursement auprès de la Chine, idem pour l’emprunt de 3 milliards $ à travers des eurobonds, entre 2012 et 2015.

L’affaire de la dette planquée sous le tapis tombe au plus mal, en effet les autorités négocient en ce moment même un financement de 1,3 milliard $ du Fonds monétaire international (FMI) pour requinquer les réserves de devises extérieures de la Banque centrale, au plus bas depuis 7 ans. Mais il y a un os, et un gros : le FMI refuserait de faire voir la couleur des précieux billets avant un audit indépendant de la dette extérieure de la Zambie…

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C’est une mauvaise nouvelle dont se serait bien passé le président nigérian, Muhammadu Buhari, à la tête d’un pays dont les finances publiques ont été malmenées par la chute des cours du pétrole, principale source de revenus. Les autorités nigérianes ont fait savoir, le week-end dernier, qu’elles ont découvert une dette colossale, 6.9 milliards de dollars, soigneusement maquillée dans les comptes publics par l’équipe de Jonathan Goodluck, entre 2010 et 2015, dit l’actuel gouvernement.
Selon ce dernier, cette ardoise est due à des prestations de services facturées – très cher ! – à l’État et à des contrats avec le secteur privé.

Le gouvernement mozambicain a eu une surprise de ce type en avril dernier ; certes les proportions n’étaient pas les mêmes, l’équivalent de 1,4 milliard de dollars de dette extérieure “cachée” (révisée par la suite à la hausse, 2 milliards), mais il y a eu de sérieux dégâts. En effet le pays avait subitement perdu toute crédibilité aux yeux des bailleurs de fonds, qui avaient illico coupé le robinet, privant le Mozambique d’une partie de l’aide dont il avait cruellement besoin.
Mais d’après les experts du secteur financier, les contrecoups de la dissimulation de la dette nigériane ne seront pas aussi rudes. « En brut, ces 2 200 milliards de nairas correspondent à environ 2 % du PIB du pays. En net, en tenant compte des haircuts [coupes] que les créanciers devront accepter, cela devrait ramener les montants à environ 1 % de PIB de dette supplémentaire. Celle-ci est estimée actuellement à 16,6 % du PIB », a confié à Jeune Afrique Aurélien Mali, conseiller analytique senior pour l’Afrique chez Moody’s. A rappeler que l’agence a maintenu, vendredi dernier, la note souveraine du Nigerai à « B1 », avec perspectives stables.

Autre bon point des autorités nigérianes : « le gouvernement nigérian fait preuve de transparence », indique l’analyste. Ecobank voit également d’un très bon oeil l’attitude du gouvernement nigérian : « la découverte et la divulgation faites par l’administration actuelle indiquent une évolution vers l’adoption d’un système de comptabilité publique plus transparent ».

Pour solder cette dette, « il est très probable que des obligations seront émises en direction de ces créanciers qui pourront les échanger contre du liquide auprès du système bancaire », déclare Aurélien Mali. Pour lui, « c’est un plus pour l’économie, qui recevra une injection de capitaux. C’est également positif pour les créanciers du gouvernement, qui obtiennent la garantie de récupérer une grande partie de ce qui leur est dû. »

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Rien ne va plus entre le Mozambique et le Fonds monétaire international (FMI), qui a suspendu mardi dernier son soutien à Maputo après avoir découvert que ce dernier avait triché en cachant soigneusement une dette de plus d’un milliard de dollars. Le gouvernement mozambicain, pris en flagrant délit de mensonge, a été contraint de reconnaitre le week-end dernier la supercherie. « Les autorités (mozambicaines) ont reconnu qu’un dépassement d’un montant d’un milliard de dollars de dette externe garantie par le gouvernement n’avait pas été dévoilé au Fonds », a déclaré dans un communiqué Michel Lazare, chef de la mission du FMI au Mozambique.

Voilà qui ne va pas arranger les affaires du pays, déjà englué dans la pauvreté et le sous-développement – il est classé parmi les dix nations les plus pauvres au monde, d’après le FMI – et dont un quart du budget est alimenté par des bailleurs de fonds.

Le FMI n’a pas attendu les aveux très tardifs des autorités mozambicaines pour annuler la mission de ses experts chargés justement de diagnostiquer les comptes publics, un préalable pour le décaissement d’une nouvelle tranche de prêt.

Faute avouée, à moitié pardonnée

Toutefois les carottes ne sont pas cuites pour Maputo, en effet M. Lazare a affirmé que cet aveu était un « premier pas important vers la restauration de la confiance » entre les deux parties. Il a ajouté : « Le Fonds et le Mozambique vont continuer de travailler ensemble de façon constructive pour évaluer les implications macroéconomiques de la révélation de cette information et identifier les étapes pour consolider la stabilité financière (…) et améliorer la gouvernance et la supervision des entreprises publiques ».

Les autorités mozambicaines ont vidé leur sac après un entretien cette semaine entre le Premier ministre, Carlos Agostinho de Rosario et la directrice du FMI, Christine Lagarde. On n’exclue pas donc que la patronne du FMI ait convaincu de Rosario d’avouer publiquement la manoeuvre pour continuer à bénéficier de l’aide de l’institution financière. Une façon aussi sans doute de terroriser ceux qui auraient pu être tentés de duper le FMI en dissimulant une partie de leur ardoise pour ne pas plomber leurs chances d’avoir de nouveaux crédits.

Le FMI n’en est pas à son premier coup de pouce pour le Mozambique, en décembre 2015, il avait mis à sa disposition un prêt de 282,9 millions de dollars, versée par tranches. Des mesures de réduction des dépenses publiques avaient été exigées en retour.
Une première ligne de crédit de 117,9 millions avait été octroyée très rapidement pour permettre au pays de supporter les contrecoups de la chute des cours des matières premières qui avait impacté les recettes publiques. C’est ce dispositif qui vient d’être stoppé net par le FMI après les petites cachoteries du gouvernement mozambicain.

Pour rappel, le FMI avait appliqué le même tarif au Mali en décembre 2014. L’appui financier avait été suspendu pendant 6 mois après la découverte d'”irrégularités » budgétaires, dont l’acquisition d’un nouvel avion présidentiel avec un gros chèque de 40 millions de dollars, alors que le budget de l’Etat était dans le rouge…

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