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Les navires qui avaient été arraisonnés pour pêche illégale dans les eaux ouest-africaines ont repris leurs activités comme si de rien n’était. Tel est le constat accablant que dresse le rapport publié aujourd’hui par Greenpeace Afrique (www.Greenpeace.org/africa/fr) à l’occasion de la Journée mondiale de la pêche. Ce rapport, intitulé « Le coût de la destruction des océans », montre que les pêcheurs africains et les communautés locales continuent de subir les conséquences de la surpêche et de la pêche illégale au large de l’Afrique de l’Ouest. Il présente également des recommandations précises à l’attention des gouvernements en vue de résoudre cette crise. [1]

Greenpeace appelle les États d’Afrique de l’Ouest, ainsi que les États qui pêchent dans ces eaux ou qui en importent des produits de la pêche, de faire cause commune pour protéger des millions d’Africaines et d’Africains contre le pillage incessant pratiqué par les flottes de pêche industrielle. [2]

Greenpeace demande également aux autorités de divulguer les informations sur les mesures prises contre les navires et les équipages pris en flagrant délit de pêche illégale au cours des patrouilles menées conjointement, au printemps dernier, par Greenpeace et les services de surveillance des pêches.

« La situation actuelle en Afrique de l’Ouest est le résultat non seulement de décennies de surpêche et d’inaction, mais aussi de la non-concrétisation, des engagements pris par les gouvernements des États ouest-africains et des États qui pêchent dans les eaux de la région, comme la Chine, la Corée du Sud ou les pays de l’Union européenne. Ces pays doivent changer d’approche et mettre, enfin, en œuvre les mesures essentielles à la survie des communautés côtières – qui paient le prix fort de cette situation qui n’a que trop duré », déclare Pavel Klinckhamers, Responsable de projet à Greenpeace.

Au printemps 2017, en vingt jours, Greenpeace et les inspecteurs des pêches de la Guinée, de la Guinée-Bissau, de la Sierra Leone et du Sénégal avaient pris en flagrant délit 17 bateaux qui ne respectaient pas les lois en vigueur ; 11 d’entre eux avaient été arraisonnés pour transbordement illégal, activités enfreignant les conditions définies par leur licence de pêche, utilisation d’engins de pêche non autorisés et prélèvement d’ailerons de requins, entre autres infractions.

Pourtant, à peine six mois plus tard, ces 17 bateaux sont toujours autorisés à pêcher dans les eaux ouest-africaines. Dans la plupart des cas, les autorités n’ont pas donné suite aux demandes de Greenpeace concernant les sanctions juridiques prises à l’encontre de ces navires. Les autorités chinoises ont instruit les autorités provinciales, d’où sont originaires certains de ces navires, de sanctionner les capitaines impliqués dans ces activités illégales – pour certains d’entre eux, les subventions dont ils bénéficiaient ont été suspendues. L’absence d’information, dans certains pays côtiers, sur les navires arraisonnés est symptomatique du manque de transparence des gouvernements en matière de politique des pêches, alors qu’ils sont tenus de rendre des comptes.

« Les pays d’Afrique de l’Ouest continuent de signer des accords de pêche opaques avec des pays étrangers sans mettre en place les moyens de surveiller leurs activités, et sans prendre suffisamment en considération les intérêts des pêcheurs artisans. Résultat : ce sont l’environnement marin, les pêcheurs locaux et les populations africaines qui en subissent les préjudices », ajoute Pavel Klinckhamers.

L’un des principaux acteurs de la pêche dans la région, la Chine, est actuellement en train de revoir sa Réglementation relative à la gestion de la pêche lointaine [3] afin d’y inclure, notamment, des sanctions contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN). Cependant, il est essentiel de garantir la transparence, l’application effective et le renforcement des régimes de sanctions des pays côtiers d’Afrique de l’Ouest. Par ailleurs, de nouveaux accords de pêche sont en passe d’être conclus. Le mois dernier, la Chine a signé des accords de pêche à long terme avec la Sierra Leone (http://APO.af/1ResDD) et la Mauritanie (http://APO.af/mgJMQg) alors que l’Union européenne et la Guinée-Bissau sont en pour parler pour un nouvel accord devant remplacer celui qui en cours et qui arrive à échéance ce mois-ci [4]. D’après des informations non confirmées, le Sénégal et la Russie ont également entamé des discussions pour autoriser de nouveau la flotte industrielle russe dans les eaux sénégalaises, desquelles elle avait été exclue en 2012.

« Il n’y a pas de solution miracle. Il faut que tous les acteurs de la pêche dans les eaux ouest-africaines travaillent de concert. Les États africains, en particulier, doivent gérer ensemble leurs ressources communes et veiller à ce que la pêche artisanale, source de nombreux emplois, soit préservée en priorité. Ce secteur emploie directement un million de personnes et génère trois milliards d’euros de revenus par an. En parallèle, les pays étrangers doivent garantir que leurs flottes ne compromettent pas la durabilité des pêcheries des pays dans lesquelles elles opèrent », explique Dr Ibrahima Cissé, Responsable de la campagne océans pour Greenpeace Afrique.

Depuis plus de 15 ans, Greenpeace dénonce, aux côtés d’autres ONG, la surexploitation des stocks de poissons dans les eaux ouest-africaines et ses graves impacts sur les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et l’emploi de millions de personnes dans cette région. Nous nous attachons également à montrer que des avancées sont possibles et qu’elles passent par une coopération renforcée des pays d’Afrique de l’Ouest et par l’harmonisation de leurs politiques et réglementations des pêches. En réalité, la coopération régionale est déjà au cœur du mandat de la Commission Sous Régionale des Pêches (CSRP), qui regroupe certains pays d’Afrique de l’Ouest, depuis 1985 [5]. Cependant, peu de progrès ont été accomplis à ce jour pour préserver les eaux ouest-africaines, et la situation en mer et ses conséquences sur terre demeurent alarmantes.

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Le navire de Greenpeace, l’Esperanza, a accosté au port de Douala, au Cameroun, pour la première étape de sa tournée en Afrique centrale. Pendant quatre semaines, l’Esperanza naviguera dans les eaux du Cameroun, de la République Démocratique du Congo et de la République du Congo dans le but d’échanger avec les communautés locales et de sensibiliser à l’importance de la forêt du Bassin du Congo. La tournée est dénommée «Donnez une chance à la forêt du Bassin du Congo».

“En menant notre navire en Afrique centrale et au Cameroun pour la première fois, Greenpeace Afrique cherche à souligner son engagement à travailler avec les communautés locales et les parties prenantes dans le but de résoudre les problèmes de l’agriculture industrielle, et de l’exploitation forestière qui sévissent dans la région du Bassin du Congo depuis des décennies” Lindlyn Moma, directrice du programme Greenpeace Afrique.

La forêt du bassin du Congo est la deuxième plus grande forêt tropicale du monde. Plus de 75 millions de personnes et un large éventail d’espèces menacées en dépendent pour leur survie. Cependant, l’exploitation forestière et l’exploitation agricole a grande échelle contribuent trop souvent à la perte de cette forêt et à l’accaparement des terres. Comme conséquence, les communautés locales et indigènes perdent leurs droits coutumiers au détriment des entreprises forestières.

Pendant la visite du navire, les communautés locales entreprendront une série d’activités pour montrer leur soutien à la protection de la forêt du bassin du Congo. Greenpeace Afrique va ainsi répercuter ce soutien sur le plan local et international. Les voix de ces communautés seront entendues sous la forme de danses traditionnelles, de défilés de mode forestière et d’un arbre à souhaits qui captera les doléances des communautés pour leur forêt. Ces doléances seront remises aux dirigeants du monde réunis à Bonn en Allemagne lors de la réunion sur le climat de la COP 23. Le navire sera ouvert au public et des visites guidées du navire seront également organisées à leur intention.

“Nous sommes ravis de pouvoir discuter avec les Camerounais des questions de protection des forêts. La destruction des forêts est une menace majeure pour l’environnement mondial qui dépend de la forêt du bassin du Congo pour réguler les composés carboniques dans notre atmosphère. Il est impératif que la collaboration entre les États soit renforcée pour promouvoir l’aménagement du territoire. Nous devons également encourager l’écotourisme et la foresterie communautaire pour garantir la protection de nos forêts pour les générations présentes et futures» a déclaré Sylvie Djacbou, responsable des forêts en Afrique de Greenpeace.

Pendant les quatre prochaines semaines, l’Esperanza de Greenpeace va accueillir les parties prenantes dans la région pour accroître l’urgence de la nécessité de faire face à l’approche non durable actuelle de la gestion forestière. Ces activités contribueront également à créer un sentiment de fierté et de conservation chez les jeunes de la région.

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