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Donald, Kaberuka, Banque Africaine de Développement

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Dans un article signé par le président de la BAD (Banque Africaine de Développement) et publié par le «Daily » des assemblées générales de la banque à Lisbonne, Donald Kaberuka affirme que ce qui s’est passé en Afrique du Nord l’a surpris. «Comme un volcan, dormant depuis longtemps et qui entre soudainement en éruption, les révolutions, qui ont balayé l’Afrique du Nord dans un contexte de solides performances économiques, ont pris tout le monde par surprise», a ainsi dit le Dr Kaberuka.

La banque a cependant, par le biais de ce même président, plutôt bien réagi et a vite annoncé, depuis l’Afrique du Sud, un appui immédiat au premier des pays qui ont fait leur Révolution et qui l’a par la suite concrétisé par un accord d’emprunt de 500 MDT à mettre immédiatement à la disposition de la Tunisie.  On ne sait pas encore ce que fera et combien donnera la banque à l’Egypte ou ultérieurement  avec la Libye qui en aura certainement besoin pour se remettre économiquement à flot après Kadhafi. La réaction de la BAD est somme toute celle d’un bon banquier, non de développement comme la BAD, mais simplement commercial. Cela d’autant plus qu’elle avait ses quartiers, bien que temporairement, dans ce pays.

Où est l’Afrique du Nord à Lisbonne ?

Il était cependant nécessaire pour une banque d’affaires dont les objectifs consistent à aider les Etats à bien répondre aux demandes de leurs peuples, en croissance, en infrastructure, en emplois, en développement durable et en auto-suffisance alimentaire notamment, de tirer  surtout les conclusions qui s’imposent de ces Révoltes. Cela d’autant plus, comme l’a relevé à juste titre Donald Kaberuka, que ces Révoltes étaient quelque peu paradoxales, intervenant «dans un contexte de solides performances économiques». Des performances dont la BAD, comme par ailleurs d’autres institutions financières internationales, faisaient l’éloge.

Plus loin, toujours dans l’article signé par le président de la BAD, ce dernier disait aussi que «ce que la situation en Afrique du Nord nous a appris, c’est que nous devons humblement accepter que  nous n’avions pas su toujours, par le passé, donner les bonnes réponses».

A ce mea culpa au nom de sa banque et d’une institution financière aussi importante pour les économies africaines, Donald Kaberuka aurait cependant pu et dû ajouter et concrétiser le sens de l’interaction que se devait d’avoir la BAD avec sa conjoncture que sont précisément les économies africaines, à la fois actionnaires et récipiendaires des aides et conseils de la banque. Cela aurait pu être fait lors de ces assemblées générales qui se déroulent, depuis mardi dernier,  plus est dans un pays dont le développement économique avait longtemps était donné comme exemple pour les économies sud-méditerranéennes et qui arrive maintenant au bout du rouleau. Pourtant…

Pourtant, on ne retrouve dans l’agenda des travaux de ces AG qu’une seule et unique séance de 2 heures consacrée à «la BAD en Afrique du Nord». Deux petites heures dans un maquis  de plusieurs pages de programmes, ateliers, séminaires, tables rondes, petits déjeuners et dîners de discussion et autres réunions qui groupent exceptionnellement chaque année tout le gotha économique du Continent et tout ce que l’Afrique compte en têtes bien faites, en  décideurs économiques et forces politiques en place et au pouvoir en Afrique dans une superbe agora d’échanges d’idées et d’opportunités. Ce qui s’est pourtant passé en Afrique du Nord est d’envergure et son incidence sur le reste du continent peut être très grande. Rien dans le programme n’indiquait un réel intérêt  de la banque pour les grands bouleversements sociaux dans les pays de l’Afrique du Nord et qui risquent de mettre sens dessus dessous  toutes leurs économies. Aucune étude, aucune analyse de ce qui s’est passé dans 3 pays de l’Afrique du Nord. Cela aurait pourtant dû inciter la BAD à revoir ce qui n’a pas marché dans ses anciennes analyses qui positivaient, louaient les capacités de résilience d’une économe comme  celle de la Tunisie présentée comme un exemple pour plus d’un pays africain et prédisaient un surcroît  de croissance économique. Et partant, tirer les leçons et les conclusions qui s’imposent dans le traitement des problèmes économiques dans les pays du reste du continent.

La banque ne s’était pas donné les moyens de voir venir !

La BAD semble ainsi avoir oublié que l’Afrique est un même et unique continent, du Sud au Nord, de l’Afrique du Sud à la Tunisie, de la Côte d’Ivoire à l’Egypte. Et même si certains autres actionnaires et conseillers non africains auraient tendance à  l’oublier, Donald Kaberuka, Africain de tête et de cœur, aurait dû rectifier le tir et mettre en exécution ce qu’il écrivait au «Daily», lorsqu’il disait que «nous devons reconnaître la complexité des problèmes économiques qui sont devant nous et rester plus à l’écoute lors de la conception des réponses appropriées qui sont nécessaires». Mais D. Kaberuka, dont le second et dernier mandat à la tête de la BAD finira en 2015, pouvait-il réellement le faire ?
Nous prenons certainement acte de cette première dans les agendas d’un président de la BAD qu’était la visite effectuée dans la région du Kef dans le Nord-ouest tunisien. Mais nous voudrions pour preuve de cette distance entre la banque et son environnement, le fait que ce banquier d’exception et homme politique d’envergure qu’il deviendra peut-être après dans son pays dès 2015, n’avait pas estimé nécessaire de s’entourer, parmi son équipe de direction du premier cercle, de locaux ou de hauts cadres qui connaissent le pays et la région, qui le maintiendraient en contact avec les réalités du pays où il siège, depuis 8 ans et peut-être plus, et qui est géographiquement au beau milieu de la région de l’Afrique du Nord. La Secrétaire générale de la BAD, personne normalement équivalente d’un ministre des Affaires étrangères dans un gouvernement, ne connaît vraisemblablement que peu de choses à l’Afrique du Nord et ne parle pas le français, minimum essentiel pour être en interaction  avec les pays de l’Afrique du Nord. On comprendra le pourquoi, lorsque le premier responsable de la banque passait plus de temps à l’étranger qu’à Tunis (même s’il avait, selon nos informations, pour cela ses raisons fort compréhensibles), le Président Kaberuka n’a presque rien vu venir.

K. Boumiza.

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