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On dit souvent que les sondages d’opinion ne sont pas et ne seront jamais une science exacte. «Les sondages

On dit souvent que les sondages d’opinion ne sont pas et ne seront jamais une science exacte. «Les sondages, c’est comme la minijupe : ça fait rêver, mais ça cache l’essentiel», disait le politicien français Alexandre Sanguinetti. Le Comte d’Ormesson lui répondrait alors que «je me suis toujours méfié de trois choses: la météo, la Bourse, les sondages. En gros, elles fonctionnent très bien. Dans le détail, c’est plus risqué».

 

Il y a quelques jours, le cabinet 3C Etudes de Hichem Guerfali annonçait les résultats de son 11ème baromètre politique. Un baromètre réalisé, entre le 13 et le 19 novembre 2012, juste quelques jours avant que n’éclatent les sanglants évènements de Siliana. Toute la presse n’y avait alors retenu que le classement des personnalités politiques tunisiennes sur la cote d’amour des Tunisiens. On a certes aussi parlé des mécontents du rendement du gouvernement de Hammadi Jbali, mais pas dans le détail, comme le disait, à juste titre, le Comte d’Ormesson.

A regarder justement dans le détail le taux des satisfaits et des mécontents du rendement du gouvernement selon les régions, on comprendrait plus facilement que le seuil de tolérance d’une région comme Siliana puisse arriver, tôt ou tard, à son terme et que ce mécontentement éclate sous une forme plus ou moins violente. Les évènements avaient, certes, débuté par une chamaillerie purement personnelle, mais le terreau était déjà fertile. Ce n’est, en fait, pas un hasard, même s’il ne s’agissait là que d’un sondage d’opinion, que le taux le moins élevé de ceux qui s’étaient déclarés contents du rendement du gouvernement Nahdhaoui (24 %), se trouve justement à Siliana. En face, la même région enregistre le taux le plus élevé de mécontents. Avec 71 %, c’était presque anormal, mais manifestement réel. Signe d’un manque flagrant d’expérience politique et aussi de manque d’expérience de gestion des hommes, le Gouvernement Jbali n’avait pas vu venir et n’y avait vu que du feu !

Reste maintenant à dire, et si le Gouvernement Jbali actuellement plus occupé à régler ses comptes avec ceux qui s’étaient tus lorsque Ben Ali les persécutaient, n’y prête garde, que ce n’est manifestement pas encore fini. Les mouvements sociaux de soutien à Siliana le confirment en tout cas. Les feux restent cependant au jaune, dans au moins 3 autres régions, toutes citées dans le sondage d’opinion de 3C Etudes. Dans ces trois ou quatre régions, les taux de mécontentement dépassent allègrement les 50 %. Avec 67 % de mécontents, contre seulement 30 % de satisfaits (ce qui correspondrait à la moyenne générale des adeptes d’Ennahdha dans toute la Tunisie, Zaghouan est ainsi au premier rang. Elle est suivie par Sousse et Monastir, deux dernières régions, régionalisme ou pas, qui ont été les plus vilipendées aussi bien par le pouvoir en place que par ses adeptes et ses soutiens. Zones, historiques par excellence de la naissance du RCD, Sousse et Monastir pourraient même voir la situation se détériorer avec la prochaine et probable adoption du projet de loi d’Ennahdha relatif à l’exclusion des Destouriens de toute activité politique, pendant 10 ans !

A Sidi Bouzid, l’écart entre satisfaits et mécontents est même assez net. 39 % de satisfaits contre 61 % de mécontents et 0 % de sans voix. Une région agricole où la situation de l’emploi est la plus détériorée et une région aussi, comme Siliana, jusque-là oubliée par le développement régional. Une situation qui ne s’améliore pas avec les mouvements incessants qui secouent toujours ces deux régions et avec un gouvernement qui reste gravement empêtré dans les problèmes politiques et n’arrive toujours pas à redresser une économie tunisienne où la croissance n’arrive toujours pas à résorber le chômage. Une économie qui consomme plus qu’elle n’exporte et préfère limiter les importations plutôt que de se pencher sur les moyens de dynamiser les exportations et où l’indice de production était toujours négatif (-3,1 % , durant les 9 mois 2012 par rapport aux 9 mois de 2010 qui est l’année de référence) avec des pics de -58,3 % pour le secteur des mines, de 31,1 % pour le secteur des industries chimiques et une hausse presqu’imperceptible de 1,1 % dans un secteur aussi employeur que celui du cuir et chaussures. Gouverner, c’est prévoir disait Emile de Girardin. Warning donc et peut-être avis de tempête !

Khaled Boumiza.

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