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Houcine Dimassi, Mehdi Jomaa,

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L’économiste et ancien ministre des Finances

L’économiste et ancien ministre des Finances, Houcine Dimassi, ne trouve nul motif d’être rassuré par la conjoncture économique de la Tunisie, aggravée par un « terrible legs » dû à une chaîne d’erreurs.

Ces erreurs, à son avis, ont fortement impacté l’économie tunisienne qui ne cesse de donner des signes d’essoufflement de plus en plus aigus, et les issues sont loin d’être évidentes. En effet, la quasi-totalité des indicateurs macro-économiques piétinent, voire régressent carrément : taux de croissance en recul, tourisme en régression de 13% et un déficit budgétaire en aggravation avec un taux qui est passé de 1% du PIB, en 2010, à 6,8%, en 2013. De même, les déséquilibres macroéconomiques s’accentuent, et ce aussi bien au niveau des paiements extérieurs que des finances publiques.

Quant à l’inflation, jugée élevée, elle devrait se stabiliser à 6%, durant l’année en cours, même si la tendance inflationniste de l’indice des prix à la consommation a atteint 6,1%, en novembre.

Il ne suffit pas d’avoir l’intention de réformer

Les indicateurs sont donc alarmants. Et Houcine Dimassi estime, dans ce contexte, qu’« il ne faut pas croire en matière économique qu’il suffit d’avoir l’intention de corriger, de réformer et de changer pour qu’on puisse le faire rapidement, et ce de façon concrète et satisfaisante ». Et d’ajouter : « c’est une fausse perception. Tout ce qui va être créé sur la base d’un cumul d’erreurs, serait sans doute terriblement complexe surtout si on tente de corriger dans un laps du temps très court, comme c’est le cas pour Mehdi Jomaa ».

Houcine Dimassi a, néanmoins, formé l’espoir de voir Mehdi Jomaa gagner deux paris principaux. Il s’agit de stopper la diffusion du mal dans la société, particulièrement le mal économique et politique. « Si Mehdi Jomaa arrivait à y mettre fin, ce serait magnifique sans justement prétendre pouvoir le faire, dans quelques mois, plus est, dans une situation et conjoncture exceptionnelle», a encore estimé l’ex ministre des Finances.

Viendra ensuite la reprise de confiance des Tunisiens qui demeure une mission ardue.

Une lourde responsabilité incombe donc au nouveau chef du gouvernement dont la désignation n’est qu’un début de solution car le chemin est encore long pour parachever la formation d’un gouvernement en conformité avec les critères exigés.

Houcine Dimassi a appelé également Mahdi Jomaa à ne pas se soumettre à la domination d’Ennadha, chef de file de la coalition, pour devoir et pouvoir réussir dans cette mission. « S’il n’arrive pas à avoir un minimum d’autonomie vis-à-vis ce parti, ce sera à coup sûr l’échec » a-t-il averti.

Mahdi Jomaa veut apaiser

Réagissant à la déclaration de Mehdi Jomaa, à l’occasion de la commémoration de troisième année de la révolution, dans laquelle il a exprimé son intention de réaliser une révolution économique , Houcine Dimassi a indiqué qu’il s’agit d’un message visant à rassurer un tant soit peu un peuple encore inquiet.

Houcine Dimassi a considéré qu’il s’agit d’un excès de langage puisque « nous vivons une période de transition et non plus une période de révolution ». Pour lui, la transition signifie la gestion de l’existant en essayant de temporiser le plus possible s’agissant des risques et des insuffisances autant que des problèmes qui se posent aujourd’hui à l’échelle à la fois politique et socioéconomique

La réussite de Mehdi Jomaa tributaire de son comportement et de sa façon d’agir

Interrogé sur la capacité de Mehdi Jomaa à réussir à la tête de la présidence du gouvernement, Houcine Dimassi a relevé que cela reste tributaire de sa façon d’agir et de capacité de résister.

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