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Le déficit budgétaire est un paramètre capital à l’aune duquel est jugée la santé des finances publiques d’un pays donné

Le déficit budgétaire est un paramètre capital à l’aune duquel est jugée la santé des finances publiques d’un pays donné, dans la mesure où il s’identifie à la situation dans laquelle les recettes de l’État (hors remboursement d’emprunt) sont inférieures à ses dépenses (hors emprunt) au cours d’une année. C’est donc un solde négatif.

Le déficit budgétaire se traduit par des emprunts nouveaux que l’État doit contracter au cours de l’année, en sus de ceux destinés à amortir les emprunts antérieurs arrivés à échéance. Il représente ainsi, sauf années particulières (creusement important du déficit en période de crise), moins de la moitié du besoin de financement de l’État.

Cette notion ayant été précisé, il est péremptoire que ce déficit ne dépasse point les 3 pour cent, comme c’est la norme dans les pays de l’Union européenne où les gouvernements bataillent pour qu’il en soit toujours ainsi quitte à prendre des mesures drastiques et forcément impopulaires, donnant généralement lieu à des mouvements sociaux et autres troubles de la même eau.

Ce qui se passe actuellement en Tunisie relève de cet ordre mais en bien plus grave. Le ministre des Finances, Elyès Fakhfakh, vient d’annoncer que ce déficit budgétaire s’élève au jour d’aujourd’hui- tenez-vous bien !- à 7,4%, et pourrait même aller au delà d’ici fin 2014. Une situation en tous points désastreuse. Et elle l’est d’autant plus que les financements extérieurs dont le pays devrait faire usage pour résorber un tant soit peu ce solde négatif ont les contours d’une option extrêmement limitée, en raison des dégradations successives de la note souveraine de la Tunisie, rendant le recours au marché financier international très difficile et excessivement cher, les chances de remboursement étant hypothétiques.

Ce lundi 14 octobre, le même ministre des finances, a encore noirci le trait en affirmant que « la situation économique va encore se dégrader si la Tunisie n’obtient pas les tranches de prêt convenus avec le FMI et la Banque Mondiale, surtout après la décision de la Banque africaine de développement (BAD) d’annuler la tranche de prêt prévue pour la Tunisie ». Ce faisant, la BAD emboîte le pas aux intentions prêtées au Fonds monétaire international et à la Banque Mondiale d’en faire autant, sans parler des « frères arabes », notamment qataris qui se sont inscrits aux abonnés absents, depuis belle lurette, limitant leurs concours à quelques dons d’autant plus dérisoires et parfois risibles, que leur générosité s’exprime par le biais de « couffins de victuailles » et de moutons pour le sacrifice de l’Aïd pour les familles nécessiteuses.

A moins d’un miracle , la situation financière du pays ne sera pas près de revenir au moins à l’état où elle se trouvait avant la révolution du 14 janvier 2011 qui a bouleversé de fond en comble l’ordonnance générale de l’économie , aggravée, plus est, par la crise dans les pays de l’Union européenne, partenaire économique et commercial majeur de la Tunisie. D’autant moins que, comme le souligne l’ex-gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Mustapha Kamel Nabli, « les marges de manœuvre budgétaire et monétaire de l’Etat sont épuisées », et que les réformes exigées par les bailleurs de fonds institutionnels internationaux, tels que le FMI en contrepartie de leurs prêts si jamais ils se résolvent à les débloquer, ne manqueront pas de soulever de vives résistances dans la société, dans la mesure où elles toucheront des acteurs sociaux à qui la révolution de janvier 2011 a donné les moyens de se défendre.

Il restera à l’Etat de freiner son train et de retreindre ses dépenses. Certes, les autorités ont annoncé un programme d’austérité aux termes duquel leurs dépenses devront être réduites de 5 %, mais est-ce suffisant pour grignoter quelques décimales de points du gouffre du déficit budgétaire ? S’agirait-il de réduire les salaires servis au titre de la Fonction publique et des entreprises sous la tutelle de l’Etat dont les agents représentent au moins le tiers du salariat, sachant que la hausse des traitements et des embauches a augmenté de plus de 40 % en deux ans la masse salariale ? Le gouvernement envisage de geler les négociations sur les augmentations salariales au titre de 214. On y voit là encore une mesure de replâtrage budgétaire qui ne permettra pas ou si peu d’arrêter l’hémorragie salariale à laquelle l’Etat s’est livré au lendemain de la révolution pour absorber le mécontentement social et prévenir les troubles qui y sont associés.

Le fait est cependant que l’Etat n’a guère les coudées franches pour appliquer et mettre en œuvre même les mesures fiscales les plus courantes de peur de susciter une levée de boucliers parmi ceux qui seraient touchés par une imposition plus lourde, comme on l’a vu à l’occasion des dispositions fiscales du projet de la loi des finances 2014 relatives à la vignette et à la taxe sur la bière.

Mai là où le bât blesse le plus, c’est de toute évidence cette fixation du gouvernement dirigé par un parti qui s’accroche par tous les moyens au pouvoir, en se gardant d’accentuer sa perte de popularité à l’approche d’échéances électorales qu’il juge vitales pour son maintien au pouvoir.

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