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Institut Amadeus

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La cour royale du Maroc a émis un avertissement sévère mardi   à la

L’Afrique, notamment grâce à l’infatigable Mohamed IV qui n’hésite pas à prendre son bâton de pèlerin pour de longues virées sur le continent, capte près de la moitié des investissements marocains à l’étranger. C’est énorme. Pourtant, paradoxe suprême, l’an dernier seules 525 entreprises marocaines figuraient sur la liste des boites jugées très rodées à l’export. L’Institut Amadeus s’est penché sur cette étrange affaire.

Selon lui, le Maroc se situe à la 46e position des partenaires commerciaux du continent, un classement peu glorieux au regard de la débauche d’énergie du roi pour faire prospérer les grandes entreprises publiques et les ténors du privé en Afrique. Le rapport de l’Institut Amadeus l’explique par le fait que les PME marocaines ont le plus grand mal à suivre le rythme et à embrayer après que les autorités leur ont ouvert la voie. Et la première raison, d’après l’enquête, est que le pays n’a pas suffisamment d’entreprises assez costaudes pour se faire une place au soleil à l’export. Reste à savoir si le gouvernement marocain fait ce qu’il faut pour installer sur la rampe de l’export les rares entreprises taillées pour le marché africain.

De l’avis des experts de l’Institut Amadeus, les autorités marocaines sont à la hauteur des exigences des entreprises du pays qui vont à l’assaut du continent. Maroc Export, la Société marocaine d’assurance à l’export (Smaex), l’Association marocaine des exportateurs, le Conseil national du commerce extérieur (CNCE), le ministère du Commerce extérieur, les conseillers économiques des ambassades se dépensent sans compter pour mettre les Marocains en pôle position, en dépit de l’âpreté et de la complexité du terrain, notamment la jungle administrative et législative.

Beaucoup a été fait

« On dispose d’une batterie de mesures pour les entreprises, mais elles s’y perdent et ne connaissent pas l’utilité de ces programmes. Il s’agit de faciliter l’accès des entreprises à ces programmes avec une plateforme virtuelle en ligne, mais également d’assouplir les mesures d’éligibilité à ces programmes. Parfois, une même institution qui offre plusieurs services demandera des critères d’éligibilité différents, alors que c’est la même entreprise et la même institution. Il faut également mutualiser les représentations de l’AMDI et du CMPE », argue Mohamed Benjelloun, secrétaire général par intérim du CNCE.

Parmi les mesures les plus emblématiques, mais pas que, il y a les caravanes de Maroc Export, dénommées aussi Centre marocain de promotion des exportations. Elles se sont imposées comme la courroie de transmission des entreprises qui ont des ambitions sur le continent. Le procédé est simple, mais diablement efficace : Mettre en contact les PME marocaines et les clients potentiels dans les différents pays africains. « Nous avons participé à plusieurs caravanes de Maroc Export. C’est très bien, mais ce ne sont que des one-shots. Ensuite, il faut rencontrer quatre, cinq, six fois un même client pour conclure un contrat », déclare Yassir Houmame, directeur développement de Caciopee, éditeur informatique de solutions logistiques qui affiche près d’un million de dollars de chiffre d’affaires. Ce « cycle de vente qui prend dix-huit à vingt-quatre mois en Afrique » permet aux opérateurs marocains d’avoir plusieurs entrevues avec le client, pour la même affaire, ce qui est souvent décisif pour la décision d’achat.

Les contrats de croissance à l’export, un précieux outil

Le ministère marocain du Commerce extérieur y va aussi de son aide en mettant à disposition les contrats de croissance à l’export. Ils permettent aux entreprises d’obtenir des financements pour leurs opérations de prospection commerciale, à hauteur de 10 % du chiffre d’affaires additionnel à l’export et ce durant trois ans, plafonné de 2 à 5 millions de dirhams en fonction de la taille de la boite. « Le dispositif est plutôt bien fait parce qu’il essaie de sécuriser au maximum l’allocation de l’argent public pour éviter les fraudes », affirme Anne-Claire Godin, directrice associée du cabinet de conseil en stratégie et organisation d’entreprise Agos. Elle confie qu’elle a accompagné plusieurs PME, ces trois dernières années, pour souscrire ces contrats de croissance à l’export.

Toutefois Yassir Houmame déplore que ce soutien ne soit pas indexé sur les objectifs anticipés à moyen terme. « Nous avons bénéficié d’un contrat à l’export offert par le ministère du Commerce, mais il est basé sur le chiffre d’affaires à l’export de l’an passé et non sur des prévisions », dit-il.

Par ailleurs Anne-Claire Godin a souligné les défaillances des services du ministère. « Chaque fois que j’ai voulu les contacter, je n’ai eu aucune réponse. L’un de mes clients voulait savoir quel serait l’effet sur le versement de l’aide s’il ne remplissait pas tous ses objectifs de vente et d’actions à l’export, ou s’il modifiait l’une d’elles pour l’adapter au contexte au cours de son exercice. Je n’ai jamais pu avoir de réponse », déclare-t-elle.

Des entraves sur le terrain

Le financement de la prospection commerciale n’est pas le seul talon d’Achille du système, « les PME sont confrontées à deux difficultés majeures : le recouvrement des créances et la non-convertibilité du dirham. Pour pallier ces problèmes, les entreprises ont tendance à demander un paiement lors de la première commande. L’implantation des banques marocaines en Afrique permet aussi de réduire le risque de recouvrement grâce aux lettres de crédit à échéance », a dit Caroline Minialai, enseignante chercheuse au Centre d’études sociales et économiques et managériales à Rabat. Elle a mené plusieurs études sur les entreprises marocaines qui opèrent en Afrique subsaharienne.

La convertibilité du dirham est également pointée du doigt, avec le corollaire du risque de change. L’intermédiation des banques marocaines demeure incontournable, ce qui est un frein à l’export. Sur cette épineuse affaire, Abdellatif Jouahri, wali (préfet) de la Banque centrale marocaine, a répondu qu’il était toujours disposé à lancer le processus de libéralisation du cours du dirham, à la condition d’avoir des garanties sur la stabilité des paramètres.

Etant donné que cette exigence est très difficile à satisfaire, on peut dire que la convertibilité du dirham est renvoyée aux calendes grecques, au grand dam des exportateurs qui devront encore ronger leur frein.

Rester sur le créneau, malgré tout

Pour ne pas casser la dynamique des exportations marocaines sur le continent, l’État a sortit de son chapeau l’incitation fiscale. Ainsi les entreprises qui opèrent dans le secteur sont exonérées d’impôts sur le revenu et sur les sociétés dès la première année d’exercice et pour une durée de cinq ans.

Il y a également un plan national de promotion des échanges commerciaux (Maroc Export Plus). Il est question ici d’assouplir les critères d’éligibilité aux programmes d’appui, de plancher sur d’autres outils d’accompagnement, de mettre en place un fonds d’investissement de financement public ainsi qu’un fonds de garantie pour les entreprises qui participent à des appels d’offres à l’étranger et des moyens pour faciliter le remboursement de TVA. L’Institut Amadeus souligne la portée de ce programme mais précise que le Maroc ne pourra pas s’exonérer pour autant de profondes réformes structurelles…

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