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Hafez Ghanem

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Le modèle économique de la Tunisie a été couronné de résultats positifs et a aidé le pays à mettre en place les éléments de base d’une économie saine et productive, mais il n’a pas inclus de larges segments de la société, en particulier les jeunes, les femmes et les citoyens des régions intérieures. C’est le constat posé par le vice-président de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Hafez Ghanem.

Dans une interview à Oxford Business Group, il a expliqué que la réalisation de la croissance inclusive nécessitera une action sur trois fronts. Tout d’ abord, la réforme de l’éducation est très importante pour faire en sorte que les jeunes soient prêts à saisir les opportunités économiques et la concurrence sur un marché du 21e siècle. La Tunisie, comme d’autres pays de la région, a considérablement élargi l’accès à l’éducation, ce qui est louable. Cependant, la qualité de l’éducation n’a pas été améliorée parallèlement à cette scolarisation. Il est nécessaire de renforcer l’enseignement des mathématiques et des sciences, et de revoir les méthodes d’enseignement en mettant l’accent sur les compétences du 21e siècle comme la résolution de problèmes, la créativité et le travail en équipe.

L’autre priorité soulignée par le vice-président de la Banque mondiale concerne l’amélioration du climat d’investissement et l’encouragement des petites et moyennes entreprises pour en faire un moteur de croissance et de création d’emplois. Engager la Tunisie sur la voie de la croissance inclusive requiert, entre autres, un environnement des affaires qui soit ouvert et qui favorise l’émergence d’un secteur privé dynamique. Uniformiser les règles du jeu favoriserait la concurrence nécessaire pour générer de la croissance et de l’emploi, ce qui permettra également d’éviter l’accaparement des ressources par les élites créant ainsi des opportunités pour le plus grand nombre plutôt que pour quelques-uns.

Troisièmement, la Tunisie a besoin de moderniser son système de protection sociale. Cela signifie une rupture avec les subventions et la mise en place d’un système de protection sociale fondé sur les transferts de fonds qui ciblent ceux qui en ont vraiment besoin. Telle est l’approche utilisée partout dans le monde. C’est l’approche du 21e siècle et, elle a vocation non seulement à promouvoir l’équité, mais à permettre une utilisation beaucoup plus efficace des ressources.

Femmes : le paradoxe tunisien

Interrogé par OBG sur le rôle des femmes dans cette configuration, le vice-président de la BM a trouvé « surprenant de constater que, eu égard à tous les progrès réalisés par les femmes tunisiennes, leur taux de participation dans la population active est si faible, se situant dans une fourchette de 20-25% ». Il est plus faible que dans la plupart des pays d’Afrique sub-saharienne en dépit du système d’éducation et du cadre juridique et légal très progressiste. Non seulement la Tunisie a réussi à atteindre la parité en matière d’éducation, mais elle compte plus de femmes que d’hommes ayant achevé le cursus universitaire. Pourtant, a-t-il regretté, nous voyons que les femmes ne participent pas à la vie active, et quand elles le font, leur taux de chômage est beaucoup plus élevé que celui des hommes, et leurs salaires sont beaucoup plus bas.

Tout cela pose problème, et pour trois raisons. La première raison, qui est la plus évidente, est que nous n’utilisons pas les capacités de toutes les femmes diplômées de l’enseignement supérieur. La deuxième raison et probablement la plus importante, a trait à l’inclusion, notamment l’inclusion économique qui se décline dans l’expansion de la classe moyenne. Comment peut-on élargir la classe moyenne, s’est-il demandé en citant les familles appartenant à la classe moyenne en Grande-Bretagne, en France ou au Japon, qui, toutes, ont ceci de commun qu’elles comptent deux adultes qui travaillent. On ne peut pas créer une classe moyenne, ni promouvoir l’inclusion, dans des sociétés où les familles n’ont qu’un seul adulte qui travaille. Ainsi constituées, les sociétés ne pourront jamais atteindre le même niveau de revenu et de consommation que celui des pays dont les familles ont deux adultes qui travaillent.

Enfin, un autre facteur important est la participation des femmes dans la vie publique. Dans ce domaine, la Tunisie est créditée de quelques acquis importants, en particulier en ce qui concerne le nombre de femmes au Parlement aujourd’hui. Un tiers des parlementaires est constitué de femmes. « Ceci est important pour le développement social en général, et j’espère que la présence et le rôle des femmes sur la scène politique finiront par mener à l’émancipation économique des femmes. Ce sera essentiel pour assurer une croissance plus rapide et plus forte en Tunisie et, tout aussi important, une croissance plus inclusive avec une classe moyenne plus large », souligne le vice-président de la BM pour la région MENA.

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Le vice-président de la Banque mondiale pour la région Moyen Orient-Afrique du Nord (MENA) a déclaré, à Washington, que “la Tunisie doit œuvrer à garantir la stabilité et à améliorer la situation sécuritaire pour booster la croissance économique dans le pays”.
Ghannem, qui tenait, mardi, une conférence de presse au siège de la BM à Washington (USA), estime également que la Tunisie a besoin aujourd’hui d’encourager l’investissement dans toutes les régions du pays, en particulier, les régions marginalisées, où les taux de chômage, notamment, des diplômés du supérieur, sont très élevés, soit environ 30%.
La Banque mondiale a publié, mardi, un nouveau rapport intitulé “la reconstruction peut renforcer les opportunités de paix”, dans lequel, elle a mis en exergue la situation économique et les perspectives de croissance dans la région MENA.
Hafedh Ghannem a fait savoir que la BM travaille actuellement avec le gouvernement tunisien pour le lancement d’une nouvelle stratégie de partenariat visant à créer des opportunités d’emploi pour les jeunes et appuyer le secteur privé, notamment, dans les régions sud et ouest de la Tunisie.
“Il s’agit d’aider la Tunisie à investir dans des secteurs à forte employabilité pour les jeunes tels que les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) et l’oléiculture, dont la production est toujours exportée en vrac alors qu’elle pourrait générer une haute valeur ajoutée, une fois emballée et aussi la thalassothérapie”, a développé, la directrice du département Maghreb à la Banque Mondiale, Françoise Marie Nelly, dans une déclaration à l’agence TAP. Pour la région MENA, le rapport de la Banque mondiale prévoit un taux de croissance de 3,2% en 2016, de 4,2% en 2017 et de 3,9% en 2018.

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