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Au moment où deux des plus importantes  organisations nationales

Au moment où deux des plus importantes organisations nationales, en l’occurrence l’Union Nationale de la femme tunisienne (UNFT) et l’Organisation de la défense du consommateur (ODC) , ne trouvent pas de quoi payer les salaires de leurs permanents , ni les loyers de leurs locaux dans les régions , des milliers d’autres organisations et associations font étalage de moyens financiers énormes , et organisent des activités mobilisant de grosses sommes d’argent . Les salariés de l’UNFT , qui sont en sit-in depuis des mois, accusent le gouvernement de ne pas verser les subventions à l’organisation, depuis plus de 7 mois, parce que le mouvement Ennahdha n’a pas pu mettre la main sur cette organisation qui a retrouvé son indépendance, depuis le 14 janvier 2011 .

Le budget de l’UNFT répond au besoin de payer les salaires de ses permanents, vaquer à ses occupations courantes , fait également fonctionner un ensemble de centres de formation des jeunes filles dans les régions rurales et les quartiers populaires , et permet de prendre en charge des centaines de diplômées de ces centres jusqu’au lancement de leurs nouvelles activités .

Les responsables de l’ODC nous ont déclaré, en privé , que le gouvernement actuel considère leur organisation, et malgré les efforts déployés pour affirmer son indépendance vis-à-vis de toutes les formations politiques , comme un produit de l’ancien régime , et que , de ce fait , elle n’est éligible à aucune subvention .

Faire tarir les sources de ces deux organisations nationales revient à priver des milliers de jeunes filles issues de milieux modestes à accéder au marché de travail , et à empêcher le consommateur de pouvoir défendre ses intérêts au moment où l’ultralibéralisme s’installe dans l’économie tunisienne sans garde-fous .

L’UTICA et l’UGTT, qui ne vivent pas les mêmes problèmes que ceux de l’UNFT et de l’ODC , accusent le gouvernement de ne rien faire pour entendre leurs doléances et suggestions au sujet des dossiers économiques et sociaux . Tout le monde se rappelle la fin de non- recevoir opposée par Ennahdha et le gouvernement de la troïka à l’initiative de l’UGTT de dialogue national, et la dernière réunion (vendredi 9 août) entre Rached Ghannouchi et l’exécutif de l’UTICA a donné lieu à un vif échange de griefs. La présidente de l’UTICA a déploré, au cours de la réunion, le laxisme du gouvernement dans le traitement des dossiers économiques, critiquant les ministres, qualifiés, par ailleurs, d’hommes gentils et toujours disponibles, de ne jamais prendre de décisions, ni résoudre les problèmes de l’économie et des hommes d’affaires.

Cherchant à trouver une explication à cette inaction, Wided Bouchammaoui voit dans l’attitude de ces ministres un manifeste engagement dans l’action politique au détriment de la chose économique.

A l’opposé, les associations qui recrutent des djihadistes en Syrie , leur payant des avances conséquentes en plus des billets d’avions et d’un argent de poche significatif , et procurant à leurs familles des sommes énormes en cas de décès , d’emprisonnement ou de disparition , font partie de réseaux multifonctions, bien solides installés en Tunisie et à l’étranger . Ces réseaux sont en train de pomper leurs avoirs de sources financières étrangères, et ne lésinent pas sur les moyens pour attirer une jeunesse déboussolée en quête d’une place au soleil.

Les associations caritatives inféodées à l’islam politique, implantées surtout dans les quartiers populaires de la capitale et dans les villes de l’intérieur , disposent de grands moyens financiers , et répondent à des besoins immédiats de la population-cible : aides financières pendant le Ramadan , les fêtes religieuses et les rentrées scolaires , microcrédits aux jeunes diplômés pour monter de petits projets , soins médicaux dispensés aux familles nécessiteuses , cours particuliers aux élèves des classes terminales…

Tous ces services et aides sont prodigués, par des réseaux aux contours très flous et aux objectifs suspects, à une population marginalisée qui ne reçoit qu’une couverture minimale de la part de l’Etat . Mais ce qui est dangereux encore, c’est que l’Etat n’exerce aucun contrôle sur ces associations caritatives et n’assure aucun suivi de leurs activités. Des études montrent qu’une partie de ces services sont donnés pour faire taire les habitants de ces quartiers face aux activités douteuses que mènent les organisations salafistes et même djihadistes dans ces quartiers. (lire notre article en français en date du 18 juillet 2013)

L’opinion publique nationale se rappelle , dans ce cadre , comment Lazhar Akremi, a interpellé Imed Daïmi, dans une déclaration radiophonique , le 26 juillet 2013 , l’accusant ,sur la foi de documents qu’il dit détenir , d’avoir versé , alors qu’il était directeur du cabinet présidentiel , 1,8 million de dinars à des organisations dont la nature de l’activité n’était pas claire .

Lazhar Akremi a, également, demandé à Imed Daïmi de dévoiler le montant des aides accordées à ces organisations du budget de la Présidence pour l’année 2012.

Ces déclarations, bien que réfutées par le secrétaire général du CPR , n’ont pas été démenties par la Présidence .

On est en face d’une situation où le gouvernement est enclin, par conviction idéologique et complaisance politique, à mettre les moyens de l’Etat à la disposition des associations inféodées, et les fait bénéficier des vannes des aides extérieures sans contrôle aucun. En revanche, il coupe le robinet et fait la sourde oreille à des organisations représentatives qui sont des partenaires de taille dans tous les choix politiques sociaux et de développement , uniquement parce que les islamistes n’y ont pas pignon sur rue .

Aboussaoud Hmidi

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