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On sait désormais avec certitude que 20 entreprises industrielles ont été très durement touchées  (certaines unités ont été totalement détruites) par les débordements de la Révolution qui avait pourtant démarré sur un amer constat de manque d’emplois. Rien que dans le secteur de l’électrique et de l’électroménager, les pertes sont estimées à 50 MDT. Une situation qui a eu pour effet direct une baisse de 10 % de la production nationale, selon le ministre de l’industrie Afif Chelbi qui intervenait lundi à la Radio Nationale et une baisse de 7 % des exportations au 20 janvier 2011 (1200 MDT contre 1300 MDT pour la même période de 2010).

Tout cela aurait pu être un simple dommage collatéral d’une Révolution dont le but est d’installer une démocratie adossée à une économie forte. Une lourde menace pèse cependant, depuis quelques semaines, sur les 700 mille emplois que représente le secteur industriel, toutes activités confondues. La menace est encore  plus précise sur les 400 mille emplois des industries totalement exportatrices. Elle est, en plus, intérieure, née de la pression ouvrière qui exige maintenant de nouvelles augmentations salariales notamment, et menace pour cela les entreprises d’arrêt de travail. Cela avait pourtant été clairement dit par le représentant de Leoni à Sousse dans une intervention télévisée quelques jours seulement après la révolution du 14 janvier.

Depuis, les informations se succèdent, non réconfortantes. On croit ainsi savoir que les ouvriers d’un important groupe dans la région de Soliman seraient en grève depuis quelques jours. Hier lundi aussi, on nous rapportait le cas d’une entreprise étrangère installée en Tunisie et dont les ouvriers ont bloqué les conteneurs à l’export sous peine d’une décision instantanée d’augmentation salariale. Lundi aussi, un consultant financier nous citait la décision d’une entreprise totalement exportatrice de rapatrier ses cadres étrangers, de renvoyer tous ses employès locaux et sa décision de relocaliser son unité industrielle ailleurs qu’en Tunisie.  Hier encore, la Stam était  en grève au Port de Radès, générant une perte moyenne de 30 MDT par jour dont 10 MDT en marchandises non débarquées, et en bateaux restés à quai et qui ne fonctionnent pas. Les exemples abondent. La situation semble en tout cas à ce point critique qu’une délégation d’entreprises étrangères installées à Tunis et totalement exportatrices a demandé et obtenu un RDV urgent avec le ministre du Développement, Nouri Jouini et avec la DG de la Fipa (Foreign Investment promotion agency), pour discuter de la situation de blocage de leurs entreprises par les syndicats qui semblent désormais en dehors de tout contrôle de l’UGTT, en proie elle-même à plus d’une dissension interne.

Certaines de ces entreprises, notamment Yazaki, Airbus industries et Peugeot, penseraient déjà, selon des informations professionnelles, à réorienter leurs commandes vers d’autres entreprises installées dans des pays voisins et des pays de l’Europe de l’Est, et cela pour cause de fortes perturbations sur leurs lignes de production liées à des entreprises étrangères qui ne veulent souffrir aucun retard de commande. On ne parlera pas du textile, un secteur qui travaille en flux tendu avec des donneurs d’ordres et des centrales d’achat dont les commandes doivent être honorées en temps et en heure, sous peine d’être aussi redirigées vers des zones de production socialement plus stables.

Pour l’instant, le syndicat ouvrier ne semble guère s’en soucier , se permettant même de répondre à certains membres du gouvernement qu’ «il ne faut pas avoir peur de la fuite des investisseurs étrangers. L’appareil de production est là et nous reprendrons nous-mêmes la production et l’exportation». Abid Briki, membre du bureau exécutif de l’UGTT, qui répondait lundi au cri d’alarme du ministre de l’Industrie sur les ondes de la Radio nationale tunisienne, expliquait la tension sociale par des «divergences que nous avons avec le gouvernement de transition à propos notamment de la composition des commissions d’enquête sur la corruption et sur les dépassements» !!

Tout cela fait dire à plus d’un observateur local de l’évolution de la scène économique tunisienne qu’une contre-révolution est en marche pour mettre, économiquement la Tunisie à genoux et  pour faire avorter sa révolution politique et sociale. Y a-t-il un pilote dans l’avion pour arrêter ces contre-révolutionnaires ?

L’interrogation est d’autant plus opportune que le pouvoir en place, autrement dit le gouvernement d’unité nationale présente des fragilités que sont venues accentuer les concessions qu’il n’a de cesse de faire bien avant sa formation effective. Dès lors, il se place dans une position de faiblesse dont nombreux ceux qui pensent tirer profit pour multiplier les revendications et réclamer tout et tout de suite, sans savoir ou feindre de savoir que toute l’économie risque d’y laisser des plumes.

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