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Jalloul Ayed, caisse de consignation et de dépôt,

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Deux semaines après sa réunion, le 29 juillet 2011, avec les différents responsables tunisiens et étrangers pour la discussion du projet de création de la caisse de consignation et de dépôt en Tunisie, le ministre tunisien des Finances Jalloul Ayed s’invite chez le patronat tunisien Utica. Au menu, de cette rencontre avec les hommes d’affaires, la situation et les perspectives des entreprises après la révolution. Une rencontre qui intervient à un moment où les hommes d’affaires sont confrontés à des obstacles qui risquent de retarder encore la relance économique. Optimiste comme à l’accoutumé, le ministre Ayed commence par un « n’ayons pas peur de l’avenir». Pour lui, «la transition démocratique n’est que la première étape qui va ouvrir une nouvelle page pour la Tunisie et qui va être suivie par la consolidation démocratique. Et celle-ci ne pourrait exister que s’il y a un sentiment de prospérité».

Ayed l’architecte …

Pour cet ancien financier de hautes voltiges, reconvertit en ministre, «la récession, l’aversion à l’investissement, la hausse du taux de chômage et l’absence d’outils solides pour soutenir l’investissement, sont les réalités du pays qui devront être traitées comme il se doit». Il n’en reconnait pas moins les limites de l’action de tout le gouvernement transitoire où il travaille, en lâchant que «l’Etat fait beaucoup des choses mais il ne peut pas tout faire». Pour le ministre des Finances, une part de la solution pourrait résider alors dans la garantie de meilleures conditions afin de consolider la prospérité et promouvoir l’investissement privé le plus rapidement possible. Il ne semble cependant pas en être certain, puisqu’il se demande, devant ces mêmes hommes d’affaire, «s’ils ont la capacité d’initier une telle opération d’investissement » et répond ensuite par la négative.

Et Jalloul Ayed de donner l’explication de cette réponse négative, comme on donnerait l’absolution à un pécheur, en indiquant que «le gouvernement a depuis l’indépendance mis en place des structures d’accompagnement et non pas des structures d’investissement. Il fallait cependant agir en mettant en place des nouveaux mécanismes » qui constitueront la solution. Le ministre des Finances détaillera ensuite la solution qu’il apporte aux problèmes de l’investissement et du chômage.

Elle comprendra des mesures comme la création de la Caisse des Dépôts et des Consignations (CDC) et le Fonds stratégique d’Investissements «Fonds générationnel», deux instruments qui s’occuperont d’impulser la roue économique. Le ministre ne semble cependant pas vouloir s’arrêter là, puisqu’il annonce déjà «d’autres mécanismes sont en cours d’élaboration et plusieurs autres réformes seront menées, notamment au profit du secteur bancaire».

… en face d’une Utica qui cherchait un médecin urgentiste.

Au cours du débat, plusieurs hommes d’affaires se sont interrogés sur l’avenir de l’investissement en Tunisie surtout avec l’aggravation des mouvements de contestation. Hichem Elloumi, qui n’est pas aussi optimiste que le ministre des finances, met l’accent dans son intervention sur l’instabilité sociale et sécuritaire et le manque de visibilité qui risquent de plonger le pays dans le chaos. Il termine pourtant [a-t-il le choix ?], déterminé, par un «nous serons au rendez-vous de l’investissement et on prendra des risques contrairement aux entrepreneurs étrangers ». Wided Bouchammaoui, sera dans son intervention, plus présidente du patronat que femme d’affaire, en affirmant que les grèves et les sit-in sont à l’origine des difficultés rencontrées par plusieurs entreprises nationales et étrangères, implantées en Tunisie « Notre souci est de préserver les postes d’emploi existants et de sauvegarder la pérennité de l’entreprise ».

Elle ne manquera pas, en présence du ministre de tutelle de la Douane qui gère le dossier du commerce parallèle, d’évoquer cette problématique et d’appeler les différents services douaniers à effectuer un contrôle continu pour mettre fin à ce phénomène jugé nuisible pour plusieurs secteurs. Taoufik Aribi, homme d’affaire de Sousse, lui succède pour rappeler au ministre des Finances le retard dans l’indemnisation des entreprises sinistrées suite aux actes de pillages et aux incendies survenus au moment de la révolution. «Seules 22 entreprises ont bénéficié de l’indemnisation et 60% des dossiers disposés par l’ensemble des entreprises trouvent encore problèmes », lui dit-il. L’intervenant a appelé à une coordination entre l’administration centrale et les autorités régionales, à plus de rapidité, de réactivité et de simplicité dans le traitement de ces dossiers.

Il était ainsi clair, à l’issue de cette réunion de Jalloul Ayed avec le patronat, que les préoccupations, entre le ministre des Finances et les hommes d’affaires, étaient différentes.  Alors que Jalloul Ayed s’inscrivait, par son discours et son plan de relance de l’économie, dans le long terme, la construction et la mise en place de l’architecture du plan de relance économique pour la Tunisie d’après la Révolution,, ses vis-à-vis restaient encore obnubilés par le court terme et s’inscrivaient plutôt dans la résolution des urgences.

Wiem Thebti

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