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Elyes Gharbi

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Ce n’est pas pour répéter ou parodier Yassine Brahim à la veille du passage de Riadh Mouakhar devant la justice. C’est presque. Ce n’est pas pour parler du limogeage d’Elyes Gharbi. C’est presque. En effet, le détail de cette affaire, entre dit et non-dit, vérités et mensonges des deux parties, nous semble moins intéressant que la signification de ce geste administratif qui a perdu de sa superbe régalienne. Un geste par ailleurs attendu et le nom du remplaçant de Gharbi, connu depuis plusieurs semaines, sinon quelques mois. C’est à croire que l’on n’en attendait que le prétexte !

Le chef du gouvernement vient en effet de signer la décision de limogeage d’Elyes Gharbi, son propre et unique candidat, il y a quelques mois, pour ce même poste de PDG de l’ETT (Etablissement de la télévision tunisienne). S’il avait alors besoin de le soutenir, il donnerait, par son limogeage, la preuve qu’il s’était trompé. Il se trompe de nouveau en le renvoyant de cette manière qui fait depuis polémique.

Dans une déclaration radiophonique, le président de la Haica (Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle) a critiqué ce limogeage et a estimé qu’il est «contraire aux principes de conduite que l’instance veut établir dans le domaine de l’audiovisuel en Tunisie», ajoutant qu’il l’a «appris par un courrier, qui ne contient aucune explication des motifs de ce limogeage, alors qu’en tant que président de la Haica, il devait en être informé avant son annonce».

Ce n’est cependant pas la 1ère fois que Youssef Chahed, si tant est lui qui aurait pris la décision, agit de cette manière peu cavalière, presqu’insultante, avec les médias publics. Il y a quelques semaines encore, il limogeait le SG de l’Etablissement des radios, l’accusant entre les lignes de mauvaise gestion, sans en apporter les preuves. Le limogeage avait pour but d’en nommer un autre, mais ce dernier ne semblait pas être content de son nouveau poste et le quitta de lui-même, 2 ou trois jours après sa nomination. Bien avant, c’était un nouveau PDG d’un des plus importants médias écrits publics. Un homme, avec tout notre respect, sans aucune connaissance du domaine des médias et de la presse. Celui qui l’y a mis, non plus. Il n’avait pourtant rien appris de l’échec du passage de son prédécesseur, comme lui étranger au domaine.

Par ce limogeage, qui ne sera pas le dernier, les règlements de comptes n’étant pas encore finis pour ceux qui sont dans le cercle de la communication du chef du gouvernement, ce dernier continue de traiter les médias publics par-dessus la jambe. A l’écoute et au partenariat, pour le bien de la communication de l’Etat, il préfère agir par nomination et révocation, sur la base de profils qui n’ont que quelques fois et parfois très peu de connaissances du monde des médias et leur gestion, pourtant très particulière. Des profils, soit parachutés, soit recommandés. Mais jamais choisis sur la base de véritables critères et cadrés par des contrats programmes.

Des médias publics que la Primature considère comme de simples fauteuils à donner en cadeaux, qu’elle refuse de contrôler alors qu’elle contrôle leurs budgets, auxquels elle préfère le privé et dont elle refuse jusqu’ici de se départir comme pour Shems ou Assabah. Une mauvaise gestion caractérisée qu’est celle de Youssef Chahed et de ses sbires, du domaine des médias.

Une mauvaise gestion qu’on retrouve dans la gestion même de la communication de la Primature. Une gestion «à la va comme je te pousse», en dehors de toute stratégie, mise noir sur blanc, avec un volet, ô combien important pour un GUN qui passe de crise en crisette, qui est celui de la communication de crise. Un plan, s’il existait, ce dont nous doutons tant est anarchique cette communication de l’Exécutif, ne le serait qu’entre les planches du tiroir du bureau dont les occupants ne font pas la différence entre communicateur et attaché de presse et où le PR est une question de copinerie et non de professionnels et de professionnalisme.

Youssef Chahed a peut-être réussi à redonner des espoirs de relance à l’économie. Il a peut-être réussi à redonner espoir aux Tunisiens de croire qu’ils pourront se débarrasser de la corruption. Il n’a cependant pas toujours réussi à devenir le communicateur dont l’Etat       a besoin, ni à faire de la communication un support pour son action et un booster pour son image. Encore moins à restructurer les médias publics que ses proches accusent de tous les maux du pays, pour éviter que tous ceux en prennent la responsabilité se cassent les dents comme c’est le cas depuis 2011. Les restructurer aussi, pour permettre à ceux qui en auront la charge, de réussir à les redresser et d’en faire un véritable service public et concurrentiel.

A l’image de ces échecs, Youssef Chahed n’a pas non plus réussi à trouver ceux qui le conseilleront dans le sens d’une meilleure communication institutionnelle, qui prenne le peuple à témoin, qui lui dise ce qu’il faut qu’il connaisse pour le suivre. Force est ainsi de constater que, jusqu’ici, sa mauvaise communication empêche toujours Youssef Chahed d’être le chef de gouvernement qu’il n’a pas su entièrement être.

De là, il n’est pas étonnant qu’il agisse ou qu’il laisse agir ainsi et de cette manière brutale et grossière avec les quelques bons professionnels du métier qui acceptent encore de sacrifier leurs intérêts pour ceux de l’Etat.

 

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Le président de la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (HAICA), Nouri Lajmi, a fait part de son étonnement suite à l’éviction du PDG de la Télévision nationale, Elyes Gharbi, par la présidence du gouvernement. Lajmi a déclaré ceci à la TAP : “Nous avons été surpris par cette nouvelle qui nous est parvenue sous forme d’un bref courrier ne contenant aucune explication des motifs de cette décision“.

Par ailleurs le président de la HAICA est d’avis que la méthode employée par le cabinet de Youssef Chahed est inconcevable et ne cadre pas avec les principes de la démocratie, de l’indépendance des médias publics et le renforcement du rôle des instances de régulation. Il a ajouté que la HAICA aurait dû être consultée avant une telle mesure…
Lajmi a également dit qu’il est inadmissible que le retard de la diffusion du Journal télévisé soit le seul motif du limogeage de Elyes Gharbi. Il a indiqué que ce dernier l’avait informé de l’ouverture d’une enquête pour cerner tous les ressorts de cette affaire laquelle, rappelons-le, est née d’une attaque cardiaque subie par le réalisateur…

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