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Hatem M’rad

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Hatem M’rad

Hatem M’rad, Professeur de sciences politiques et président fondateur de l’Association Tunisienne d’Etudes Politiques, affirme que la Tunisie est encore en transition de crise notamment avec les violences et les ligues de la protection de la révolution. Tous ces moyens violents sont en train de gâcher la révolution.

Et le projet loi « l’immunisation de la Révolution » est une mesure spectaculaire pour chasser les éléments de la contre-révolution. Interview

Que pensez-vous du projet loi relatif à « l’immunisation de la Révolution » ?

Ce projet, comme son nom l’indique, vise au renforcement politique de la révolution. Donc, d’après les études et les législations comparées, il y a plusieurs manières d’entreprendre les réformes d’exclusion politique après l’avènement d’une révolution et le grand changement politique. Il y a eu des expériences comparées très diverses. Dans plusieurs pays de l’Est, cela a été fait dans le cadre de la réconciliation nationale. Il y a eu des exclusions, mais qui sont très limitées et contrôlées par les tribunaux et les cours constitutionnelles, alors que ce n’est pas le cas dudit projet.

Pourquoi ?

Ce projet sera établi en l’absence d’une constitution et en l’absence d’une cour constitutionnelle ayant mission de contrôler la nature et les effets de cette loi, qui va inter venir dans une période de trouble de la vie politique tunisienne avec un mauvais timing. Pis, la vie politique n’est plus sereine.

Donc, c’est de la politique. De plus, il est mal formulé juridiquement.

En tant que politologue, quelle est la finalité réelle de ce projet ?

A une période ou Nidaa Tounes est monté dans les sondages en se renforçant à travers les adhésions, et à une période où les alliés d’Ennahdha sont sur un déclin spectaculaire dans ces sondages et à une époque où on a des troubles économiques, sociopolitiques qui sont devenues insurmontables pour les partis au pouvoir, Ennahdha a essayé de se signaler par une mesure spectaculaire comme ladite loi pour chasser les éléments de la contre-révolution.

En effet, le projet loi de l’immunisation de la Révolution vise essentiellement les éléments qui sont contre la révolution, c’est-à-dire les anciens du RCD, alors que les contre-révolutions en science politique se déclinent dans un concept précis. La révolution regarde devant alors que la contre-révolution regarde en arrière. Donc, tout c’est qui est de nature à entraver la progression et le fait d’aller en avant de la révolution est supposé être une sorte de retour en arrière.

De manière générale, les contre-révolutions recouvrent tous ceux qui viennent défendre l’ancien régime ou même les idées ou les comportements (violence, dictature, torture etc..) du passé.

Vous signalez que le projet aura pour mission d’exclure les ex-Rcdistes alors qu’Ennahdha n’a pas cessé de démentir ces préjugés?

Si le projet ne vise personne, alors, pourquoi Ennahdha n’attendra pas la rédaction de Constitution qui est en cours déjà.

Je pense que le pouvoir politique et la majorité ont montré à l’opinion publique que cette loi est objective et honnête, puisqu’elle va être adoptée après l’adoption de la Constitution et la mise en place d’une cour constitutionnelle. C’est ainsi que l’on donne des garanties aux citoyens qui sont visés par cette loi de l’ancien régime.

Mais, ce n’est pas eux qui disent qu’il y a une garantie et que les dispositions du projet permettent à tous ceux qui ont été intégrés dans la liste de faire recours devant le tribunal administratif.

Je pense que ce n’est pas suffisant. La garantie, à mon avis, est le respect des principes suprêmes fondamentaux de la nation, c’est-à-dire la constitution.

Politiquement, après une révolution démocratique qui a été réussie, celle de l’assemblée constituante, on est en train de gâcher une occasion historique de réconcilier tous les Tunisiens.

On aurait pu s’attarder sur un gouvernement d’un consensus, on aurait pu élargir le gouvernement en intégrant plusieurs partis politique pour montrer à l’opinion public que le pays est en train de se mouvoir dans le sens de la réconciliation et de sortir la transition de crise actuelle vers la transition de compromis.

On est encore en transition de crise. Les élections de 23 octobre pouvaient être considérées comme un pas vers la transition de compromis. Mais on a gâché cette dernière avec beaucoup de persécutions, avec les violences, les ligues de la protection de la révolution, les salafistes qui ont attaqué l’ambassade américaine. Tous ces moyens violents sont en train de gâcher la révolution.

En s’appuyant sur les autres expériences, que faut-il faire pour ne pas tomber dans les effets néfastes de ce genre du projet ?

C’est qu’il faut faire, c’est ce que l’UGTT a proposé déjà de faire, c’est-à-dire réunir tous les partis pour adopter une plateforme de réconciliation nationale qui devait aboutir logiquement à l’élargissement de la composition gouvernementale vers d’autres partis politiques. Sinon on n’aura pas l’occasion de calmer le jeu et il y aura toujours ce face à face dans le pays entre Ennahdha et Nidaa Tounes.

Wiem Thebti

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