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Dans une interview accordée à Africanmanager, Manel Ben Achour, au nom de l’organisation I Watch, a annoncé la publication d’une étude relative au système de la gouvernance nationale.

Les résultats de cette étude ont démontré que la Tunisie est encore loin des objectifs fixés en matière de bonne gouvernance et de système de transparence national performant.

D’après le document, l’ISIE figure parmi les premières institutions qui se sont dotées d’un système modéré en termes de transparence, avec 79 points sur 100. Par contre, le médiateur administratif, qui est chargé de lutter contre la corruption, est crédité de 24 points seulement…

I Watch a souligné la necessité de classer la lutte contre la corruption comme l’une des priorités du gouvernement en place et du Parlement pour instaurer les fondements de la bonne gouvernance. Interview :

Pouvez-vous nous présenter cette étude ?

Elaborée par un groupe d’experts, cette étude vise à analyser le système de la gouvernance nationale, tout en essayant de connaitre le taux de transparence dans plusieurs entreprises qui jouent un rôle déterminant en matière de lutte contre la corruption.

Tout au long de ce processus, on a adopté des démarches évaluatives pour gagner ce challenge.

Je saisis cette occasion pour rappeler que ce travail s’inscrit dans le cadre de l’adhésion de la Tunisie au mouvement international visant l’évaluation du taux de gouvernance adoptée par les entreprises et les institutions chargées de cette mission.

Partant de cette idée, l’accent a été mis sur les bases économiques, socioculturelles qui sont en forte relation avec la réalisation d’un ensemble de principes dont notamment la démocratie, le développement économique et les droits de l’homme. Ces derniers constituent en fait les bases d’un système de la gouvernance nationale.

C’est pour cette raison qu’on considère que cette étude revêt une importance particulière, surtout après la publication de l’indice de perception de la corruption en 2013 et 2014 et qui a mis en garde contre la prolifération de la corruption en Tunisie. D’après les chiffres dévoilés par l’organisation anti-corruption Transparency International, la Tunisie figure à la 79ème place avec une note de 40 sur 100, alors qu’en 2013, elle avait obtenu une note de 41.

Donc c’est une démarche cruciale étant donné qu’il s’agit d’un travail élaboré dans d’autres pays dont le nombre s’élève à 100.

Quelles sont les entreprises concernées par cette étude ?

Cette étude a englobé les entreprises qui sont chargées de lutter contre la corruption. A travers cette enquête, on a essayé d’analyser 13 piliers qui jouent un rôle principal dans ce processus.

Ces piliers ont touché également le Parlement, le pouvoir exécutif, le pouvoir judiciaire. Pour le secteur public, on s’est intéressé à l’administration publique, les entreprises chargées d’exécuter la loi, l’Instance supérieur indépendante des élections, la Cour des comptes, l’Instance nationale de lutte contre la corruption..

D’autres piliers ont aussi fait l’objet d’investigations. On cite les médias, la société civile, des partis politiques ainsi que d’autres entreprises.

On a essayé d’analyser ces 13 piliers sur la base de 150 indicateurs, soit 12 indicateurs pour chaque pilier.

Ces indicateurs concernent les ressources, l’indépendance, la transparence, la gouvernance, le contrôle du pouvoir exécutif, la participation dans l’effort de lutte contre le terrorisme…

A chaque fois, on a essayé d’analyser le cadre juridique existant et les pratiques exercées par ces entreprises.

I Wtach a-t-elle présenté cette étude aux structures concernées ?

Certainement oui. Cette étude, qui s’est étalée sur une période de deux ans (janvier 2014 et décembre 2015), est passée par plusieurs étapes ; par ailleurs elle a été révisée par Transparency international  avant d’être publiée.

Une copie de cette étude a été transmise à l’ensemble des entreprises concernées, pour à terme prendre en considération leurs avis sur cette opération.

Quels sont les résultats de cette étude ?

Malheureusement, la Tunisie n’a pu collecter que 49 points sur 100 points. Donc, elle est encore loin des objectifs fixés en matière de bonne gouvernance et de système de transparence national performant.

Qu’en est-il des entreprises touchées ?

Cette étude est parvenue à démontrer que l’ISIE figure parmi les premières institutions à s’être dotées d’un système modéré en termes de transparence avec 79 points sur 100.

Par contre le médiateur administratif, qui est chargé de lutter contre la corruption, n’a été crédité que de 24 points. Un tel classement nous a poussés à nous poser plusieurs questions.

Quelles sont vos recommandations pour combler les failles ?

La Tunisie est appelée à mettre fin à cet épineux problème de la corruption. Ce sujet doit être classé comme l’une des priorités du gouvernement en place pour instaurer les fondements de la bonne gouvernance.

C’est important dans la mesure où cette démarche va aider le pays à relever les défis rencontrés et qui sont d’ordre économique, social ou encore sécuritaire.

S’agissant du Parlement, on recommande l’accélération de l’adoption de la loi relative à l’indépendance administrative et financière de l’Assemblée.

Le pouvoir législatif est appelé aussi à fixer ses ressources logistiques et humaines, tout en œuvrant à instaurer les mécanismes de la bonne gouvernance.

Dans le même contexte, le Parlement est appelé à classer la lutte contre la corruption dans la liste de ses priorités, tout en contrôlant le pouvoir exécutif.

Pour l’ISIE, on propose l’accélération des procédures relatives à l’activation du statut de base de cette instance, qui reste encore un simple projet.

S’agissant du médiateur administratif, il est temps de réviser son système judiciaire, tout en le transformant en entreprise publique. Parmi les autres suggestions, on recommande la révision des conditions relatives à la nomination du médiateur administratif et la publication du rapport annuel de cet organisme.

Quelles sont vos prochaines actions pour aider à éradiquer la corruption ?

Cette étude est considérée comme une évaluation pour notre pays en termes de transparence et de bonne gouvernance. Ce travail sera enrichi par une autre étude qui sera élaborée au cours de l’année prochaine.

A travers cette démarche, on voudrait évaluer la politique menée par les autorités en matière de lutte contre la corruption.

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