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Economie informelle, Tunisie

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L’économie informelle a fait l’objet d’une conférence - débat

L’économie informelle a fait l’objet d’une conférence – débat, organisée, samedi, 15 décembre 2012, à Tunis, à l’initiative de l’Utica et l’Institut pour la Liberté et la Démocratie (ILD). Des chefs d’entreprises, experts, et économistes sont venus assez nombreux pour discuter etapporter un éclairage sur les pratiques qui caractérisent cette économie illégale, mais qui devient, de plus en plus, une réalité nationale et mondiale.

En Tunisie, seulement, 92 mille sur un total de 616 mille entreprises tunisiennes, opèrent dans l’économie formelle. Le reste, soit environ 524 mille entreprises (85%), s’activent dans le secteur parallèle, générant ainsi un chiffre d’affaires annuel équivalent à 115 milliards de dinars soit 30% du produit intérieur brut du pays. Ce sont là les révélations de Hernardo De Soto, expert de l’économie informelle qui s’est basé sur une étude sur le terrain menée, en Tunisie, par l’ILD qu’il préside.

L’étude a montré, en outre, que le printemps arabe a eu un impact considérable sur la propagation de ce phénomène. Le cas de Mohamed Bouazizi figure emblématique du printemps arabe est un opérateur informel .L’impact de son image et de son mode opératoire a influencé les jeunes de la région .A titre d’exemple, dans les 60 jours qui ont suivi son immolation, 64 autres personnes de la région MENA ont imité son acte désespéré. Entre décembre 2010 et février 2011, il ya eu 22 autres cas en Tunisie, 29 en Algérie, 5 en Egypte, 4 au Maroc, 1 en Arabie Saoudite, 2 en Syrie, et 1 au Yémen. Tous ces immolés étaient des entrepreneurs informels.

Hernardo De Soto a montré à travers son étude, que l’économie informelle peut présenter de réelles chances pour devenir un axe de développement sous certaines conditions, et que ses opérateurs peuvent représenter des partenaires effectifs de l’économie dans sa globalité. Ajoutant que le nuage sombre du secteur informel laisse entendre un large rayon d’espoir vu que l’esprit d’entreprise est très répandu, même parmi les Tunisiens les plus pauvres.

Wided Bouchamaoui, présidente de l’Utica a indiqué, de son côté, que ce phénomène épargne peu de secteurs de l’économie nationale , et son étendue dépasse la sphère économique, pour s’associer à un système politique, opaque et corrompu.

Elle a estimé, aussi, que la question est suffisamment sérieuse pour être traitée de façon simpliste, qui s’en tient aux seuls intérêts de nos entreprises.

Elle a ajouté, que des thèses aussi diverses que controversées sont avancées sans jamais engager de réflexions sérieuses sur ce phénomène, ses origines, ses acteurs, ses réseaux et ses implications économiques et sociales.

De son côté, Hamadi Jebali, le chef du gouvernement provisoire, a développé une idée selon laquelle ce phénomène trouve son origine dans une corruption financière, une distribution non équitable des richesses et une dictature politique.

Le Chef du gouvernement a déclaré, aussi, que la lutte contre le commerce parallèle ne peut porter ses fruits dans une ou deux années, et que cela nécessitera, avant tout, le renforcement des principes de la bonne gouvernance et la construction des bases d’une société démocratique.

Les explications du Chef du gouvernement données aux origines et de l’ampleur de ce qui est convenu d’appeler le phénomène du commerce parallèle , son départ hatif avant que la séance n’entame la discussion du sujet ,ont laissé un gout d’amertume chez les participants à la conférence-débat .

Ces derniers ont demandé, par contre, de trouver des solutions et tracer de nouvelles pistes de lutte contre ce phénomène destructeur et ravageur. Ils ont, aussi, lancé un appel à l’Assemblée nationale Constituante, à la Présidence du gouvernement ainsi qu’à la Présidence de la République pour qu’ils prennent des décisions courageuses et audacieuses qui permettent d’éradiquer le phénomène .

Khadija Taboubi

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