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Kamel Chibani, Ftusa

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Kamel Chibani

Kamel Chibani, délégué général de la Fédération tunisienne des sociétés d’assurances (Ftusa) dresse le bilan du secteur et se veut optimiste quant à son évolution et annonce la mise en place d’un contrat programme, jugé utile pour relever le défi. Interview

Comment se présente la situation du secteur d’assurance tunisien à l’ère des changements ?

2011 a été une année difficile pour les compagnies d’assurances. Elles ont dédommagées les entreprises qui ont été touchées au cours des événements de la révolution (incendie, pillages etc.). On peut cependant affirmer que les compagnies ont honoré leurs engagements en dédommageant plus de 80% de ces entreprises qui disposent d’une couverture d’assurance.

Malheureusement, on a constaté aussi un déficit au niveau de la couverture d’assurance pour les entreprises. C’est à dire, des entreprises disposant de tous les moyens (Capital et chiffre d’affaire important, implantation stratégique au niveau national etc.), qui n’ont pas su donner jusqu’aujourd’hui l’importance requise à l’acte de couverture des risques.

Deuxième constat, on a observé qu’il y une sous assurance, puisque l’assurance est un acte volontaire basé sur la déclaration. Malheureusement, il n’y a pas une actualisation des valeurs assurées. Nous assurons donc, les valeurs et les capitaux d’un million de dinars.

Coté positif, il y a une réaction importante de la part des entreprises industrielles, PME&PMI qui ont pris conscience qu’il faut couvrir leurs moyens de production et leurs équipements. Coté particulier, on a constaté qu’avec la multiplication des actes de vol, les Tunisiens cherchent la couverture. C’est la raison pour laquelle, on leur propose maintenant un contrat multiple avec un tarif préférentiel. La prime de ce genre de risque, est estimée à 120dt par an. C’est un avantage pour les compagnies et nous comptons travailler là-dessus. D’ailleurs 3 ou 4 compagnies d’assurances multiplient les efforts pour mettre en exergue l’utilité d’un contrat multiple.

Il y a lieu aussi, de mettre en exergue la solidité financière des compagnies d’assurances. Si on était dans un autre contexte et dans un autre marché, soyez sur que 3 ou 4 compagnies auraient rapidement disparu, étant donné l’intensité des sinistres et l’importance de dommage. Heureusement, nos compagnies ont su mettre en place des plans de réassurances, sachant qu’à chaque acte d’assurance directe, il y a un ou plusieurs réassureurs et nous pouvons dire que la solidarité internationale a soutenu le marché tunisien, considéré comme un marché porteur. C’est pourquoi, nous estimons que dans quelques années, on aura un marché qui sera consolidé et qui fera date dans l’histoire économique du pays, compte tenu son rôle au niveau du financement de l’économie.

Comment participe le secteur d’assurance dans le financement de l’économie tunisienne et y a-t-il des contraintes qui l’entravent ?

2500 milliards de dinars est le volume du financement de l’économie nationale en s’inscrivant des empreints obligataires. Nous sommes là pour soutenir l’effort de l’état.

Pouvez-vous nous donner plus de détails sur l’exercice du secteur pour le premier trimestre ?

On ne peut pas donner des chiffres mais je peux affirmer que le secteur d’assurance est intimement lié à l’évolution économique. Si on réalise un taux de croissance de 3%, soyez sur que les compagnies d’assurances feront mieux et nous concrétiserons un taux de 3 ou 4%. Aussi, si le PIB atteindra 6%, on réalisera un taux plus élevé.

Avez-vous pensé à une nouvelle stratégie capable de promouvoir ce marché et mieux contribuer au financement de l’économie?

Après les circonstances qu’a connues le pays, on s’est en effet dit que le temps de la réflexion aux perspectives du secteur est arrivé. Bientôt, on lancera ainsi une consultation. Le but, est de fixer des objectifs concrets à atteindre à l’horizon 2016 visant une convergence accrue avec les attentes des assurés, ainsi que les futures transformations réglementaires et économiques nationales et internationales.

La consultation vise aussi à déterminer les atouts de productivités et de compétitivités pour le secteur, lui permettant d’œuvrer à pied d’égalité avec les entreprises internationales, tout en fixant les responsabilités des différents intervenants et opérateurs dans le secteur. Cette consultation devrait aussi répondre aux différentes insuffisances entravant le bon fonctionnement du secteur et ce dans le cadre d’un contrat programme

Parlez-nous de l’assurance vie. Sa part de marché reste selon nos informations limité à près de 10% des émissions globales du secteur des assurances. Un taux dérisoire, en comparaison avec une moyenne mondiale de près de 60%, chose qui prive le pays d’une épargne longue nécessaire au financement de l’économie. Un long chemin à parcourir ?

L’assurance vie n’est pas un problème qui touche uniquement la Tunisie mais les pays qui sont en phase de développement. Ce qu’il faut constater, c’est que l’assurance vie s’est développée dans des pays où le revenu des habitants est très élevé à l’instar de la Suisse, le Japon ou les Etats-Unis. On peut affirmer qu’en Tunisie, les réalisations faites en la matière jusqu’aujourd’hui, sont positives. Actuellement, il y a une entreprise en cours de montage qui sera chargée des mutuelles. Avec la création de cette institution avec une moyenne de production et de commercialisation et si les compagnies arrivent à présenter d’autres produits que le classique, on est certain qu’il y aura une demande potentielle et on réalisera la croissance

Certains experts pensent que les compagnies d’assurances sont gérées par des directeurs détachés du ministère des finances. D’après eux, l’absence de contrôle du ministère de tutelle laisse le champ libre aux sociétés d’assurances d’imposer leurs conditions aux clients. Que pensez-vous?

Avant tout, on connaît déjà les experts travaillant dans ce secteur. Il faut revenir à l’histoire; quant il y a eu la création de l’institut du financement et de développement en 1082, l’objectif était de former des hauts cadres pour le secteur d’assurance et le secteur des banques. Nos responsables et nos cadres sont issus de cet institut. Cette génération a pris la relève sur les cadres sachant que leur marché a connu un vieillissement très important au niveau des cadres. Il y a un départ à la retraite massif de la part des cadres ayant géré ce secteur. En 1990, on a connu l’injection de ces cadres dans les entreprises et le marché est contrôlé par le comité général des assurances (CGA). Les premiers cadres qui gèrent les entreprises disposent de la formation adéquate et une expérience d’au moins une vingtaine d’années dans la gestion des entreprises d’assurances.

Revenant à la question du contrôle, il est exercé par le comité général des assurances, l’équivalent de la banque centrale pour les banques. Les compagnies d’assurances d’après les textes réglementaires, sont tenues d’envoyer régulièrement des états financiers et des statistiques relatifs à leurs activités comme pour le cas de placements. Donc, l’Etat veille pour que cette activité soit contrôlée. Il y a le CGA et des commissaires aux comptes qui contrôlent et un actuaire qui valide les états financiers afin de préserver les compagnies.

Quels sont vos souhaits pour le reste de l’année?

Notre vœux le plus cher est la mise en place du fameux contrat programme à travers lequel nous pouvons avancer plus rapidement. Aussi et avec le changement politique qu’a vécu le pays, on aura l’occasion d’inciter les gens à investir dans l’avenir, c’est-à-dire se protéger plus contre les risques. Plusieurs assureurs s’intéressent actuellement aux enfants avec des plans d’épargnes scolarités. Il faudra penser à la retraite parce qu’elle deviendra une nécessité absolue, vue la situation financière des caisses de retraite

La responsabilité incombe au secteur qui devrait jouer le rôle d’un financier et mieux contribuer ainsi à l’économie nationale, pour dépasser cette situation de turbulence. Je suis optimiste dans le sens ou l’histoire a démontré que la stabilité reprenne un jour.

Wiem Thebti

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