Tags Posts tagged with "Khalifa Chibani"

Khalifa Chibani

par -

Aucune information officielle n’a filtré à propos de l’interpellation de l’homme d’affaires Chafik Jarraya, ni sur celle de l’ancien douanier converti aux affaires Yassine Channoufi, qui s’était aussi essayé au poste de chef d’Etat, sans succès, en 2014. L’Etat tunisien se mure dans le silence. Peut-être aussi dans un «Silence on tourne».

L’assignation de Jarraya a été officieusement prêtée aux unités spécialisées de la Garde Nationale. Invité mardi soir sur la chaîne TV Al Hiwar, le porte-parole de la Garde Nationale, Khalifa Chibani, a nié avoir connaissance d’une telle interpellation. Même déni à ce  propos de la part du pôle judiciaire antiterroriste. Dans une déclaration mardi à la Tap, le porte-parole du ministère public près le tribunal de première instance de Tunis, Sofien Selliti, avait affirmé que «le parquet de Tunis près le Pôle financier et le Pôle de lutte contre le terrorisme n’a pas eu connaissance de l’affaire et n’a pris aucune décision pour l’arrestation ou le placement en garde à vue. En vertu de la loi, une telle décision ne peut être prise qu’une fois que le parquet a rendu une ordonnance».

  • Où est Chafik Jarraya ?

A La Kasbah, siège du gouvernement, qui semble avoir fuité l’information de l’interpellation de Jarraya, notamment à certains journalistes, on se refuse aussi de confirmer ou d’infirmer de manière officielle cette arrestation, pourtant faite en public dans un café où il avait ses habitudes dans la région du Lac. Personne n’a donc, officiellement, interpellé Jarraya et personne ne sait où il se trouve. Cela revient presqu’à dire qu’il est libre, mais invisible !

Officieusement, l’homme d’affaires, régulièrement soupçonné de liens avec le neveu de l’ancienne première Dame de Tunisie, Leila Ben Ali, Imed Trabelsi, qui ne l’a pourtant pas cité nommément lors de son dernier passage public à l’IVD, aurait été arrêté pour des affaires liées au terrorisme. Tout aussi officieusement, on l’accuserait de financement des dernières manifestations de la région du Kamour au sud tunisien et qui ont dérapé vers le pillage et l’incendie de plusieurs bâtiments et voitures de la Garde Nationale.

Par la voie de Khalifa Chibani, ce corps sécuritaire paramilitaire se dit par ailleurs particulièrement visé par les violences de Kamour, à cause de ses réussites sur le plan de la lutte contre la contrebande, une activité fortement liée à la lutte antiterroriste.

Selon un ancien juge qui a requis l’anonymat, l’interpellation de Jarraya et sa «disparition» s’explique par le fait qu’elle aurait été opérée dans le cadre de l’article 5 du décret n°78-50 du 26 janvier 1978, sur l’Etat d’urgence.

Selon ledit article de ce décret toujours en vigueur, «le ministre de l’Intérieur peut prononcer l’assignation à résidence dans une circonscription territoriale ou une localité déterminée, de toute personne, résidant dans une des zones prévues à l’article 2 dont l’activité s’avère dangereuse pour la sécurité et l’ordre publics desdites zones». L’article 8 du même décret donne possibilité d’ordonner des perquisitions à domicile, de jour et de nuit, ce qui semble avoir déjà été fait pour Jarraya, selon des informations de presse.

On remarquera que cette disposition est la seule et unique à avoir été appliquée, depuis la mise en place de l’Etat d’urgence en 2011 et ses renouvellements récurrents. On remarquera aussi que le chef du gouvernement, Youssef Chahed, qui était accompagné de son ministre de la Justice, a effectué dans la matinée du mercredi 24 mai 2017 une visite au siège du pôle judiciaire et financier. Officiellement, c’est juste «une visite d’inspection au cours de laquelle il s’est réuni avec les magistrats pour faire le point sur les difficultés qu’ils rencontrent». On ne peut cependant ne pas faire le lien entre cette visite et l’interpellation opérée dans des circonstances exceptionnelles régies par l’Etat d’urgence.

  • L’Etat devra subvenir aux besoins de la famille de Jarraya

Précisons aussi que l’article 1er de ce décret indique que «l’état d’urgence peut être déclaré sur tout ou partie du territoire de la République, soit en cas de péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public, soit en cas d’évènements présentant par leur gravité le caractère de calamité publique». Ce décret, un artifice juridique imaginé en janvier 1978, ne fait par ailleurs aucune allusion à la durée de la mise en résidence, même s’il stipule que l’affaire doit au final atterrir au parquet qui doit être saisi.

Précisons encore que le deuxième paragraphe de l’article 5 oblige l’administration à subvenir aux besoins de Jarraya et sa famille. Il est ainsi dit que «l’autorité administrative doit prendre toutes dispositions pour assurer la subsistance de ces personnes ainsi que celle de leurs familles».

Sans que l’on sache le pourquoi de cette arrestation ou cette assignation à résidence, si elle se vérifiait, elle avait soulevé une vague d’optimisme quant à l’action d’un gouvernement taxé de laxisme et une vague de soutiens à Youssef Chahed et de sympathie avec son GUN.

Le risque pour le GUN, si l’affaire faisait pschitt et que Jarraya & Co n’auraient pas été interpellés ou auraient été relaxés, comme certaines sources commencent déjà à le susurrer, c’est un dur retour de manivelle médiatique, une désillusion et une bourde que Chahed serait seul à supporter.

Et si cette arrestation s’avérait réelle, elle supposerait l’arrestation d’autres comparses, politiques et immunisés cette fois, pointés du doigt par maints ministres dans l’affaire Kamour. Or, rien de tel n’a jusqu’ici été signalé, ni même fuité.

  • D’autres interpellations et un autre cadre

L’interpellation de Jarraya, qui a surpris toute la Tunisie et toute la blogosphère, a aussi été suivie par d’autres. Beaucoup de noms ont été cités. Les plus connus restent jusqu’ici, sans qu’il y ait une quelconque confirmation officielle et sous le sceau de la présomption d’innocence, l’ancien douanier et ancien candidat au poste de chef d’Etat en 2014 Yassine Channoufi et l’homme d’affaires Néjib Ben Ismaïl.

Nous pensons cependant que l’interpellation de ces deux derniers, si elle se vérifiait, n’aurait pas de lien avec celle de Jarraya. Ancien douanier, Channoufi pourrait avoir fait les frais de l’enquête ordonnée par le chef du gouvernement après les déclarations d’Imed Trabelsi et ses franches accusations contre la Douane. Homme d’affaires en import-export, Ben Ismaïl pourrait tomber dans le cadre de la même enquête.

Différents témoins avaient fait état, en fin d’après-midi du mardi, d’un défilé de grosses voitures et d’hommes chargés de dossiers, du côté de la caserne d’El Aouina dans la banlieue nord de Tunis. La seule réaction officielle à ce qu’ont rapporté des citoyens, c’est l’annonce par l’OACA d’une opération blanche qui se préparerait à El Aouina sise dans l’arrière-cour de l’aéroport de Tunis Carthage. Sinon, aucune information officielle sur ces deux interpellations. A La Kasbah, comme à Bab Bnet (siège du ministère de la Justice et des 3 tribunaux), c’est «Circulez, il n’y a rien à voir» !

  • Pourquoi maintenant ?

Dans ce silence officiel assourdissant de coulisses, force est de se poser des questions sur le timing de ces interpellations, si toutefois elles se vérifiaient. Elles sont en effet intervenues suite à deux évènements. D’abord le témoignage, certes controversé, d’Imed Trabelsi. Ensuite, les manifestations de Kamour, à Tataouine.

Serait-il alors possible de rendre justice à ces deux évènements comme étant «un mal pour un bien» ? On se demande aussi si le gouvernement de Youssef Chahed se serait enfin réveillé face à ce qui existe en Tunisie, depuis au moins sept ans, ou ce qui se serait passé si Imed Trabelsi n’avait pas parlé et si Kamour ne s’était pas révoltée contre l’autorité de l’Etat.

par -

Le Colonel Major, Khalifa Chibani, porte parole de l’administration générale de la Garde nationale, a déclaré ce mardi, 2 mars 2016, à shems fm que les terroristes abattus lors de l’opération menée hier à Aïn Jefel, gouvernorat de Sidi Bouzid, sont impliqués dans l’assassinat des martyrs de la nation, Mabrouk Soltani, les  militaires à Hechir El-Talla et les agents de la Garde nationale à Ben Aoun.

INTERVIEW

«La politique africaine ne peut se développer uniquement avec les visites, sporadiques et de courte durée ou seulement à travers le seul ministre des...

AFRIQUE

Reseaux Sociaux