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Khaled_Chelly

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Dans une interview accordée à Africanmanager, en sa qualité de Directeur Général de Tunisair Express, avant d’être nommé à la tête de l’OACA, Khaled Chelly , a prévu que la fin de l’année s’annonce difficile en raison de la crise qui secoue le secteur du tourisme, et de la réouverture de l’espace aérien tunisien aux compagnies aériennes libyennes. Il s’est  toutefois montré optimiste en s’appuyant sur un plan d’action « promoteur » afin de gagner le challenge. Interview : 

Pouvez-vous nous parler de la situation financière de Tunisair Express ?

A l’instar ’autres secteurs, Tunisair Express a connu des difficultés, et ce  depuis 2011. Après cette date, il y a eu pas mal des problèmes financiers spécialement les revendications salariales. Ceci a pesé très lourd en termes d’engagement financier sur la compagnie. S’y ajoute la situation déplorable du tourisme qui a affecté la capacité financière de la compagnie. D’ailleurs, le cumul des pertes a atteint 40 millions de dinars  et le déficit s’est élevé à 20 MDT au titre de 2013.

En 2014, il y a eu des événements d’un certain côté,  on a perdu un marché très important, celui de la Libye.

Qu’est ce qui s’est passé en 2014 ?

On a investi énormément dans le marché libyen et on a programmé des vols quotidiens permettant d’augmenter de 10% le nombre des passagers transportés durant le premier trimestre de 2014.

Toutefois, la décision des autorités tunisiennes de fermer l’espace aérien devant les compagnies libyennes nous a coûté cher en termes de chiffre d’affaires, ce qui a déjà impacté le volume de notre activité.

Dans le même temps, cependant, on a bénéficié de certains avantages  de la part du gouvernement, ce qui a  changé complètement la situation de la compagnie qui s’est concentrée dès lors sur l’axe de Djerba.

En effet, le trafic sur cette destination a connu un boom très important non seulement en termes de passagers, mais aussi en termes de recettes. Chiffre à l’appui, le nombre des passagers transportés sur cette ligne a grimpé de 30% durant le deuxième semestre de 2014 sachant que le coefficient de remplissage est de l’ordre de 90%.

 De même, on a profité de cette conjoncture sur l’axe de Malte à travers la programmation de 4 vols quotidiens au lieu de 3 eu égard à la  forte demande provenant des Libyens

Outre ces avantages, quels sont les autres moyens ayant aidé votre compagnie à surmonter la crise ?

La subvention de l’Etat et l’abandon des créances de l’OACA dans le cadre du plan de restructuration de la société-mère  ont permis à la compagnie d’engranger 12.8 millions de dinars. Outre cet avantage, la décision des autorités tunisiennes de fermer l’espace aérien devant les compagnies libyennes lui a permis d’améliorer sa productivité et sa rentabilité.

L’année 2014 a été aussi marquée par la reprise des vols sur Gafsa et Gabès à la suite de l’engagement de l’Etat à développer les régions du Sud outre l’ouverture  au début de cette année de la ligne régulière sur la France principalement sur Toulon, une initiative qui s’est avérée concluante et satisfaisante comme en témoignent les premières données communiquées.

Donc, la subvention de l’Etat , l’abandon des  créances dues à l’OACA  et l’augmentation du nombre des passagers  sur Djerba et Malte ont permis d’améliorer de manière très sensible les états financiers de Tunisair Express qui enregistre  un résultat comptable très positif avoisinant les 6 millions de dinars en 2014.

Pour 2015 ?

C’est la même tendance. Durant les 8 mois de 2015, on a enregistré la même demande sur la destination Djerba. On a enregistré par rapport au premier semestre 2014, une évolution de 40% sur l’axe de Djerba.

A partir de juillet-août, une légère augmentation a été enregistrée avoisinant les 7% et on devrait enregistrer une  autre hausse 10% en termes de passagers transportés jusqu’à la fin d’août 2015, comparée avec la même période de 2014.

Tunisair Express, à la date du mois d’août,  se porte bien et ce par rapport à la situation difficile du pays. Cependant, ces indicateurs ne devraient pas cacher les grands problèmes confrontés par la compagnie d’autant que le cumul de pertes ne sera pas résolu en une année. Et pourtant, on a pas mal de projets.

Comment ?

Avec les nouveaux projets, on va essayer de maintenir la tendance. C’est pour cette raison que Tunisair Express est en train de mettre en place un plan d’action pour relever ce défi tout en  décidant d’accroître les fréquences sur Tozeur dans le cadre du développement des régions du Sud moyennant une subvention accordée par l’Etat pour couvrir le déficit d’exploitation, et de se placer dans de nouvelles niches à l’échelle internationale.

Encore, Tunisiair Express a décidé d’ajouter des vols supplémentaires vers Tozeur pour la promotion du tourisme saharien. La compagnie a donc choisi ce programme en renforçant le nombre des vols.

On va programmer en collaboration avec l’ONTT, la FTH, la FTAV et encore la société civile, un ou plusieurs vols à partir de mois de septembre, afin d’encourager le tourisme intérieur de week-end.

Dans le même contexte, on a proposé aux professionnels du secteur  de programmer un vol quotidien sur Tozeur  en provenance de Lyon, de Nice et de la Provence de France suite à la décision de notre société mère de suspendre ses vols.

Cette proposition est à mon avis stratégique étant donné qu’elle vise à valoriser cette destination non seulement auprès du marché français, mais  de l’ensemble des touristes  voulant visiter la région du Djerid. D’ailleurs, on va commercialiser  ce nouveau produit en collaboration avec les représentants de Tunisair à l’étranger pour que cette région soit connectée à la zone européenne.

Il est fort probable que soient programmés  ou 5 vols quotidiens, une fois la reprise de l’activité touristique sera certaine.

Revenons aux états financiers, quelles sont vos estimations par rapport au reste de l’année ?

La fin de l’année s’annonce difficile en raison de la crise qui secoue le secteur du tourisme, et de la réouverture de l’espace aérien tunisien aux compagnies aériennes libyennes. On va clôturer l’année avec les mêmes chiffres réalisés en 2014.

En dépit de ces deux facteurs, on multiplie les efforts pour mettre en place notre plan d’action qu’on est en train de vous .le dévoiler

Pouvez-vous nous donner plus de détails sur ce nouveau programme d’action ?

Les ambitions de ma compagnie sont prometteuses, elles visent à rentabiliser davantage la flotte et à chercher des nouvelles niches à l’échelle internationale. C’est vrai que l’Etat a certes accepté de couvrir le déficit d’exploitation, mais c’est une charge de reconquérir de nouveaux marchés pour pérenniser l’activité et maintenir la tendance.

C’est pour cette raison que l’intérêt se focalise actuellement sur l’ouverture des nouvelles lignes dans maints  pays, à commencer par l’Algérie où les efforts se poursuivent pour réaliser les études nécessaires en vue de l’ouverture de  lignes sur  Constantine et Bejaia, puis sur Tébessa.

Le vaste programme d’ouverture touchera également d’autres destinations comme  la France notamment Paris-Charles de Gaulle. Outre ces destinations, la compagnie  compte se projeter sur l’Europe de l’Est à travers des charters réguliers et des pays scandinaves surtout en hiver où le marché est fort demandeur.

Vous êtes alors optimistes avec ce programme ambitieux ?

Eu égard au  développement de l’activité de la compagnie,  on prévoit de réaliser une croissance entre 5 et 10%  en termes de nombre des passagers et du chiffre d’affaires durant toute l’année 2015. En termes de résultats, la compagnie prévoit de clôturer l’année avec un chiffre positif de 3 millions de dinars.

Mon optimisme pourrait  s’expliquer par le renforcement de la présence sur Tozeur, l’ouverture programmée de nouvelles lignes et la reprise du marché libyen sans oublier l’engagement du gouvernement à couvrir les pertes d’exploitation.

2015 est l’année de la continuité de l’activité avec un petit développement en dépit de la situation fragile que connaît le secteur aérien. il s’agit d’un exploit pour une flotte déficitaire pendant  une vingtaine d’années et qui est passée par des moments difficiles.

Plusieurs voix se sont élevées contre la situation déplorable des avions…Pouvez-vous nous expliquer cette situation ?

Je tiens à préciser qu’on dispose d’une flotte très limitée, et pourtant,  on a déployé un effort consistant. Une étape  déjà considérée comme un bond quantitatif.

A ce propos, l’un des deux nos avions a fait l’objet d’une révision non seulement en termes techniques, mais aussi en termes de calibre. Nous avons acheté des sièges flambant neufs  pour cet avion qui a fait l’objet d’un entretien de 3 mois et qui a subi un relooking total… Pour le deuxième, il fera l’objet d’un entretien a cours de mois d’octobre prochain.

Quel est L’investissement mobilisé à cet égard ?

L’entretien nous a coûté environ 800 mille dinars entre relooking et révision de cabine dont 300 mille dinars ont été dépensés pour la cabine. Cette même somme sera réservée pour l’entretien du deuxième avion de manière à rendre le voyage plus confortable. Un effort louable étant donné que notre politique vise l’amélioration de la qualité.

Qu’en est-il de la politique de communication ?

Tunisair Express compte lancer le web checking de manière à permettre aux passagers de faire leur enregistrement via le net. Le but recherché est de rendre plus agréables les voyage tout en réduisant les délais. Encore, la compagnie va offrir d’ici 2016, à ces clients fidèles,  des cartes de fidélité à travers la mise en place d’un programme de fidélité. Car, les passagers jusqu’à ce jour ne bénéficient pas ce genre de programme.

Sur un autre plan, les efforts se multiplient pour consolider la présence de Tunisair Express dans les grandes manifestations, plus précisément les festivals de qualité, par exemple,  le sponsoring de l’événement Miss Portugal 2015. Notre rôle est certes petit, mais il est très important puisqu’on a assuré le transport des candidates de Tozeur à Djerba à la suite de l’interdiction décrétée par le gouvernement portugais en ce qui concerne le transport des candidats par voie terrestre. Dons, on a voulu via ce vol à garantir la tenue de cet événement en Tunisie tout en contribuant à la promotion de la destination Tunisie. En outre, on va assurer le sponsoring de Doc de Douz qui aura lieu prochainement et sera marqué par la présence des personnalités internationales d’envergure.

Quelle est votre position par rapport à l’Open Sky ?

Les négociations ont démarré en Tunisie en 2007 et la date prévue pour l’ouverture du ciel  était en 2010, et ce, dans le cadre d’un partenariat entre Tunisair et l’Union Européenne (UE) avant d’être reportée pour 2011 puis pour 2012 et 2013 en raison de la révolution.

Je pense que ce sujet a pris de l’ampleur après la crise de la révolution, mais aussi celle du tourisme. Il est devenu un engagement,  et en tant qu’opérateur, on va s’incliner devant une décision politique.

il faut savoir que les autorités européennes ont scindé la question de l’open sky en deux phases,  la signature d’un accord horizontal qui stipule l’élimination de la désignation par nationalité de la compagnie avant de la remplacer par une autre européenne. Sitôt cette démarche achevée, les parties concernées  entameront les négociations relatives  à l’open sky ou la libération  de l’espace aérien.

Toutefois, on ne peut pas actuellement signer l’accord horizontal et ouvrir notre ciel pour toutes les compagnies sans au préalable finaliser l’accord global.

En effet, cet accord prévoit des garde-fous en termes d’équilibre économique entre les compagnies aériennes, pour ne pas mettre en péril les compagnies de l’un et de l’autre. Il comporte entre autres la mise à niveau de tout le système de l’aviation civile en Tunisie, en termes de  réglementation, de contrôle aérien, d’aéroports et de service.

Pour ce faire, la réalisation de cet objectif nécessite au minimum  un travail de quelques années surtout avec les difficultés confrontées par une compagnie nationale d’autant plus qu’elle n’est pas compétitive par rapport à un pavillon européen déjà rodé et solide.

Donc, Oui pour l’open sky dans un horizon de 5 ans, mais ceci reste tributaire de la restructuration de la compagnie nationale en lui fournissant les mêmes outils nécessaires d’une concurrence légale. Car, l’ouverture brusque et non réfléchie du ciel pourrait entraîner la disparition du pavillon national d’autant que ce genre de décision pourrait porter préjudice à une économie déjà en berne.

A mon avis, la Tunisie devrait tirer profit de l’expérience marocaine qui a débuté en 2001, et ce, dans le cadre global de préparation. Les Marocains, rappelle-t-on, ont commencé les pourparlers en 2006 avant d’achever tout ce package ces derniers temps.

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