Tags Posts tagged with "H., Hammouda,"

H., Hammouda,

par -
Le chef du gouvernement tunisien

Le chef du gouvernement tunisien, qui découvrait, en début de mois, que la situation de l’économie tunisienne est plus difficile qu’il ne le croyait, fait, depuis quelques jours, sa première tournée internationale. Une tournée qui commence, à notre sens, d’une bizarre manière. Alors que les avions spéciaux de Tunisair, comme la BBJ qui est labélisée République Tunisienne et marquée de son sceau, croupissent au sol et ne trouvent pas repreneur, Mehdi Jomaa préfère donner une mauvaise image d’un chef de gouvernement tunisien et risquer le conflit d’intérêts. Il s’en va, pour cette tournée, louer un avion privé, avec des pilotes étrangers (à moins que Syphax n’ait donné son avion gratuitement !) pour se payer lui et ses ministres, le luxe du gendre de l’ancien président, Sakher El Materi dont l’avion (un Falcon toujours immatriculé SM) a été confisqué et bradé à un prix … à débattre !

Dans ce périple, le chef du gouvernement (Fonction équivalente à un chef d’Etat dans les régimes similaires) se voit « refuser » par le Sultan Kabous d’Oman et recevoir par les seconds couteaux de certaines autres monarchies du Golfe. Des couacs ressentis comme une humiliation par le Tunisien moyen. Une tournée, manifestement, purement politique malgré le déplacement d’un certain nombre d’hommes d’affaires conduits par la présidente de l’Utica.

Au vu de l’état de délabrement des finances publiques et des portes du crédit extérieur qui se referment ou se s’entrebâillent à peine, comme pour le cas du FMI ou de la Banque Mondiale qui posent désormais leurs conditions, il était presqu’acquis que la tournée avait pour but de chercher de nouvelles voies de financement pour le budget.

Des dons, des aides ou de nouveaux crédits, aux conditions moins contraignantes, car venant en théorie de ceux dont Rached Ghannouchi n’arrêtait pas de faire l’éloge. Le Qatar protège certes la confrérie des «Khwanjiya», mais pas la Tunisie laïque et moderniste. Il n’y a pour cela qu’à voir le site, assiégé mais toujours vide, de son projet à Tozeur. L’Arabie Saoudite qui vient de classer les frères musulmans comme organisation terroriste, ne saurait facilement aider un pays où les «Frères» dominent. Quant aux Emirats Arabes Unis, leurs bonnes intentions se mesurent aisément à l’aune de leurs investissements et aux projets qui restent à l’état de promesses. Le Koweït, lui, n’a pas encore mis au rebut sa rancune de la position tunisienne vis-à-vis de l’invasion irakienne pour pouvoir remettre de l’argent dans les caisses du même pays qui avait soutenu Saddam Hussein.

Après cinq jours d’une tournée marathonienne, aucune annonce concrète d’un projet quelconque, d’une aide financière quelconque ou d’un accord de crédit quelconque. A l’exception des 160 MUSD du Fades (Fonds arabe du développement économique et social) dont les crédits sont presque préétablis, rien que des «Salamalecs» politiquement corrects et des vœux pieux pour le renforcement de la coopération bilatérale, avec de temps à autre, la timide évocation du secteur du tourisme ou de la sécurité. «Il y a un appui en matière de lutte anti-terroriste et on parlera après de la forme de cet appui», dira le ministre des Finances au micro de Wassim Belarbi.

Par la voix du ministre de l’Economie et des Finances, le mardi 18 mars, sur la radio Express Fm, on découvre que le voyage n’était qu’une tentative d’opération de communication autour des derniers développements politiques qu’a connus la Tunisie. «L’objet de cette visite est de parler du développement des relations … et la confirmation de la sortie de la période de crise politique», dira Hakim Hammouda. Le temps a cependant effrité l’effet de ces changements et les communicateurs de Mehdi Jomaa se seraient manifestement trompés de cible. La tournée, Jomaa qui a raté Davos, aurait dû la faire plus tôt et chez les pays pour qui la démocratie est une vraie condition sine qua none du développement. Le monde arabe, séculairement oligarque, n’est pas de ce rivage.

Hammouda dilapidera ensuite, tout espoir d’un appui financier comme le font les pays et les organisations européennes. Il essayera ainsi de faire contre mauvaise fortune bon cœur, se rebiffe et déclare que, «nous ne sommes pas allés demander de l’argent. Nous ne nous permettrons pas de revenir avec un chèque». A croire qu’ils leur en été proposé un et qu’ils l’auraient refusé ! Et de signer ensuite le «pshiiit» financier de cette tournée de cinq jours, en déclarant que «cette visite, malgré l’appui que nous avons trouvé [ndlr : on notera l’absence de l’adjectif financier], ne changera rien à la situation difficile et délicate que nous avons trouvée [ndlr : Renvoi à la déclaration de Mehdi Jomaa du 3 mars]. Ces Etats ne sont pas prêts à financer le déficit du budget. Il est impératif que nous suivions, nous-mêmes la situation du déficit budgétaire [ndlr : De plus de 10 milliards DT] et de prendre toutes les mesures pour l’arrêter ». Fin de citation.

Un proverbe tunisien disait que «il n’y que tes ongles pour te gratter». Les bonnes intentions sont comme les promesses, elles n’engagent que ceux qui y croient. Mehdi Jomaa est un homme qui a toujours fréquenté le monde occidental et travaillé avec des gens, directs, sérieux et pour qui la politique est au service des affaires. Il vient de faire, selon nous, l’amère expérience d’un monde arabe, pour qui les affaires ne sont qu’un outil au service de la politique, qui ne donnent rien pour rien et dont les promesses sont aussi creuses que le désert des Nations qui en compose la majorité. Reste à savoir si cette claque lui servira de leçon pour prendre les mesures qui s’imposent, aussi délicates et amères soient-elles.

Khaled.

par -
Le chef du gouvernement tunisien

Le chef du gouvernement tunisien, qui découvrait, en début de mois, que la situation de l’économie tunisienne est plus difficile qu’il ne le croyait, fait, depuis quelques jours, sa première tournée internationale. Une tournée qui commence, à notre sens, d’une bizarre manière. Alors que les avions spéciaux de Tunisair, comme la BBJ qui est labélisée République Tunisienne et marquée de son sceau, croupissent au sol et ne trouvent pas repreneur, Mehdi Jomaa préfère donner une mauvaise image d’un chef de gouvernement tunisien et risquer le conflit d’intérêts. Il s’en va, pour cette tournée, louer un avion privé, avec des pilotes étrangers (à moins que Syphax n’ait donné son avion gratuitement !) pour se payer lui et ses ministres, le luxe du gendre de l’ancien président, Sakher El Materi dont l’avion (un Falcon toujours immatriculé SM) a été confisqué et bradé à un prix … à débattre !

Dans ce périple, le chef du gouvernement (Fonction équivalente à un chef d’Etat dans les régimes similaires) se voit « refuser » par le Sultan Kabous d’Oman et recevoir par les seconds couteaux de certaines autres monarchies du Golfe. Des couacs ressentis comme une humiliation par le Tunisien moyen. Une tournée, manifestement, purement politique malgré le déplacement d’un certain nombre d’hommes d’affaires conduits par la présidente de l’Utica.

Au vu de l’état de délabrement des finances publiques et des portes du crédit extérieur qui se referment ou se s’entrebâillent à peine, comme pour le cas du FMI ou de la Banque Mondiale qui posent désormais leurs conditions, il était presqu’acquis que la tournée avait pour but de chercher de nouvelles voies de financement pour le budget.

Des dons, des aides ou de nouveaux crédits, aux conditions moins contraignantes, car venant en théorie de ceux dont Rached Ghannouchi n’arrêtait pas de faire l’éloge. Le Qatar protège certes la confrérie des «Khwanjiya», mais pas la Tunisie laïque et moderniste. Il n’y a pour cela qu’à voir le site, assiégé mais toujours vide, de son projet à Tozeur. L’Arabie Saoudite qui vient de classer les frères musulmans comme organisation terroriste, ne saurait facilement aider un pays où les «Frères» dominent. Quant aux Emirats Arabes Unis, leurs bonnes intentions se mesurent aisément à l’aune de leurs investissements et aux projets qui restent à l’état de promesses. Le Koweït, lui, n’a pas encore mis au rebut sa rancune de la position tunisienne vis-à-vis de l’invasion irakienne pour pouvoir remettre de l’argent dans les caisses du même pays qui avait soutenu Saddam Hussein.

Après cinq jours d’une tournée marathonienne, aucune annonce concrète d’un projet quelconque, d’une aide financière quelconque ou d’un accord de crédit quelconque. A l’exception des 160 MUSD du Fades (Fonds arabe du développement économique et social) dont les crédits sont presque préétablis, rien que des «Salamalecs» politiquement corrects et des vœux pieux pour le renforcement de la coopération bilatérale, avec de temps à autre, la timide évocation du secteur du tourisme ou de la sécurité. «Il y a un appui en matière de lutte anti-terroriste et on parlera après de la forme de cet appui», dira le ministre des Finances au micro de Wassim Belarbi.

Par la voix du ministre de l’Economie et des Finances, le mardi 18 mars, sur la radio Express Fm, on découvre que le voyage n’était qu’une tentative d’opération de communication autour des derniers développements politiques qu’a connus la Tunisie. «L’objet de cette visite est de parler du développement des relations … et la confirmation de la sortie de la période de crise politique», dira Hakim Hammouda. Le temps a cependant effrité l’effet de ces changements et les communicateurs de Mehdi Jomaa se seraient manifestement trompés de cible. La tournée, Jomaa qui a raté Davos, aurait dû la faire plus tôt et chez les pays pour qui la démocratie est une vraie condition sine qua none du développement. Le monde arabe, séculairement oligarque, n’est pas de ce rivage.

Hammouda dilapidera ensuite, tout espoir d’un appui financier comme le font les pays et les organisations européennes. Il essayera ainsi de faire contre mauvaise fortune bon cœur, se rebiffe et déclare que, «nous ne sommes pas allés demander de l’argent. Nous ne nous permettrons pas de revenir avec un chèque». A croire qu’ils leur en été proposé un et qu’ils l’auraient refusé ! Et de signer ensuite le «pshiiit» financier de cette tournée de cinq jours, en déclarant que «cette visite, malgré l’appui que nous avons trouvé [ndlr : on notera l’absence de l’adjectif financier], ne changera rien à la situation difficile et délicate que nous avons trouvée [ndlr : Renvoi à la déclaration de Mehdi Jomaa du 3 mars]. Ces Etats ne sont pas prêts à financer le déficit du budget. Il est impératif que nous suivions, nous-mêmes la situation du déficit budgétaire [ndlr : De plus de 10 milliards DT] et de prendre toutes les mesures pour l’arrêter ». Fin de citation.

Un proverbe tunisien disait que «il n’y que tes ongles pour te gratter». Les bonnes intentions sont comme les promesses, elles n’engagent que ceux qui y croient. Mehdi Jomaa est un homme qui a toujours fréquenté le monde occidental et travaillé avec des gens, directs, sérieux et pour qui la politique est au service des affaires. Il vient de faire, selon nous, l’amère expérience d’un monde arabe, pour qui les affaires ne sont qu’un outil au service de la politique, qui ne donnent rien pour rien et dont les promesses sont aussi creuses que le désert des Nations qui en compose la majorité. Reste à savoir si cette claque lui servira de leçon pour prendre les mesures qui s’imposent, aussi délicates et amères soient-elles.

Khaled Boumiza.

INTERVIEW

«La politique africaine ne peut se développer uniquement avec les visites, sporadiques et de courte durée ou seulement à travers le seul ministre des...

AFRIQUE

SPORT

Reseaux Sociaux