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Ecobank s’est associé à Visa pour lancer Ecobank Scanner+Payer avec mVisa pour le bénéfice de leurs clients.

Cette alliance stratégique signe une collaboration opérationnelle transfrontalière et des gains potentiellement énormes – car elle permettra aux consommateurs d’utiliser leur téléphone mobile pour accéder directement aux fonds dans leurs comptes bancaires pour des paiements de type personne à commerçant (P2M) ou de particulier à particulier (P2P).

Ecobank Scanner+Payer avec mVisa assure des paiements sans cash, immédiat et sécurisé, pour tous les produits et services. Le consommateur devra simplement scanner un code QR sur son smartphone ou saisir le code d’identification unique du commerçant sur un téléphone portable classique ou un smartphone. Le paiement passe directement du compte bancaire du client au compte du commerçant, tandis que les deux parties reçoivent un avis en temps réel. Ce service accélère le commerce numérique et résout certains des problèmes que les commerçants ont rencontrés en utilisant les terminaux de paiement électronique classiques, notamment le coût de l’installation, et la nécessité d’une alimentation électrique et de la connectivité internet.

Ecobank mVisa solutions permet aux clients Ecobank d’envoyer de l’argent instantanément à tout titulaire d’une carte Visa, partout dans le monde. Cette innovation majeure répond aux besoins des Africains de la diaspora en leur permettant de lier leur carte Visa à l’appli Ecobank Mobile, pour effectuer des transferts d’argent rapides et sécurisés à d’autres détenteurs de carte Visa dans leur pays d’origine.

« Nous tenons notre promesse qui consiste à donner à chaque Africain le droit de participer efficacement à l’économie mondiale à un prix abordable et de manière pratique. Ecobank Scanner+Payer avec mVisa permet aux commerçants – en particulier les petits commerces – d’accroître leurs ventes sans les risques associés à la liquidité et offre également à nos clients la possibilité d’acheter des biens et des services sans cash par le biais de leur téléphone. Les particuliers peuvent en outre effectuer un paiement à destination d’un autre particulier et transférer de l’argent instantanément à leurs proches via leur téléphone à un coût très bas », a expliqué le Directeur général du Groupe Ecobank, M. Ade Ayeyemi.

Le partenariat démontre la volonté d’Ecobank et deVisa de donner accès à des services financiers aux bancarisés comme aux non-bancarisés en Afrique, en exploitant les plates-formes numériques pour proposer des solutions de paiement pratiques et abordables.

Andrew Torre, Président de Visa Afrique subsaharienne a précisé : « Nous sommes heureux de nous être associés avec Ecobank pour lancer mVisa, une solution de paiements mobiles conçue pour accélérer la transformation numérique, avec les avantages du réseau mondial de Visa en termes de sécurité, fiabilité et reconnaissance mondiale. Autant d’atouts devant permettre aux clients d’effectuer des paiements locaux et à l’international ».

Patrick Akinwuntan, Directeur Exécutif du Groupe Ecobank pour la Banque de Détail a souligné que le déploiement des solutions Ecobank mVisa renforce considérablement les capacités de paiement de type particulier à particulier. « L’intégration de cette fonctionnalité à notre appli mobile Ecobank crée des liens entre les familles à l’échelle du continent, en mettant des fonds à disposition instantanément, en tout lieu et à tout moment. C’est une plus-value certaine pour nos clients », a-t-il déclaré.

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Le groupe bancaire panafricain Ecobank Transnational Incorporated est dans la tourmente. Le communiqué qu’il a publié hier jeudi 14 avril fait état d’une fonte drastique de son bénéfice après impôts en 2015, un recul de trois quarts, -73% plus exactement. Un niveau jamais atteint par ce fleuron de la banque qui opère dans 36 pays du continent, emploie plus de 20 mille personnes dans 1 200 agences et bureaux et afffiche 11 millions de clients.

Ecobank subit les contrecoups des charges importantes intégrées au dernier trimestre 2015, un peu comme ce fut le cas en 2013, où de lourdes charges prises en compte au Nigeria avaient plombé les comptes du groupes. Sauf qu’à l’époque on avait pu limiter la casse à 156 millions de dollars de pertes ; alors qu’en 2015, le résultat net a chuté jusqu’à 107,5 millions de dollars. On est très loin de l’embellie de 2014 où Ecobank avait réalisé un produit net bancaire (PNB) de 394,77 millions de dollars. En une année, les recettes globales ont fondu de 8%, passant de 2,28 milliards de dollars en 2014 à 2,1 milliards l’an dernier.

La chute du naira (monnaie nigériane) par rapport au dollar est pour beaucoup dans ces mauvais résultats. A tel point que si on calcule en nairas les revenus d’Ecobank, on note une progression de +11 %, alors que son bénéfice après impôts ne chute « que » de -68%.
Mais ce qui a surtout pénalisé le résultat net d’Ecobank, c’est le déluge de dépréciations d’actifs en 2015, notamment au dernier trimestre 2015. Elles sont établies à 532 millions de dollars, contre 267 millions de dollars en 2014 et 376,7 millions de dollars en 2013. Si les dépréciations n’étaient pas prises en comptes, Ecobank aurait un PNB de 738,5 millions de dollars (-6 % sur un an, au lieu des -73% de l’an dernier)

Le DG se veut rassurant

Ade Ayeyemi, le directeur général du groupe Ecobank, questionné par Jeune Afrique sur sa politique de provisions pour faire face à la tempête, a répondu ceci : « Tout le monde devrait en faire autant dans l’environnement actuel, marqué par la chute des prix des matières premières et la dépréciation des actifs des entreprises. Durant les quatre premiers jours de cette année, le monde a perdu 4 milliards de dollars ! D’ailleurs, vous aurez noté que des banques internationales comme Standard Chartered connaissent elles aussi des difficultés. »

Tout de suite après présenté ses résultats, Ecobank a voulu se montrer rassurant pour autant dans son communiqué en expliquant sa contre-performance par une politique volontariste pour assainir son portefeuille et réviser son mode de fonctionnement. «Nos résultats 2015 sont décevants, reconnaît dans un communiqué Ade Ayeyemi. Nous avons réalisé un examen détaillé de notre portefeuille et de nos process qui ont conduit à d’importantes dépréciations passées au quatrième trimestre », dit le DG du groupe. Il a ajouté : « Cela est inacceptable pour nous et nous avons pris des mesures drastiques pour améliorer la qualité de nos actifs et de nos process». Il n’a rien dit de plus sur ces changements et ces réorientations.

Nigeria, le talon d’Achille du groupe

Par contre le patron d’Ecobank reconnait volontiers que le Nigeria est en ce moment le talon d’Achille d’Ecobank : « En tant que banque, ce qui nous affecte avant tout au Nigeria, c’est l’impact de la faiblesse des prix du pétrole sur la qualité de notre portefeuille de prêts. Avec un baril à environ 30 dollars [26 euros] aujourd’hui [contre 100 dollars il y a deux ans], il faudra plus de temps pour rembourser ces prêts. Ce sont là des éléments que nous avons pris en compte », a souligné M. Ayeyemi. Il a rappelé dans la foulée, comme une preuve de l’activation du plan d’épuration, qu’il a réduit de 40 % l’équipe dirigeante d’Ecobank Nigeria et a mis à sa tête l’Ivoirien Charles Kié.

En 2015, la branche nigériane du groupe panafricain, qui pèse 39 % dans le total des actifs, a enregistré un recul de 74 % de son bénéfice, qui s’est établi à 57 millions de dollars, avec des dépréciations qui sont montées jusqu’à 290 millions de dollars (+64 %). C’est très conséquent.

Bonne tenue dans le reste de l’Afrique

Dans l’espace UEMOA (qui concentre 30,2 des actifs d’Ecobank), on a un peu limité les dégâts avec un bénéfice net de 85 millions de dollars (-26 %). Mais la dégradation du portefeuille de prêts assombrit le tableau  : Les dépréciations ont enflé jusqu’à 77 millions de dollars en 2015, contre 45 millions de dollars en 2014.

Dans la zone Cemac (9,5 % des actifs), le bénéfice a à peu près maintenu son niveau de 2014 (-4 % à 33 millions de dollars), en dépit d’une nette progression des dépréciations (+73 % à 23 millions de dollars). Mais c’est surtout la baisse des charges d’exploitation (-7 % à 119 millions de dollars) qui a permis d’éviter le pire.

En Afrique orientale (4,8 % des actifs), grosse satisfaction pour Ecobank avec une augmentation des recettes (+26 % à 107 millions de dollars) et un bénéfice net qui a presque été multiplié par dix : 0,8 million de dollars en 2014 et 8,1 millions de dollars en 2015.

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