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Ismaïl Sahbani, Tunisie,

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Il existe désormais, et ce depuis le 1er mai 2011, un second syndicat ouvrier en Tunisie. Ce nouveau syndicat est l’œuvre d’Ismaïl Sahbani, un ancien secrétaire général de l’UGTT contre laquelle il se retourne désormais en débauchant notamment ses adhérents.  Dans sa conférence de presse de lancement de l’UTT, Sahbani précisait que « l’UTT, qui est une organisation indépendante, n’aspire pas à concurrencer les autres structures syndicales, mais œuvre à encadrer les employés marginalisés, à renforcer le rôle des travailleurs, notamment les jeunes et à consolider leur contribution à la vie publique ».

 L’homme avait surtout retenu l’attention lorsqu’il disait que «l’entreprise est une structure de production et non  un espace pour les sit-in». Ce sont pourtant pas moins de 3 appels à la grève que sa propre centrale syndicale vient de lancer en quelques semaines. Appel à une grève, le 18 août, à la SNCFT désamorcée juste à temps, grève, le 9 août, à la Transtu et appel à une grève, le 8 septembre, à la poste de Tunisie

Qui est Sahbani ?

Ismaïl Sahbani, qui était à la tête de la structure syndicale du secteur de la sidérurgie, était jusque-là un parfait inconnu sur la scène syndicale nationale tunisienne.  Son ascension, à l’issue du congrès de Sousse, en avait surpris plus d’un. Les mauvaises langues feront toujours le lien [par ailleurs jamais prouvé] entre sa montée dans les sondages du congrès de l’UGTT de Sousse en 1989 et la présence, dans un hôtel non loin de celui où se déroulait le congrès, d’un conseiller  de l’ancien Président tunisien. C’est ce qui fera dire à plus d’un que Sahbani «était  fort de l’appui de l’ancien régime ».

Ismaïl Sahbani occupera ainsi pendant 11 ans le poste de secrétaire général de l’UGTT (de 1989 jusqu’à 2000). Le même régime qui le soutenait commence cependant, à partir de l’année 2000, à lui «chercher des puces » et finit par le mettre  en prison pour “malversations” et “mauvaise gestion”. Condamné, en 2001, à 13 ans de prison ferme, il a été quand même amnistié en 2003. Depuis, Sahbani ruminait certainement sa «revanche» contre celui qui avait depuis, pris sa place à la tête de l’UGTT, Abdessalem Jrad, objet de plus d’une critique et de plus d’une accusation, depuis la tombée du régime de Ben Ali dont il avait, lui aussi, le soutien.

Huit ans après sa sortie de prison, Sahbani crée sa propre centrale syndicale. A peine quelques mois après sa création, elle entame une course à l’embauche des adhérents, par la surenchère syndicale.

Jusqu’où peut aller Sahbani ?

Indéniablement, les actions de l’UTT de Sahbani ne semblent pas mues par un souci d’améliorer les conditions de la classe ouvrière. Celle-ci a pu avoir, sous l’UGTT, parfois plus qu’elle ne pouvait et ne devait avoir dans les conditions économiques de la Tunisie de l’après Révolution. La Transtu avait déjà fait grève et obtenu des augmentations salariales et autres avantages sociaux, du temps de Yassine Brahim à la tête du ministère du Transport. La Poste de Tunisie avait aussi fait grève, depuis le début de la Révolution, et son personnel a pu avoir tout ce qu’il voulait.

On ne peut cependant pas s’empêcher de remarquer que l’UTT de Sahbani «tape» dans ce qui a toujours été le «ventre mou » de l’UGTT, le secteur du transport, un secteur de durs de chez les durs et qui avaient fait le ciment de la centrale syndicale ouvrière depuis le bras de fer politico-social de Bourguiba avec le leader syndicaliste feu Habib Achour. L’UTT de Sahbani cible aussi les entreprises à grandes masses d’emplois, comme le secteur des télécommunications. Son appel à la grève intervient, d’ailleurs, en surenchère avec l’UGTT dont le syndicat de bas du secteur avait donné son accord au sujet du mouvement des postiers. Mais la surenchère de l’UTT a, cette fois-ci,  été liée à la leçon apprise de la grève de la Transtu qui n’a pas trop bien marché,  et l’UTT a essayé d’aller un peu plus loin, allant jusqu’à maltraiter et violenter le PDG de la Poste, «un enfant de la boîte» qui a pourtant beaucoup donné à ses cadres et employés depuis le début de la Révolution.

Vraisemblablement, Sahbani et son UTT vont tenter de tout faire bouger pour s’affirmer, à leur tour, en tant que «partenaire social » à part entière, aussi bien pour le gouvernement que pour le secteur privé. Il n’est ainsi pas exclu de voir prochainement bouger d’autres secteurs d’activités, d’autres entreprises privées, avec de nouvelles revendications. L’UGTT, assagie par le discours politique et économique qui lui a fait clairement voir la limite entre ce qui peut et doit être demandé, L’UTT de Sahbani essayera certainement, de l’avis de plus d’un observateur, de profiter de ce vide qu’elle présentera à ses adhérents et à ces prospects comme une faiblesse qui porte atteinte aux intérêts de l’employé.

Khaled Boumiza.

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