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Ennahdha, salafiste, Tunisie

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Un temps considéré comme le modéré du clan Ennahdha

Un temps considéré comme le modéré du clan Ennahdha, qui fait tant bien que mal son métier de chef de Gouvernement, malgré les bâtons dans les roues de certains membres de son parti et de son propre gouvernement, revoilà Hammadi Jbali dans les habits du rédempteur qui combat les fossoyeurs, sans jamais les nommer, hommes politiques, journalistes et RCDistes de tous genres,après avoir un temps brandi l’épouvantail du complot.

Dans une récente interview au journal algérien Achourouk, il a évoqué sans oser citer des noms, l’existence d’un courant qui voudrait ramener la Tunisie vers le règne de la corruption, pour préserver leurs pouvoirs et leurs intérêts propres, ainsi que l’existence d’une dispute idéologique née de leur désespoir de percer par le biais de la démocratie et des élections. Il accusait ainsi ce courant, abstrait, de pratiquer la politique de la terre brûlée et de vouloir mener le pays vers l’inconnue. Jbali retombait ainsi dans la langue de bois politicienne !

Tout ce qui se passe en Tunisie ces derniers jours, est quelque peu normal pour un pays où la Révolution n’est pas terminée, car n’ayant pas encore fait son deuil de Ben Ali. Un pays aussi où ceux qui enfourchent maintenant le cheval débridé de cette Révolution n’ont pas encore fait la Révolution qu’ils voulaient, et à leur tête le CPR et Ennahdha. La Tunisie de l’après Ben Ali est, comme le disait Rached Ghannouchi, en «première année démocratie ». Tout le monde sait que le  taux le plus élevé de redoublement est généralement enregistré chez les étudiants de première année. Ce qui est déjà le cas d’Ennahdha à travers son gouvernement.

Après les évènements de l’ambassade des USA, les vaines recherches policières pour arrêter Abou Iyadh qui n’a jamais quitté le territoire et les deux vidéos de Rached Ghannouchi avec les Salafistes jihadistes où il leur demandait de patienter et les déclarations de l’Imam exhibant  son linceul et appelant au  Djihad sacré, certains médias  ont vite fait de conclure que la trêve est désormais rompue entre Ennahdha et les Salafistes.

«J’ai préparé mon linceul après la mort de deux martyrs et j’appelle les jeunes du Réveil islamique à faire de même, car le mouvement Ennahdha et d’autres partis politiques veulent des élections sur les décombres  et les cadavres du mouvement salafiste”, avait  proclamé Nassreddine Aloui, imam autoproclamé d’une mosquée dont son groupe avait pris le contrôle. Il invectivait directement et menaçait Ali Larayedh. «Je vais faire la guerre à ces gens-là, car le ministre de l’Intérieur et les dirigeants d’Ennahdha ont choisi les Etats-Unis comme leur bon dieu », martelait-il à l’intention d’Ali Larayedh.

Cette déclaration ressemblait, presqu’à s’y méprendre, à la première rencontre de presse entre Ali Larayedh et Abou Iyadh, en août et mars derniers, avant qu’il ne tourne casaque après les vidéos de Rached Ghannouchi. Depuis, Abou Iyadh n’a pas été arrêté, ne mord plus, n’insulte plus. Il prend même la défense d’Ennahdha et joue, de surcroît, les informateurs pour le compte du ministère de l’Intérieur pour montrer patte blanche, comme l’affirme un avocat de la place.  Abou Iyadh vient, en effet, plus précisément vendredi dernier, de lancer un «appel au calme à ses partisans assorti d’une mise en garde au pouvoir après qu’un imam d’une banlieue de Tunis ensanglantée par des violences a appelé à faire la “guerre” au gouvernement. «Je vous invite, mes frères, à vous référer aux paroles de Dieu et à compter sur la patience et la prière”, a déclaré le chef salafiste Abou Iyadh, dans une vidéo sur internet. Nous remarquerons que c’est justement cette patience qu’aurait demandée aux Salafistes, Rached Ghannouchi, lorsqu’il les avait rencontrés. La vidéo d’Abou Iyadh intervenait au lendemain d’un appel à la «guerre sainte» contre le mouvement islamiste Ennahdha, qui dirige le gouvernement, lancé en direct sur Tounisia TV par  Nassreddine Aloui, imam autoproclamé de Douar Hicher. Parallèlement, le ministère de la Justice avait annoncé, vendredi dernier, l’ouverture d’une enquête contre Nassreddine Aloui pour incitation au crime et “à la haine entre les religions et les citoyens”.

Entretemps, différents autres débats télévisés avaient essayé d’accréditer  chez les téléspectateurs tunisiens, l’idée de l’existence de deux courants, différents, de Salafistes, les Djihadistes et les apôtres, ceux qui «combattent» par le prêche, allant jusqu’à dire que les Djihadistes et les violents, ne seraient que des RCDistes introduits dans les rangs des Salafistes pour en entacher la bonne image. Depuis, on voit s’organiser, de plus en plus, et sur plus d’une chaîne TV tunisienne, des plateaux où les Salafistes sont présents et participent activement aux débats. Le dernier en date a été organisé, lundi soir, sur Attounissya. On y a même vu l’éminent leader d’Ennahdha, Abdelfattah Mourou, prendre violemment à partie le jeune Salafiste sur la question de la violence vis-à-vis des Tunisiens. Deux remarques sont à faire, à partir de ces faits avérés :

–          Une trêve a été faite certes, mais pas avec tous les Salafistes.

Le discours, désormais moins dur et moins accusateur, de courants salafistes, tels que celui Seifallah Ben Hassine dit Abou Iyadh ou celui de Béchir Ben Hassine, laisse entendre un accord de trêve, politique et sur le terrain, entre Ennahdha et quelques groupuscules de Salafistes. Les deux Ben Hassine semblent ainsi avoir officiellement adopté la démarche «step by step » que prônait Rached Ghannouchi et  le parti Ennahdha se serait engagé à leur assurer la fabrication d’une nouvelle image médiatique, au moins pour Béchir, puisque Seifallah se trouve encore sous mandat de recherche. Il n’en prend pas moins, depuis quelques semaines, la défense des théories nahdhaouies et appelle au calme. Et ce sont ces deux courants, rentrés sous les ordres, qui se chargeront de répondre au reste des Salafistes qui refusent toujours le dialogue ou de dialoguer avec ceux parmi eux  qui se prêteraient à cette pratique à double tranchant. On va jusqu’à mettre en prison le représentant du courant salafiste, en dehors du cercle restreint de la trêve, qui parlait à la TV en face de Mourou.

–            Colère de ceux qui ne font pas partie de cette trêve !

La colère de l’imam autoproclamé de la bourgade de Douar Hicher, s’expliquerait ainsi par une  tentative de «diviser  pour mieux régner» d’Ennahdha. Colère aussi par rapport aux choix d’Ennahdha de faire trêve avec les deux Ben Hassine et non avec le reste des groupuscules salafistes. Ces derniers semblent ainsi avoir bien compris le «petit jeu» d’Ennahdha et voudraient faire entendre leur voix, quitte à faire comme Abou Iyadh qui a fini, à force d’apostasie et de menaces, par se faire accepter et intégrer dans les calculs politiques du maître politique à bord. La colère des Salafistes tunisiens ne nous semble ainsi pas encore résorbée.

Wait and See !

Khaled Boumiza.

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