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Ennahdha, Rached Ghannouchi, Tunisie

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Les consultations se poursuivaient, dimanche encore, entre Ennahdha et alliés du Centre gauche (Ettakattol et le CPR de Marzouki), pour établir les nouvelles règles de la nouvelle période de transition. Et alors que, par petites phrases nahdhaouies, se dessine l’avenir immédiat de la Tunisie de l’après Ben Ali,  ceux qui ont remporté les élections du 23 octobre en oubliant de dire qu’elle n’était que pour la Constituante [et trompent quelque part ainsi l’électorat], montrent déjà leur appétit des sièges et une certaine excitation à s’emparer du pouvoir.
Dans l’euphorie de la joie et la précipitation à marquer le terrain et à baliser les territoires ministériels, le nouveau pouvoir en place tombe dans certains travers et frise les ratées.

·         Ennahdha veut gouverner par un vote qui n’était pas fait pour cela :

Il faut d’abord préciser et rappeler que le vote du 23 octobre 2011 n’avait pas pour objet de désigner le gouverneur de la Tunisie, mais simplement d’élire ceux qui se pencheront sur l’élaboration d’une nouvelle Constitution pour ceux qui seront élus à cette fin. Ceci est le premier travers du nouveau parti de la majorité.

Sans attendre la première réunion de la Constituante ou même la fin de la période légale qui rendra officiels les résultats des élections, Ennahdha distribue déjà, entre ses membres, les sièges du nouveau gouvernement qu’elle voudrait, en théorie et dans le discours, de coalition et de consensus national. Hammadi Jbali est proposé, médiatiquement, au poste de Premier ministre, Souad Abderrahim la pharmacienne, non voilée et habillée à l’européenne, est proposée à la présidence de la Constituante et Rached Ghannouchi qui indique, vendredi 28 octobre 2011 lors de sa conférence de presse [où il tenait à l’exclusivité de la parole jusqu’à la reprendre après chaque intervention du dauphin Hammadi Jbali], que «le nouveau gouvernement comprendra des femmes voilées et non voilées». Des couloirs du parti nous parviennent aussi les bruits de palabres sur une possible future mainmise des Nahdhaouis sur les ministères des Affaires sociales et de l’Education notamment. Des outils indispensables pour le projet socioculturel islamiste pour la Tunisie au bleu Nahdhaoui.

Tout cela, dans une visible course aux sièges, avant même que les urnes ne soient définitivement vidées et avant même que le président à nommer par et parmi les membres de la Constituante et qui devrait, lui et personne d’autre, charger un nouveau Premier ministre de composer le nouveau gouvernement.

·         Ennahdha prêche la fusion Parti-Etat.

On l’a peut-être oublié, mais il avait été dit par tous et accepté depuis la composition du second gouvernement de transition de Caïed Essebssi, que pouvoir et politique doivent être physiquement séparés. On avait même alors exigé des ministres et de tout le monde, de publier leurs démissions de tout parti politique.

Avec Ennahdha, plus question d’un gouvernement en dehors des politiques. Même pour un gouvernement transitoire. Rached Ghannouchi l’a catégoriquement refusé, ce vendredi, au cours de sa conférence de presse. Ennahdha veut le pouvoir et en entier pour elle !

Avec un chef de gouvernement qui devrait avoir les pleins pouvoirs face à un Président aux pouvoirs diminués, si l’on en croit le nouveau mode de gouvernance préconisé par Ennahdha pour cette nouvelle période transitoire. Avec un parti de majorité dont le secrétaire général deviendra chef de gouvernement et les membres du bureau des ministres. La Tunisie, mode Ennahdha, retombera ainsi dans les travers du RCD, parti gouvernement et parti Etat devenu, au fil du temps, parti dictature. C’était là le second travers dans lequel est tombé le nouveau pouvoir en place en Tunisie.

·         Concentration de pouvoir entre les mains d’Ennahdha.

On avait déjà dit que le parti islamique, désormais au pouvoir en Tunisie, excellait dans le double langage. Le mercredi 26 octobre, celui qui est proposé au poste de 1er ministre Hammadi Jbali, ne s’opposait pas au référendum. Trois jours plus tard, samedi 29 octobre, Noureddine Bhiri, autre membre influent d’Ennahdha, s’opposait farouchement, sur la TV nationale, à l’idée du référendum. Il soutient, en plus, un régime parlementaire où, chef d’Etat et chef du gouvernement et même le président de la cour constitutionnelle qui devrait être le gardien de la nouvelle constitution, sont désignés par le parlement où il déteint détient la majorité, simple sinon absolue avec le CPR de Marzouki ou un autre parti. Ennahdha détiendra ainsi les mêmes pouvoirs étendus qu’avait l’ancien président Ben Ali et les mêmes causes aboutiront aux mêmes résultats.

·         Ennahdha Sapeur camembert.

Croyant bien faire, en répondant de la sorte aux manifestants de Sidi Bouzid [en répondant, de la manière de Ben Ali lorsqu’il invoquait l’épouvantail de la lutte contre les islamistes, que ce sont des éléments de l’ancien RCD] indignés de se retrouver minoritaire avec leur «Pétition» ou «Aaridha» dont certaines listes ont été invalidées par une ISIE dont le président a été longuement félicité par Rached Ghannouchi [Suivez notre regard, pourraient dire certaines mauvaises langues], le président d’Ennahdha annonce, dans sa conférence de presse du vendredi 28 octobre 2011, que «la priorité dans les projets de développements socioéconomiques sera donnée à la région de Sidi Bouzid».

Comme un sapeur camembert, Ennahdha tente ainsi de combler un trou en en ouvrant un autre. Selon les chiffres officiels de l’ISIE, Ennahdha ne représente que 19698 voix sur  81839 à Sidi Bouzid. Le déséquilibre régional, s’il existe bien, ne touche pas que cette région de la Tunisie. Pourquoi alors privilégier une région sur une autre ? Dépenser plus d’argent ou en priorité à Sidi Bouzid qu’ailleurs, ne reviendrait-il pas à dépenser moins dans une autre et à laisser d’autres régions, comme le Nord-Ouest ou le Sud-est, attendre plus que d’autres alors que le chômage n’en exclut aucune ?

On ne savait jusqu’alors pas qu’Ennahdha compte faire le nivellement économique de la Tunisie par le bas. Sinon, comment expliquer au reste des régions côtières, moteur économique de la Tunisie, qu’elles seront privées de projets socioéconomiques, en attendant de satisfaire Sidi Bouzid ? Ce serait alors là le troisième travers dans lequel tomberait la Tunisie d’Ennahdha.

·         Ennahdha ne veut pas de la langue française.

Il y a quelques jours enfin, Rached Ghannouchi, chef du parti vainqueur aux élections tunisiennes et islamiste modéré, déclarait que le «français pollue la langue arabe». La France avait pourtant été un des pays d’accueil de ce Zitounien, Nassérien et arabisant convaincu, mais qui déclarait, dans une interview, publiée sur «Oumma.com» que «La première fois que j’ai vu ma mère pleurer, c’est lorsque mon oncle [un Fellaga] a été arrêté [donc par le colonisateur français]. Ma mère pleurait. J’avais 10 ans. Je considère aujourd’hui que par cet acte j’ai commencé la politique. À ce moment, j’ai découvert la France et la politique». Sigmund Freud ne reprenait-il pas ce poète anglais qui disait que «l’enfant est le père de l’homme» !

L’arabisation tous azimuts semble devoir ainsi être un des premiers chevaux de bataille des islamistes tunisiens qui demanderaient que le ministère de l’Education nationale, leur soit alloué, dans le prochain gouvernement.

Même si c’était alors dans un sursaut de colère personnelle contre la France, Ben Ali avait essayé cela et y avait lamentablement échoué. Avec les séquelles que l’on sait sur les élèves, étudiants et futurs demandeurs d’emplois tunisiens. Cela, sans compter le signal négatif, anti-francophonie et anti- ouverture, que lancerait ainsi le nouveau pouvoir en place à ceux qui absorbent 80 % des exportations tunisiennes vers l’Europe. Et voilà ainsi un autre travers dans lequel tombe le nouveau parti au pouvoir en Tunisie, dans sa précipitation à prendre les rênes  du pouvoir des Tunisiens.

Khaled B.

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