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Hosni Djemmali

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La profession de l’hôtellerie est, depuis quelques temps, ébranlée par une affaire qui oppose une banque marocaine de droit tunisien (58,98 % du capital entre les mains d’Andalucarthage Holding), à un hôtelier tuniso-français, de surcroît propriétaire d’un Sangho à Marrakech, la perle du désert marocain, un pays où il a très bonne presse.

En effet, nous apprenons, selon notre correspondant à Sfax qui cite une source sûre et proche du dossier dans la capitale du Sud tunisien, que la banque marocaine de droit tunisien Attijari Bank, vient de rater le rachat, pour son propre compte, de la totalité d’un hôtel du groupe Sangho, présidé par l’homme d’affaires Hosni Djemmali. Un groupe, qui s’était pourtant développé en harmonie, depuis 35 ans, avec l’ex banque du Sud et qui semble être victime d’une incompréhension totale avec son banquier successeur de la banque du Sud, Attijari Bank.

Pour la petite histoire, Sangho avait contracté un crédit auprès de la banque en question. La situation du secteur touristique tunisien devenant catastrophique, à cause notamment des actes terroristes qui ont visé la Tunisie, le groupe Sangho et son patron Hosni Djemmali se retrouvent dans l’impossibilité de rembourser. Son cas, faut-il le remarquer, n’est pas unique en Tunisie où les dettes du secteur hôtelier se chiffrent en milliards DT, à cause justement des crises successives du secteur.

La demande du groupe Sangho à sa banque pour trouver une solution de rééchelonnement de la dette est aussi refusée, et la banque créditrice décide de vendre le quatre-étoiles du groupe, l’hôtel Syphax à Sfax, dont les murs seulement sont estimés par la banque elle-même à un coût de 13 MDT. Cette dernière ne trouvera pas repreneur, étant donné la situation économique et celle du tourisme en particulier, pour les causes citées plus haut.

La banque marocaine de droit tunisien, persiste pourtant, ignore le contexte et décide d’acheter elle-même l’hôtel invendu, après l’avoir remis en vente judiciaire avec une décote de 40 % sur l’estimation de 13 MDT, soit pour 8 MDT. Du coup, elle empoche, non seulement les murs, mais aussi la différence entre l’estimation et le prix de cession, soit 5 MD. Du beau travail pour cette institution financière dont le capital est en majorité détenu par des étrangers, et censée contribuer au développement de l’économie et des promoteurs tunisiens.

La tentative d’Attijari Bank fera cependant pschitt après que l’avocat du groupe a obtenu le déclenchement d’une procédure de règlement judiciaire en faveur de sa «Société hôtelière et touristique Syphax», propriétaire de l’hôtel. Désormais sous couvert de la loi 95 qui gèle automatiquement les éventuelles poursuites, bien que dans un délai qui laisse à penser, Sangho dispose ainsi d’une période d’observation pouvant aller jusqu’à un an pour trouver une solution dans la mesure où Attijari le souhaite ou préfère-t-elle refuser tout arrangement. La dette provisionnée a 100%, tout produit de la vente est un bénéfice qui sera transféré au Maroc.

Est-il dans l’intérêt de la banque de vendre afin de rembourser le crédit ? Selon nos sources, cette dette serait pourtant totalement amortie. De plus, selon certaines estimations, le patrimoine Sangho vaudrait grosso modo 2,5 à 3 fois la dette du groupe. Il n’y aurait donc pas le feu à la baraque. Selon les mêmes sources, le groupe Sangho reste bancable et ne risque pas de mettre à mal les comptes d’Attijari.

La question se pose aussi pourquoi cet empressement d’Attijari à vendre, alors que la conjoncture du secteur touristique est ce qu’elle est en Tunisie et ses incidences générales pour toutes les banques. Mais surtout, alors que Djemmali a été l’un des premiers investisseurs touristiques à Marrakech au Maroc où il dispose d’un autre fleuron du tourisme marocain du même nom, le Sangho, Il a fait confiance au Maroc qui apparemment le lui rend différemment.

Autres interrogations, somme toutes légitimes, le cas Sangho serait-il le seul dans la liste des impayés de la banque ? Le groupe Sangho n’ayant pas que le Syphax, pourquoi Attijari ne s’est intéressée qu’à cet hôtel particulièrement ? Y a-t-il un loup derrière les fagots ?

Interrogé à propos de tout cela, Hosni Djemmali n’a pas souhaité s’exprimer. Attijari de son côté, banque cotée sur la bourse de Tunis et sa vie concernant tous ses actionnaires, boycotte déjà depuis plusieurs mois notre journal. Toute réponse de sa part reste cependant la bienvenue.

 

 

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