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Institut Arabe des Chefs d ’ Entreprise, IACE, Tunisie

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Les principales agences de notation financières viennent de dégrader les notes souveraines de la Tunisie ainsi que la dégradation ou la mise sous surveillance de certaines institutions et établissements bancaires tunisiens. « Cette série de mauvaises nouvelles imposent à la Tunisie un certains nombre de défis d’ordre politiques, institutionnels et économiques que le gouvernement de transition devra affronter dans les semaines qui viennent », telle est la principale conclusion d’une étude faite pat l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprise(IACE) sur la récente dégradation des notes souveraine de la Tunisie.

Ces notes, rappellent l’étude en préambule, constituent  donc pour les créanciers et investisseurs une donnée de base pour l’estimation du risque encouru. Elles  sont devenues de nos jours des critères obligatoires pour les emprunteurs institutionnels qui désirent s’adresser au marché financier international.
L’étude explique encore que « les notations des instruments de financement à moyen terme (plus d’un an et moins de 10 ans) ou long terme (10 ans ou plus) /varient de AAA, qui traduit une très bonne qualité de crédit, à D, qui représente un défaut de paiement constaté ou imminent. La notation à long terme estime la capacité du débiteur à remplir ses obligations à plus d’un an alors que la notation à court terme juge de la capacité du débiteur à remplir ses engagements à un an au plus ».

« La note est conçue sur la base de plusieurs critères comme l’environnement politique, l’environnement social, la situation présente et anticipée de l’économie et particulièrement l’évaluation présente et future de la balance des paiements et du budget de l’Etat.
En pratique, plus la note est bonne, moins l’émetteur de l’emprunt paiera cher. Plus la note est basse plus le risque est élevé donc les taux d’intérêt sont élevés plus l’accès au financement international devient restrictif ».

Ces agences de notation justifient leurs décisions par “l’instabilité du pays, due au récent changement inattendu du régime, résultant d’une crise politique qui a débuté par des émeutes sociales”. Elle relève aussi le risque de poursuite des troubles et la situation politique “qui mettent en danger la stabilité du pays”.”Moody’s met en garde, quant à elle, contre le prolongement d’une crise qui serait potentiellement dommageable pour l’économie du pays, étant donné sa dépendance envers le secteur du tourisme et les investissements étrangers” 

Des inquiétudes…

En dépit de la dégradation de la note souveraine de la Tunisie, toutes ces agences insistent sur la bonne qualité des principaux fondamentaux économiques de la Tunisie qui restent assez solides. Elles évoquent, toutefois, les doutes et les incertitudes entourant la situation actuelle dans le pays et surtout l’impact négatif possible sur la croissance économique, les finances publiques ainsi que sur l’équilibre de la balance des paiements dans la perspective de montée des revendications sociales.

Jusqu’à ces dernières semaines, la Tunisie a toujours été bien considérée par les agences de notation. Jusqu’à 2010, la Tunisie était le seul pays d’Afrique du Nord classé en grade d’investissement. L’évaluation des analystes financiers se fondaient sur le fait que l’économie tunisienne est parvenue à réaliser un taux de croissance élevé avoisinant 5% par an sur les trente dernières années, une économie ouverte et diversifiée non dépendante des exportations des matières premières et surtout avec un cadre macroéconomique solide ( inflation maitrisée, déficit budgétaire faible et un déficit extérieur contrôlé). Ces performances relativement respectables contrebalançaient les problèmes découlant de la mauvaise qualité de la gouvernance et du cadre politique. L’amélioration du cadre politique survenu après la chute de l’ancien régime s’est accompagnée d’une dégradation de la situation économique et l’arrêt presque total de l’appareil de production entretenant de la sorte l’incertitude et le flou sur le futur proche de la Tunisie. Tout en restant prudentes la réaction des agences de notation aussi compréhensible soit-elle semble pour bon nombre d’observateurs démesurée par rapport à la réalité tunisienne. Les Agences de notation qui ont été fortement critiquées pour leur légèreté pendant la crise des subprimes agissent là avec un excès de prudence en transformant un événement politique majeur dans l’histoire de la Tunisie considéré comme positif, en une sanction contre le peuple tunisien. Le stock des avoirs en devises tel qu’arrêté le 14 janvier 2011 s’élevait à 12,6 milliards de dinars, soit l’équivalent de 9 milliards de dollars et plus de 140 jours d’importations. Selon la Banque Centrale, cette disponibilité en monnaie internationale est largement suffisante pour permettre à la Tunisie d’honorer parfaitement ses engagements financiers et commerciaux y compris les remboursements des émissions internationales de 450 millions d’euros échéant le 7 avril 2011 et 15 milliards de yens échéant le 27 septembre 2011.

Des impacts certains sur les équilibres économiques et financiers
A court terme, le coût de la dette en monnaie étrangère augmentera, certainement, ce qui pourrait affecter négativement les équilibres macroéconomiques globaux et notamment la balance des paiements.
En effet, initialement, pour boucler son budget de 2011, l’Etat tunisien avait compté sur la mobilisation des ressources propres, la maîtrise des dépenses, la relance de la croissance et le recours aux emprunts extérieurs. Le montant voté du budget général de l’Etat pour 2011 a été fixé à 19,192 milliards de dinars, contre 18,272 milliards de dinars prévus pour 2010, soit une hausse de 5% par rapport à 2010. Les ressources propres, qui devraient augmenter de 6,1% par rapport à 2010 couplées d’une maîtrise des dépenses permettront de contenir le déficit budgétaire dans la limite de 2,5% du Pib tandis que le taux de la dette publique sera réduit à 39% du Pib contre respectivement 2,6% et 39,8% réalisés pour fin 2010. Les ressources propres de l’Etat s’élèveront à 15,420 milliards de dinars provenant, notamment, des recettes fiscales (+5,7%) pour atteindre 13,213 milliards de dinars. Le gouvernement prévoit la mobilisation de 3,772 milliards de dinars de ressources d’emprunt. Ces ressources seront consacrées à la couverture du déficit budgétaire d’une part et au remboursement du principal de la dette publique à hauteur de 2,272 milliards de dinars d’autre part. La Tunisie, qui va s’adresser, dès le début 2011, au marché financier international pour acquérir une part des ressources nécessaires, n’est pas sortie sur ce marché pendant les deux dernières années en raison de la crise financière internationale. Ainsi, rien que pour les emprunts internationaux projetés pour 2011, une augmentation du taux d’intérêt de un point devrait affecter annuellement le budget de l’Etat d’environ 40MD et les paiements extérieurs de la Tunisie d’un montant équivalent en devises étrangères.

Le recul de la croissance estimé à -3% du PIB va compromettre sérieusement la réalisation des objectifs budgétaires initiaux. Le recul de la croissance va affecter les recettes fiscales alors même que les dépenses publiques sont susceptibles de croitre plus que prévu pour faire face aux revendications sociales qui tendent à se multiplier et pour entretenir les subventions des prix des produits de base qui connaissent un renchérissement sans précédent sur le marché mondial. Le creusement attendu du déficit budgétaire va amplifier le recours du pays au financement extérieur par l’augmentation du besoin de financement. Cet état de fait qui semble très probable risque de mettre la Tunisie dans une situation insoutenable par rapport aux attentes des acteurs internationaux.

A moyen terme, l’impact pourrait être plus important et plus ressenti si les notations ne sont pas stabilisées ou si elles sont encore dégradées. Cela pourrait rendre l’accès au marché financier international plus difficile et réduirait la capacité de la Tunisie à attirer des investisseurs étrangers, ce qui entraînera une réduction de la croissance économique et de la capacité de création d’emplois. Le renchérissement du crédit pouvant rendre encore plus difficile la résolution des problèmes en alimentant le déficit budgétaire et le déficit extérieur. La crise aura de ce fait tous les ingrédients nécessaires pour s’entretenir et s’approfondir.

Un calendrier clair et une capacité à rebondir

La mise sous surveillance par les agences de notation de la finance de la Tunisie au cours des trois mois à venir confère au gouvernement transitoire une certaine marge de manœuvre pour redresser la barre rapidement en entamant une démarche claire et appropriée susceptible de redonner au marché et aux acteurs internationaux la confiance dans la solidité des institutions et de l’économie tunisienne.

A très court terme, la priorité du gouvernement transitoire est de faire repartir l’appareil de production de manière à retrouver le niveau normal d’activité d’avant janvier 2011. Une attention particulière doit être accordée au tourisme et aux secteurs exportateurs comme le textile-confection et les industries mécaniques et électriques qui ont drainé respectivement plus de 10% et 40% des recettes courantes en devises de la Tunisie en 2010. L’objectif ultime pour cette année est de permettre à la Tunisie de conserver, à défaut de consolider, ses parts de marché dans l’économie mondiale. La maitrise des revendications sociales permises par le regain de sentiment de liberté constitue aussi un pilier important pour la mise en œuvre de l’action de relance en permettant d’éviter les dérapages budgétaires.

L’ensemble des mesures à prendre doit s’inscrire dans une démarche qui tend à confirmer l’engagement irréversible de la Tunisie dans la voie de l’ouverture et la libéralisation économique. Il s’agirait, alors, profitant de la nouvelle image rehaussée de la Tunisie, de signaux forts envoyés aux acteurs internationaux pour attirer les investissements étrangers.
Le gouvernement transitoire est aussi appelé à stabiliser le cadre politique par l’annonce d’un calendrier clair et défini sur la tenue d’élections libres et démocratiques, changement des lois, rétablissement de la sécurité… De même, une action d’envergure est à mener pour assainir les rouages de l’Etat et de l’économie des méfaits de la corruption par la mise en place de règles et mécanismes transparents.
Attention au cercle vicieux
A défaut de stabilisation du cadre politique économique et social, les notations resteraient sous pression et alimenteraient, ainsi, les spéculations et l’incertitude économiques et politiques qui à leurs tours alimenteraient les révisions vers le bas des notations, conclut l’étude de l’IACE.

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