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Karim, Ghenim, Association Tunisienne de Capital en Investissement, Tunisie

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Sept ans   après la création de l’Association Tunisienne de Capital en Investissement (ATIC), la contribution des opérateurs du métier au financement des entreprises tunisiennes reste encore modeste. Plusieurs contraintes règlementaires freinent son développement.

Les opérateurs du capital investissement sont unanimes sur le fait que le cadre réglementaire qui régit la profession est très mal adapté au développement de l’activité, entravant ainsi la contribution efficace des opérateurs dans le financement de la PME tunisienne.

Les décisions prises au niveau réglementaire sans concertation avec les professionnels du métier ont engendré une limitation de la marge de manœuvre des opérateurs, déviant ainsi de l’objectif principal du législateur, à savoir la canalisation des ressources financières sous forme de fonds propres vers les opérateurs qui en ont  besoin. A force de vouloir trop contrôler les SICARs et les sociétés de gestion, on a fini par laisser de côté ce dont pourquoi la loi a été décrétée.

Parmi les freins réglementaires entravant la bonne marche du métier, citons en particulier le champ d’action très limité de l’activité, la durée d’investissement très courte (1 année à partir du 1er janvier qui suit l’année de déblocage des fonds) et l’aberration économique et fiscale qu’est le redéploiement (Réemploi des fonds).

 « Nous étions un peu confus quant aux intentions réelles du législateur : Est-ce le développement du capital investissement en tant que source de financement des entreprises tunisiennes ou pousser les opérateurs du capital investissement à entrer en porte à faux avec la législation pour mieux les taxer ultérieurement », s’est demandé  Karim Ghenim Président de l’Association Tunisienne de Investisseurs en Capital (ATIC),  dans un entretien accordé à African Manager.
Il a évoqué également l’interdiction par le législateur en 2009 des opération de rétrocession d’actions à prix fixe qui a obligé la plupart des opérateurs à évoluer vers des pratiques de plus en plus saines du métier mais nécessitant des délais beaucoup plus longs afin de bien évaluer le risque en face et réaliser l’investissement. Or ceci a été fait dans un cadre législatif plus restreint avec des délais d’investissement de plus en plus courts et dans un environnement où les bons projets ne courent pas les rues ; d’où le décalage entre l’esprit du législateur et la réalité de l’investissement en capital sur le terrain.

Cette situation ambigüe a posé un dilemme pour les capital-investisseurs, qui, en respectant la loi, ont été dans l’obligation de renoncer à des projets prometteurs.
 « Par ailleurs, une autre limitation constatée au niveau réglementaire réside dans le fait que le législateur a focalisé tout son effort sur la création d’entreprises et a marginalisé les stades ultérieurs de financement des entreprises qui sont le développement, la transmission et le retournement » » , ajoute Karim Ghenim. Ces lacunes ont été largement dépassées dans des pays émergents, tel que le Maroc à titre d’exemple.

« Toutefois et avec la révolution qu’a connue notre pays, nous sommes très confiants dans le futur surtout avec la nomination du Ministre des Finances, Monsieur Jalloul Ayed, qui est issu du milieu du capital investissement, ce qui laisse augurer de l’instauration des bons reflexes et des mécanismes et dispositions adéquats pour pouvoir surmonter les difficultés rencontrées. Les entreprises tunisiennes ont plus que jamais besoin des investisseurs en capital, et nous, en tant qu’opérateurs, nous ne cherchons  que l’instauration d’un environnement favorable et sain pour nous permettre d’exercer notre métier dans de bonnes conditions ». 

Développement des structures d’incubation

 « Avoir suffisamment de recul pour pouvoir construire un modèle qui fonctionne. Les autorités doivent repenser leurs mécanismes d’intervention dans les régions afin de mettre en place des structures d’accompagnement à la création d’entreprises qui soient les plus efficaces possible. Encore une fois, il ne s’agit pas d’inventer la roue : il faudrait partir d’un constat, faire une analyse objective pour analyser les points positifs et les points négatifs, voire ce qui se passe ailleurs et essayer de l’adapter au contexte tunisien. 

Une piste de réflexion pourrait être éventuellement le développement d’un partenariat public-privé ou l’Etat pourrait inciter les privés à investir dans structures d’incubation (en anglais ce sont les Business Development Incubators), un dispositif qui a fait largement ses preuves dans d’autres pays, et qui constitue, à mon avis, un maillon faible dans le développement des investissements en général et dans les régions en particulier ».

Il est à rappeler que l’ATIC est l’association professionnelle qui regroupe les opérateurs du capital investissement en Tunisie. Elle a été crée en février 2004. Sa mission est d’œuvrer pour le bon fonctionnement et le développement du capital investissement dans le pays, la représentation de ses membres auprès des autorités de tutelle, la représentation de ses membres auprès des associations internationales ainsi que le développement de la formation de ses membres dans le domaine du capital investissement.

Wiem Thebti 

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