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Jalloul Ayed, finance, Tunisie

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Comme nous l’avions écrit  dans notre article «La démocratie, seule, ne nourrit pas son homme … La Tunisie ne sera pas en état de cessation de paiement », le nouveau ministre des Finances, Jalloul Ayed,  ne fait pas que gérer le quotidien. Soucieux de participer de plain-pied à la reconstruction de l’économie de son pays qui lui a fait confiance en le nommant dans ce poste et à poser au moins les premiers jalons  de son avenir, le ministre des Finances prépare ainsi ce qu’on pourrait appeler un grand «plan Marshall tunisien » qui consiste en un programme d’investissement d’envergure. Le but étant de doter la Tunisie d’un plan capable de relancer l’économie et de générer une croissance créatrice d’emplois pour les jeunes et les diplômés. Bien que financier pur et dur, l’homme dont le ministère est dans l’œil du cyclone des manifestations et des sit-in (La Kasbah), n’oublie pas pour autant  que le chômage était à l’origine de la Révolution.

Ce «Plan Marshall » qui sera de confection tunisienne et en partie même financé par les Tunisiens,  devrait être structuré autour de deux axes ou projets principaux.

D’abord le projet de lancement d’une Caisse de Dépôts et de Consignation  initié, suspendu et qui sera relancé. Bonne nouvelle, cette Caisse dispose déjà des fonds nécessaires. Cette Caisse  financera les grands projets d’infrastructures qui sortent du critère de profitabilité, des grands projets publics et privés et pourrait  même participer en tant qu’acteur dans le marché des capitaux. «Le financement viendra par exemple par l’épargne de La Poste ou par des ressources spéciales qu’on pourrait obtenir des instances internationales », explique le ministre des Finances.

Le deuxième grand projet de ce «Plan Marshall » proprement tunisien sera un «fonds générationnel », une sorte de fonds souverain. Il pourrait être financé par exemple par les ressources de la privatisation. Elles sont là et n’ont pas été dilapidées, nous  assure-t-il ; c’est  l’équivalent de 2,5 milliards DT, «mais nous voudrions mobilier des ressources supplémentaires pour arriver à hauteur de 5 milliards DT» ajoute-t-il. Ceci devrait  permettra de financer des projets à hauteur de 30 à 40 milliards de projets par le truchement de l’effet de levier de l’equity ou fonds propres et de la dette. Ces projets  devraient  ainsi permettre à la Tunisie de l’après Ben Ali de créer des centaines de milliers d’emplois.
Ce plan requiert cependant des pré-requis et la prise d’un certain nombre de mesures d’accompagnement.  Et le ministre d’expliquer à ce propos que «on va travailler avec les banques tunisiennes qui ne disposent pas actuellement de ressources longues, pour une réforme très sérieuse des banques. Cela peut se faire assez rapidement vu la bonne santé du secteur bancaire. Objectif : développer les marchés des capitaux. Cela se fera aussi par des mesures d’accompagnement pour lever des capitaux à long terme. «On a commencé à le faire par les instructions que nous avons déjà données pour des adjudications toutes les semaines pour animer le marché primaire des valeurs de trésor, créer un marché secondaire, créer une courbe des taux et, par-delà tout, rendre possible la création d’un marché des capitaux capable de lever des fonds à long terme », précise encore le ministre des Finances. A cela devrait  s’ajouter de petits ajustements des réglementations des compagnies d’assurance et des caisses d’assurance qui sont les investisseurs à long terme.

Entretemps, la Tunisie peut tout aussi bien amener ces investissements de l’extérieur. Cela, nous indique-t-il, «pour des projets qui visent l’exportation qu’on va promouvoir en premier » et d’assurer que «lever des fonds de l’extérieur est chose facile pour la Tunisie grâce à la bonne image dont elle jouit». Quand bien  même et  au  cas où la Tunisie ne pourrait pas lever les financements sur le marché local, le ministre des finances annonce que son département «travaille actuellement avec la BCT pour mettre en place les «long dates swaps  pour les lever en dollars ou euros et swaper cela en DT.

Tout ceci constituera le side-money et dessous, il y aura des sous-fonds qui financeront les projets sectoriels.  Des projets dans l’infrastructure, publique et privée, de base ou commerciale. «On a l’argent, on a la matière grise, il nous reste à trouver les projets », conclut le ministre Ayed, toujours aussi optimiste et confiant dans la capacité de la Tunisie à se reconstruire et à se renouveler sur des bases plus solides et plus performantes et qui feront de sa Révolution, par une telle issue économique, une réussite régionale.

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