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Jebel

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A voire les images rediffusées chaque demi-heures par la chaîne publique France 24 avec force correspondance sur place et analyses politiques et économiques, l’intérieur de la Tunisie s’embrase. Une couverture continue de la TV française qui étrique, il est vrai, l’image d’une Tunisie déjà en crise à cause de la fuite des touristes européens. Mais une image aussi, non contrebalancée par les médias nationaux. Mais la nature a horreur du vide. Vide aussi des responsables tunisiens, qui s’illustrent par leur remarquable absence sur les plateaux TV, au moins pour expliquer les mesures prises, dès mercredi par un chef de gouvernement absent. Aucun ministre, à l’exception d’un gauche porte-parole incapable de gérer les questions pressantes du journaliste de la Wataniya1, n’est sorti s’expliquer sur ces mesures en réponse aux évènements de Kasserine.

  • Les ministres du casus belli toujours taciturnes

Nouveau ministre de l’intérieur, département au premier plan dans ces évènements de Kasserine où un policier a déjà été tué par des manifestants à Feriana, Hédi Mejdoub continue à mettre son chargé d’information au-devant de la scène, alors qu’il consacrait presqu’une journée entière à recevoir des ambassadeurs, dans un étrange ballet diplomatique. Le ministre de l’emploi, le casus-belli de cette nouvelle flambée de violence depuis 5 ans, était nous, dit-on, en Angleterre d’où il n’a débarqué que ce jeudi 21 janvier 2016. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’était pas à la table de la réunion de mercredi soir du ministre des finances avec les députés de Kasserine.

On voudrait croire que Zied Laadhari ira dès vendredi expliquer les mesures du gouvernement dont  il est ministre, dans la région de son ami au parti Ennahdha, Walid Bannani qu’on n’a vu à Kasserine essayer de contenir la colère de ses électeurs contre un gouvernement que son chef Rached Ghannouchi dit soutenir. Et si l’on comprend les positions de chacun des partis de l’opposition, on se demande ainsi où sont les partis du gouvernement pour soutenir ce même gouvernement où ils participent. Où sont aussi les partenaires sociaux dont la majorité soutiennent les manifestations malgré leurs dérapages ?

  • Des ministres et un gouvernement en flagrant défaut de communication

D’habitude prompt à parler, de tout et de n’importe quoi et même des luttes internes au pouvoir au sein de Nidaa Tounes, le chef de l’Etat tunisien Béji Caïed Essebssi se murait encore, ce jeudi 21 janvier 2016 au palais Carthage et ne pipe mot de ce qui se passe désormais à Kasserine, Thala, Siliana, Kairouan, à Sfax, à Jendouba, à Sidi Bouzid et même à Tunis.

Au siège du gouvernement, Essid préfère Davos où il croit candidement pouvoir convaincre les financiers et les politiciens du monde à lui promettre les milliards DT qui lui permettraient de faire redémarrer une économie en panne, comme la machine que refusent d’allumer les propres ouvriers. Il finit certes par décider d’interrompre sa visite en Suisse. On ne sait pas s’il fera de même pour sa visite en France.

Ce dont on est sûr, c’est qu’Essid présidera… samedi, on ne sait pas pourquoi lundi alors qu’il devrait être le pompier que les régions belliqueuses attendent de pied ferme, un conseil exceptionnel des ministres. Un point de presse devrait avoir lieu à l’issue de ce conseil. Une réunion qu’il devrait, selon nous, faire, en signe de confiance dans la légitimité des demandes de la jeunesse de Kasserine et en défi à tous ceux qui voudraient en profiter pour déstabiliser son gouvernement, dans l’une des villes contestataires.

  • Parlez à vos partenaires et au peuple, au lieu des communiqués !

Conseil donc d’un néophyte en matière politique, «Monsieur le chef du gouvernement, allez voir ailleurs… qu’à Tunis. Allez voir le peuple que vous gouvernez, directement chez lui, dans les régions qu’il brûle en protestation contre le bilan des promesses non réalisées par les partis qui forment le gouvernement dont il est le chef. Monsieur le chef du gouvernement, c’est ce que demande le peuple dont vous gérez les destinées et non que vous continuez à les gouverner seulement entre les murs de la Kasbah ! Au moins, envoyez vos ministres parler au peuple et lui expliquer ce que vous faites pour répondre à ses aspirations. Et avant de les envoyer parler, assurez-vous qu’ils ont  compris eux-mêmes de quoi ils parlent. Allez voir aussi, du côté des partis politiques et de celui des syndicalistes. Parlez- leur et essayez de les convaincre pour qu’ils soutiennent vos mesures et participent à calmer les ardeurs de ceux qui demandent, tout et maintenant, alors que vous n’avez pas les moyens de leurs demandes, mais juste les moyens de votre politique qu’ils ont tous soutenue lors des deux votes de confiance. Monsieur le chef du gouvernement, gouverner ne se fait pas par les communiqués de presse, mais par le contact direct. Demandez à Feu Bourguiba, il vous l’apprendra !»

INTERVIEW

«La politique africaine ne peut se développer uniquement avec les visites, sporadiques et de courte durée ou seulement à travers le seul ministre des...

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