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Au moment où la Tunisie s’échine à éradiquer le danger terroriste

Au moment où la Tunisie s’échine à éradiquer le danger terroriste, un autre phénomène vient s’inviter dans la chronique des évènements dont le pays ferait bien l’économie. Il s’agit de la prolifération du prosélytisme chrétien en vue de susciter l’adhésion de nouveaux adeptes à son culte.

Aujourd’hui, la Tunisie ne connaît certes pas de mouvement d’évangélisation d’aussi grande ampleur que d’autres régions du monde. Le pays est cependant investi depuis quelques temps par des missionnaires qui rencontrent un succès non négligeable.

Ces derniers continuent de dépenser de fortes sommes d’argent à travers des campagnes de propagande moderne notamment les réseaux sociaux. S’y ajoutent les actions sur le terrain menées dans des zones populaires défavorisées. D’ailleurs, plusieurs d’entre elles sont ciblées par des évangéliques pour des missions de prosélytisme, principalement la cité Attadhamen.

Une source sécuritaire a dans ce sens indiqué à Africanmanager que le ministère de l’Intérieur était au courant de ces actions, mais n’y a pas attaché l’importance requise, estimant que ceci ne représente pas un danger pour la sécurité du pays en termes de violence.

La pauvreté est le nid du prosélytisme chrétien

Pour certains observateurs, le prosélytisme chrétien devient un fait saillant après la chute de l’ancien régime. Avec l’érosion du pouvoir d’achat des Tunisiens, le nombre des convertis s’est accru spectaculairement. A ce jour, des milliers des Tunisiens ont choisi cette nouvelle religion.

Donc, c’est un véritable endoctrinement de toutes les couches de la société tunisienne, principalement les plus démunies. De l’avis de maints observateurs, il y a de quoi se demander sur la mobilisation d’une telle éclosion de «serviteurs de Christ ou missionnaires visionnaires».

Contrairement à ce que la Tunisie a toujours connu, le prosélytisme religieux semble apporter les solutions adéquates à la misère et à l’injustice sociale qui secouent le pays depuis plusieurs années. Ceci est tentant dans la mesure où une somme d’argent « considérable » de l’ordre de 12 mille de dinars est octroyée pour chaque converti.

De même, les tenants des campagnes de ce mouvement d’évangélisation disent se sacrifier pour sauver les âmes perdues tout en assurant la sécurité pour les groupes minoritaires.

Un avis partagé par un jeune, âgé de 30 ans qui a préféré garder l’anonymat affirmant qu’il est convaincu de devenir un nouveau chrétien. « J’apprécie cette religion, symbole de la paix et la stabilité », nous a-t-il dit avant d’ajouter que « la montée du djihadisme et du terrorisme m’a beaucoup effrayé. Pis, ma femme est chrétienne et elle a refusé de me rejoindre puisque l’instabilité sécuritaire demeure une question préoccupante. En plus, ma situation financière s’est sensiblement améliorée ».

Qu’en est-il de la loi ?

La question du prosélytisme a quelque rapport avec la liberté de religion des citoyens, laquelle ne concerne pas seulement les musulmans, mais aussi les groupes minoritaires.

 

Le ministère des Affaires religieuses invoque dans ce contexte l’article 6 de la constitution, adoptée en février dernier stipulant : « L’État est gardien de la religion. Il garantit la liberté de croyance et de conscience et le libre exercice du culte. Il est le protecteur du sacré, garant de la neutralité des mosquées et lieux de culte par rapport à toute instrumentalisation partisane. Sont proscrites l’accusation d’apostasie et l’incitation à la violence». Au delà de cette disposition, la question du prosélytisme est mal considérée notamment dans ce climat assez particulier.

Najet Hammami, chargée de communication au ministère des Affaires religieuses a affirmé, dans une déclaration à Africanmanager, que le phénomène doit être pris en considération. De plus, il est devenu indispensable de sévir contre toux ceux qui se convertiraient à une nouvelle religion dans un but lucratif ou sous la pression.

Le discours extrémiste est à repenser….

L’intervention des parties concernées est nécessaire pour contrer la prolifération des discours de propagande extrémiste ainsi que le manque de conscience des citoyens, selon ses dires.

Partant de ce contexte, Najet Hammami a assuré que le ministère œuvre à enraciner l’islam à travers la promotion des chaires des mosquées, considérées comme premières plateformes médiatiques pour les musulmans, là où le Messager d’Allah faisait part de ses positions sur la guerre, la paix et la justice.

La lutte contre le prosélytisme chrétien repose aussi sur la surveillance des discours prononcés par les imams dont le rôle consiste à lutter contre l’extrémisme et le fanatisme. Hammami a, dans ce sens, déclaré que les efforts se poursuivent pour récupérer les mosquées hors contrôle. Selon les dernières statistiques du ministère de tutelle, seulement quarante-deux mosquées sont encore entre les mains des extrémistes religieux.

Elle a aussi rappelé qu’un Institut supérieur pour la formation des imams ouvrira ses portes au cours de la prochaine année universitaire à Kairouan.

D’une façon générale, la prolifération du prosélytisme chrétien est à repenser car il est inacceptable de ne pas voir jusqu’à ce jour une décision claire de la part du mufti de la République. Il est à noter qu’Africanmanager l’a contacté, mais malheureusement sans obtenir une réponse précise sur cette question.

Wiem Thebti

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