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Habib Fourati, INS, Tunisie

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La question de la mesure de pauvreté est l’une des principales préoccupations de l’institut national des statistiques à laquelle a été consacrée, mardi, une conférence de presse pour présenter les méthodologies adoptées pour calculer les indicateurs de pauvreté et de chômage.

Habib Fourati, directeur central à l’institut national de la statistique, a contesté  les derniers chiffres sur la pauvreté et le chômage, annoncés par le ministère des Affaires sociales devant l’Instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique, lesquelles statistiques affirment que 24,7 % de la population vivent sous le seuil de la pauvreté.

Pour déterminer le taux de pauvreté en Tunisie, le ministère des  Affaires sociale a adopté la méthodologie de la Banque mondiale. Celle-ci considère deux lignes distinctes d’appréciation de la pauvreté: la ligne de «pauvreté extrême» et la ligne de «pauvreté supérieure».

La ligne de pauvreté extrême tient compte de l’évaluation du coût des calories dont une personne a besoin chaque jour pour vivre, tandis que la pauvreté supérieure considère le niveau de dépenses en produits non alimentaires. La récente enquête vient de démontrer que 11,5% de la population, soit environ 1,2 millions de Tunisiens, vivent sous le seuil de pauvreté supérieure.

Mais le  directeur central à l’institut national de la statistique  s’est vigoureusement élevé  contre cette méthodologie, dont il a affirmé,  qu’elle  ne prend en compte que certaines catégories sociales de la population tunisienne. Ces spécialistes estiment que le système adopté ne correspond pas «aux standards scientifiques».

La démarche du ministère des Affaires sociales ne tient effectivement pas compte de l’évolution des revenus de ces familles vivant dans la précarité, des revenus qui varient et ne peuvent être appréciés sur un laps de temps défini.
L’estimation se fonde sur le pourcentage de la population vivant avec moins de 2 dollars par jour (1,37 euro ou 2,75 dinars). D’autres pays comme le Maroc (pauvreté supérieure à 13%) et l’Egypte (18%) ont officiellement adopté ce mode de calcul.

En dehors des listes de familles qui perçoivent des allocations de la caisse de Sécurité sociale ou d’allocations inférieures au salaire minimum garanti, le ministère a également tenu compte des familles qui bénéficient de cartes de soins à frais réduits, dont le revenu n’excède pas le salaire minimum.

L’Institut national de la statistique tunisien estime, quant à lui, que les familles profitant d’indemnités, d’allocations vieillesse ou d’autres programmes sociaux ne peuvent pas être considérées comme des familles pauvres, selon le programme en vigueur dans toutes les études scientifiques internationales.

Selon lui,  il s’agit de  calculer un seuil de pauvreté, en partant d’une population de référence à faible revenu. Il s’agit de la frange de la population située autour du 20e  percentile des dépenses des ménages. Le calcul du seuil comporte deux étapes : le calcul de la composante alimentaire et le calcul de la composante non alimentaire du seuil.

La composante alimentaire est calculée sur la base du coût de la calorie de la ration alimentaire et du besoin énergétique minimum de la population de référence. Quant à la composante non alimentaire, à savoir l’habillement, habitation … du seuil, elle est estimée selon les mêmes proportions que celles des dépenses non alimentaires de la population de référence.  Le total des deux composantes, alimentaire et non alimentaire, constitue le seuil de pauvreté.
« Nos  statistiques sont justes et plus crédibles, et nous sommes vraiment étonnés de savoir que  24,7 % de la population vivent sous le seuil de la pauvreté. Cette information est catégoriquement  fausse. Il faut savoir que nous n’avons aucune intention de  falsifier les statistiques, nous travaillons selon les normes internationales. Nous travaillons de manière libre et honnête, nous n’avons aucune pression politique même depuis l’ex-régime du président déchu. L’institut national de la statistique est fondé sur le principe de la transparence. »,a-t-il affirmé.  

Quant à Mona Zogli, représentante de l’institut national de la statistique, elle a précisé que l’institut est en train d’élaborer de nouvelles mesures de facilitation pour l’accès aux statistiques de l’INS  sur tous les plans à savoir la mise en œuvre de systèmes très modernes  pour recevoir les derniers  publications de l’institut via SMS. 
Nadia Ben Tamansourt

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