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Fipa, Noureddine Zekri, emploi, Tunisie

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Le nouveau DG de Fipa (agence de promotion des investissements extérieurs) Noureddine Zekri aura beau être optimiste, la situation sécuritaire aura beau être en continuelle amélioration comme aimerait à la dire le ministre de l’Intérieur Farhat Rajhi, il ne fait pas encore bon d’être chef d’entreprise en Tunisie, et les risques varient du « dégage » à la grève en passant même par les coups et blessures. On aura beau, nous-mêmes journalistes, vouloir participer au changement de l’image de la Tunisie de l’après Ben Ali, les informations et les appels au secours des hommes d’affaires nous pourchassent et nous poussent à en parler. En voici quelques exemples.

Nextronics s’en va et c’est 450 emplois perdus.

D’abord, cet investisseur italien de l’entreprise  Nextronics, située dans la région d’El Agba à Tunis. Employant 450 personnes, cet investisseur vient, aujourd’hui vendredi 18 mars 2011, de prendre l’avion, de retour définitif en Italie, alors qu’il devait, auparavant, délocaliser en Tunisie ce qui lui restait de production en Italie. «Luigi » avait fini par succomber à la pression d’un syndicaliste extérieur à l’entreprise, un certain Arfaoui, qui poussait les employés à faire grève sur grève, allant jusqu’à faire descendre du bus du personnel ceux et celles qui voudraient travailler se mettant en travers de route pour bloquer l’export et empêcher les employées et cadres d’entrer dans l’usine. Les revendications vont de l’annulation de la sous-traitance à la création du syndicat en passant par un PV obligeant le gérant à «respecter le sit-in dans l’entreprise ». Et lorsque le gérant demande discussion et constitution d’un comité consultatif d’entreprise comme le stipule le code du travail, le meneur prend son briquet et brûle la copie du code en disant «c’est moi qui fait la loi ».

Une dispute aurait même, selon des sources proches de l’homme d’affaires italien, éclaté parmi le  personnel et une employée a dû être évacuée d’urgence par ambulance. L’investisseur étranger aurait envoyé des courriers à toutes les structures, ministère, UGTT, Utica et autres, sans qu’aucun ne bouge, encore moins les agents de la garde nationale et le gouverneur de la région.

Il a fini, le mercredi 16 mars, par mettre la clef sous la porte et effacer 450 emplois d’un coup. Tout ce qu’il lui est arrivé est consigné par PV et huissiers notaires chez ses avocats et son commissaire. A la Fipa, on nous dit qu’il s’agirait d’un homme d’affaires qui aurait filé à l’anglaise une première fois pour rouvrir une nouvelle usine, et ce serait ses anciens ouvriers qui l’auraient rattrapé. Son directeur de site, Hatem Ghzal, nous dit que ce n’est pas le cas et qu’il s’agit d’une toute nouvelle installation constituée début 2010 (même s’il est en plainte avec 3 intérimaires de l’une de ses anciennes implantations de la société SAV à la  Charguia) et que les employés se seraient retournés après sur leur délégué syndical pour lui reprocher ses appels à la grève.

A Tabarka, Savinor est auto-déclarée entreprise du peuple !

Deuxième exemple. L’entreprise Savinor, anciennement publique, puis privatisée pour le compte du groupe Turki et qui travaille dans l’élevage des poussins à Tabarka. Hier mercredi 17 mars, son propriétaire Nabil Turki a été «très agressivement » mis dehors et les employés ont décrété que l’entreprise appartient désormais au peuple.

Troisième exemple. La semaine dernière, le dirigeant du groupe Khoutaf de cartonnerie Abdeljalil Hentati, le 9 mars 2011, a été violenté dans son entreprise Sotuprin à Sfax par des employés et des syndicalistes qui lui reprochaient  de refuser de titulariser le nombre d’employés que voulait le syndicat. L’homme d’affaires a été séquestré, empêché de quitter son entreprise, frappé avec gros bâton et barre de fer. Auparavant, il appellera au secours un syndicaliste connu de la région qui ne fera rien pour le sauver des griffes de ses agresseurs dont certains étaient cagoulés (Voir photos), et même le soldat en faction devant son entreprise ne fera rien pour le libérer. Tout cela, parce que ce dirigeant a refusé de titulariser certains employés qui n’avaient pas encore le droit de l’être. Tout cela aussi, quelques jours (le 28 février 2011) après l’augmentation salariale et la titularisation de nombre d’autres. L’entreprise est toujours en situation de grève et de sit-in.

Quatrième exemple. Celui de cette femme chef d’entreprise qui requiert l’anonymat pour raisons de sécurité, après avoir reçu des menaces d’agression et de mort, par mail et qui ne sait plus à quel saint se vouer et à qui demander secours et qui fait de fortes allusions à des menaces provenant de partisans d’un parti islamiste connu. Cette femme chef d’entreprise vit actuellement accompagnée d’une capsule de gaz lacrymogène qu’elle s’est procurée par des amis et a dû refaire ses portes et ses fenêtres pour les blinder.

Une femme chef d’entreprise menacée par e-mail

Cinquième et dernier exemple, celui d’une autre femme chef d’entreprise travaillant dans le secteur de la pierre décorative. Le PDG de la BFPME qui a eu à gérer ce cas à travers ses antennes régionales qui font, nous dit-il, le suivi de tous les jeunes promoteurs qu’ils ont financés, nous rapporte que son usine a été incendiée 3 fois de suite et que ce sont ses propres employés qui ont sauvé les machines et caché les stocks chez eux, dans un geste rare, pour sauver leurs emplois.

Dans tous ces cas, et ils ne sont malheureusement pas isolés, puisque des hommes d’affaires du Sahel nous rapportent même que certains d’entre eux étaient obligés de recruter des porteurs de fusils de chasse pour monter la garde devant leurs entreprises, il est visible que  l’UGTT joue encore au trouble-fête et à l’empêcheur de tourner en rond. On croyait que Béji Caïed Essebssi est arrivé à maîtriser l’UGTT, il semblerait qu’il n’en soit rien.

De tout cela aussi, on ne peut s’empêcher de remarquer que si la sécurité commence à revenir dans la rue, elle est encore loin de revenir dans les entreprises et que l’homme d’affaires, l’investisseur tunisien fait encore l’objet, non plus de la chasse aux sorcières, mais proprement d’une chasse à l’homme et que cela se fait en l’absence complète de l’ordre et de ses forces qui déclarent carrément, à plus d’une entreprise, qu’elles sont  incapables de faire appliquer la loi et de faire régner l’ordre dans la Tunisie de l’après Ben Ali. Parler, après tout cela, de milices, de RCD, de malfaiteurs, apparait clairement comme étant de l’ordre du mensonge et de la recherche d’un autre coupable. Si l’Etat tunisien veut faire régner l’ordre et garantir la sécurité des investisseurs, LOCAUX et étrangers, qu’il recherche, disons le carrément : il faut d’abord procéder par élimination et le premier sur la liste c’est l’UGTT. Dernière information : il y aurait à Sfax, plus de 50 grèves et sit-in et ils risqueraient tous de tourner comme nos exemples. Qui arrêtera donc l’UGTT ?

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