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Haluk Bilgi, TAV, Tunisie

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Notre article sur les tenants et les aboutissants de la  révision des conditions financières des deux concessions des aéroports d’Enfidha et de Monastir en faveur de la société ...

Notre article sur les tenants et les aboutissants de la  révision des conditions financières des deux concessions des aéroports d’Enfidha et de Monastir en faveur de la société turque, de droit tunisien, a suscité une première réaction de la part de TAV. Nous avons voulu en savoir plus sur le point de vue de l’opérateur, sur ses perspectives.

Dans ses réponses [Nous lui avons rappelé deux fois qu’il ne parlait pas en « off the record »], le PDG, Haluk Bilgi confirme toutes les informations financières que nous avions rapportées dans notre article sur son entreprise. Il pointe, cependant, accuse, persiste et signe, que les problèmes qu’a vécus l’aéroport de Monastir ne sont pas le fait des employés de TAV Tunisie, mais d’une situation de «crime organisé » que font régner les deux autres concessionnaires que sont DuFry et Newrest dans l’aéroport en étant derrière les mouvements sociaux dans l’aéroport de Monastir. Interview.

Africanmanager : Vous sembliez, en tant que PDG de TAV Tunisie, avoir quelque chose à reprocher à notre article à propos des circonstances dans lesquelles TAV Tunisie a pu obtenir la révision des conditions matérielles des deux concessions des aéroports d’Enfidha et de Monastir.

Haluk Bilgi : Tout ce que vous aviez rapporté dans votre article est vrai. Mais nous étions dans un cas de force majeure et d’évènements imprévisibles qui ont fait que nous ne pouvions rien payer. Mais en lisant votre article, il nous semble que vous nous en voulez pour cela.

S’il vous a semblé que notre journal a quelque chose contre TAV Tunisie, laissez-nous vous dire que nous ne faisions que notre métier de journaliste. Notre question est maintenant de savoir si vous confirmez le résultat net déficitaire de 48 MDT et quelle sera la situation en  termes de chiffre d’affaires et de  résultat net, pour les années 2011 et 2012 ?

Je confirme la perte de 48 MDT pour 2010. Le gouvernement tunisien est cependant partenaire dans le gain, pas des les pertes.  Pour 2011 et 2012, les pertes sont estimées à la même somme, c’est-à-dire 48 MDT. Malgré toutes ces pertes, nous avons tenu à payer tous les salaires, les heures supplémentaires, les bonus et avons payé tous nos fournisseurs et nous n’avons failli à aucun engagement financier envers qui que ce soit.

Comment va se comporter TAV Tunisie avec ses créanciers et ses financiers, au vu de ces pertes qui ne s’arrêteront pas en 2012,  autrement dit, comment allez-vous faire pour honorer toutes vos dettes ?

Nous injecterons toujours de l’argent frais.

Combien ?

Chaque année ce qu’il faut pour équilibrer la balance par le biais de TAV International et nos deux partenaires la BAD et la SFI. Ce n’est pas chose facile avec la situation sociale à Monastir et celle du trafic à Enfidha. Nous le faisons, cependant, parce que nous croyons fermement dans le futur de la Tunisie. Nous croyons que ce pays peut faire 10 millions sur cette région, 4 millions sur Monastir et 6 millions sur Enfidha, dans les cinq prochaines années.

Votre demande de révision des conditions matérielles des deux aéroports a pourtant été motivée par une étude qui parlait d’une baisse de 65 % du trafic aérien !

Cela était valable pour le passé.

Pourquoi avoir donc demandé révision pour les deux ou trois prochaines années ?

Car, il s’agit de résorber le déficit avant de payer. Nous payons les redevances sur la base de bénéfices. Nous faisons des gains et nous payons ensuite le gouvernement. Pour le passé, nous avons payé. Nous avons payé 550 millions d’euros d’investissements, plus 150 millions d’euros en taxes, sécurité sociale et pour la concession. Nous avons employé 5000 personnes tunisiennes durant la période d’investissement. Le trafic a baissé de 6 à 2 millions de passagers. Pour y faire face et garantir la pérennité de cet investissement, sous recevons de l’aide de nos partenaires, mais le gouvernement tunisien aussi doit nous aider. Vous dites dans votre article que cette révision des conditions des concessions a été prise trop vite. Je voudrais ici souligner que les discussions ont commencé depuis 2010, que, dans la commission, il y avait 7 ministres et que ces 7 ministres ont donné leur accord, et vous imaginez le degré de bureaucratie lorsqu’on a affaire à 7 ministres. Dire donc que la décision a été prise trop vite n’est pas très juste.

Vous avez commencé à travailler bien avant la Révolution tunisienne et tout le Printemps arabe pour pouvoir l’invoquer en tant que cause de vos problèmes. Mais peut-être que votre Business Plan n’était pas bien ficelé ?

Croyez-vous que des institutions comme la BAD, la SFI et 70 banques comme la Société Générale, Goldman & Sachs, auraient accepté de mettre de l’argent dans un projet non rentable et si la stratégie était non valable. Notre Business Plan est OK, mais nous ne somme pas indépendants de l’environnement où nous travaillons. Nos prévisions de trafics sont faites par un cabinet anglais très connu et nous attendons à une hausse de 21 % pour 21012, et ceci a été notre meilleur argument lors des dernières discussions avec le gouvernement tunisien concernant les résultats financiers.

Quand pensez-vous que la situation va s’améliorer en matière de trafic de passagers ?

Le principal du trafic est constitué par le tourisme. Dès que le pays deviendra stable, que la sécurité s’améliorera, nous sommes sûrs que les touristes reviendront. Prenez l’exemple du Maroc et de la Turquie. Dès l’ouverture du ciel, le trafic a enregistré une hausse de 29 %. Libérez le ciel tunisien et le trafic aérien augmentera. Nous savons que cela reste dans les priorités du gouvernement tunisien, mais n’est pas encore sur son agenda, mais nous pensons que les résultats seront immédiats dès la libéralisation du ciel tunisien.

Pensez-vous que vous allez être obligés de demander une autre révision des conditions de vos deux concessions, après 2012 ?

Actuellement, il nous est impossible de calculer le risque politique. Je dirais même que la situation dans la Libye voisine est plus importante. On ne peut pas demander aux touristes de venir, tant qu’il y a la guerre en Libye. Nous attendrons donc pour voir, les résultats financiers pour les prochaines années.

Quelle est actuellement la situation sociale dans l’aéroport de Monastir ?

Elle s’est nettement stabilisée et l’aéroport est totalement opérationnel. Le problème à Monastir n’est pas social ou financier. Le problème, c’est la présence commerciale des anciens concessionnaires  dont les contrats viendront bientôt à terme. Ils ne veulent pas quitter le pays. Il y a une organisation criminelle et mafieuse qui mobilise le syndicat.

De qui parlez-vous ?

De la société DuFry, la société qui gère le Free-shop. Nous avons fait appel à des sociologues qui ont travaillé pendant 6 mois afin de déterminer, pour nous, l’origine du problème à Monastir. La conclusion a été que le problème n’est pas à caractère social. Les salariés ont toujours été payés par TAV, salaires et primes compris, malgré la Révolution et la baisse du trafic. Le problème est le crime organisé qui règne là-bas. C’est tout. Le gouvernement est au courant et a déjà pris les mesures nécessaires pour y remédier. C’est tout ce que je peux dire.

Il n’y a jamais eu de mouvements sociaux, de grèves ou de sit-in ?

A Enfidha non. Ils sont au contraire très heureux que nous créions de l’emploi pour la région. Vous pouvez le constater, c’est très calme. A Monastir, tous les problèmes qui existent ne proviennent pas des employés de la compagnie TAV.

Pensez-vous que TAV a rempli la totalité de son contrat, notamment en ce qui concerne la seconde piste qui devait être bâtie ?

La seconde piste n’a jamais existé dans le contrat. Nous la construirons lorsque nous atteindrons un niveau de trafic de 15 millions par an.

On accuse aussi généralement TAV Tunisie de détourner les avions de Monastir vers Enfidha. Qu’elle est votre réponse ?

C’est vrai. On nous accuse toujours de cela. On dit aussi que nous payons aussi les pilotes pour atterrir à Enfidha. En 2010, nous n’avons eu que 400 mille passagers à Enfidha. Dans le secteur du tourisme, ce sont les TO qui décident dans quel aéroport les avions atterrissent. Nous pensons que les deux aéroports sont complémentaires non compétiteurs.

 Peut-être ces accusations sont-elles dues au fait que le chiffre d’affaires d’Enfidha est peut-être plus important que celui de Monastir !

(Rire) j’espère qu’il le sera. Mais pour dire la vérité, notre chiffre d’affaires par passager est effectivement plus important. Vous savez pourquoi ? Parce que DuFry et Newrest [NDLR : La société de Catering] volent l’argent du gouvernement. DuFry ne paie que 32 % de concession à l’Etat à Monastir alors que nous percevons à Enfidha 42 % et nous sommes obligés de maintenir leurs contrats, jusqu’à 2014.

 On comprend alors que les contrats de DuFry et de Newrest Tunisie ne seront pas renouvelés au-delà de 2014 ?
Ils paieront le même pourcentage ou ils quitteront. Nous ferons pour cela un nouvel appel d’offres. La décision sera celle du plus offrant, et il y a déjà d’autres compagnies qui sont intéressées.

Propos recueillis par Khaled Boumiza.

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