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Le dynamisme économique

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«Pays généralement non libre» et classé à la 123ème position sur un total de 180 Nations. Tel est vue l’économie tunisienne par la fondation «Heritage» dans son rapport sur la liberté économique et son classement des pays où la libre initiative est l’élément clé. Un classement qui place la Tunisie loin derrière le Maroc, son concurrent économique direct, classé à la 86ème place, mais dans le groupe des modérément libres. Au Maghreb, seule l’Algérie est mal classée, à la 172ème position.

Une image qui contraste avec celle que le GUN de Chahed avait fait miroiter aux participants du «Tunisia 2020 » d’octobre dernier et dont il avait essayé d’user en «faire-valoir» pour attirer plus d’investisseurs pour une économie asphyxiée par ses dépenses de fonctionnement et qui n’arrive pas à faire redémarrer l’investissement local. On ne s’étonnera alors plus qu’un concurrent comme le Maroc attire désormais même les investisseurs tunisiens et arrive à attirer des investissements étrangers lourds, comme ceux des constructeurs automobiles.

Pays à la recherche d’IDE (Investissements directs étrangers), la Tunisie reflète une image très brouillée pour les analystes de «Heritage Fondation». «Le dynamisme économique reste limité en Tunisie par des faiblesses institutionnelles qui restent sans réponse, principalement parce que l’instabilité politique a entravé une action gouvernementale décisive. Le régime de régulation, malgré certaines améliorations, reste lourd et freine l’activité entrepreneuriale et sa dynamique. Le régime commercial fermé et les marchés du travail rigides, empêchent en grande partie l’émergence d’un secteur privé dynamique», estime cette fondation, dont le rapport est une sorte de «livre de chevet » pour les investisseurs étrangers.
Question réformes, actuellement objet de toutes les discussions entre la Tunisie et son principal bailleur de fonds qu’est le FMI (Fond Monétaire International), l’avis de Heritage est là aussi mitigé.  «Adoptées ces dernières années [les réformes] n’ont pas permis, ni d’apporter des avantages tangibles à la stagnation du système économique, ni de déclencher une croissance plus rapide ». Et la même source d’estimer que «des réformes plus profondes pour améliorer la gouvernance et renforcer les piliers essentiels de la liberté économique sont nécessaires pour pousser l’économie sur une voie positive de transition».

⦁    Un gouvernement faible …

«Heritage Fondation» étend son analyse du paysage économique tunisien à l’efficience des règlementations et partant, de l’état du droit. «Bien que le pouvoir judiciaire soit généralement indépendant, la protection des droits de propriété reste inégale, entravée par la corruption et les longues listes d’attente dans ce domaine ». Selon la même source, «la faiblesse gouvernementale favorise la réinsertion à des niveaux inférieurs de bureaucratie et d’application de la loi. Le ressentiment de longue date des efforts déployés contre la contrebande le long de la frontière libyenne, qui a éliminé les emplois locaux, s’est intensifié en 2016 après la construction d’un mur frontalier pour bloquer l’infiltration par les terroristes».

Et comme l’économie, c’est aussi et surtout les finances, les incitations fiscales et les impôts, Heritage s’y attarde et indique que «le taux d’imposition du revenu des particuliers le plus élevé est de 35 %, et le taux d’imposition des sociétés le plus élevé est de 30 %. Les autres taxes comprennent une taxe sur la valeur ajoutée et une taxe de transfert de propriété». La fondation internationale en tire une conclusion qui contraste avec le chiffre officiel de la pression fiscale. Selon Heritage, la «charge fiscale globale équivaut à 22,5% du revenu national total» en Tunisie.

⦁    … et ses dépenses sont populistes

La même source estime que «malgré certains progrès, le cadre réglementaire manque encore de transparence et d’efficacité. Le respect des exigences en matière d’octroi de licences reste lourd. Le marché du travail rigide a stagné, n’ayant pas généré une croissance dynamique de l’emploi».
Heritage se montre même dure avec la politique du gouvernement Chahed, dont elle qualifie les dépenses de «populiste». En 2016, dit la Fondation, «les tensions sociales ont déclenché des politiques de dépenses populistes pour apaiser un électorat frustré, mais les prix bas du pétrole devraient permettre au gouvernement d’atteindre son objectif de suppression progressive des subventions aux carburants». Pour cette institution internationale dont les avis font loi, «les entreprises publiques faussent l’économie. Le secteur financier fragile est fragmenté. L’accès au crédit est limité et les marchés des capitaux sont sous-développés».

Autant de critiques, apparemment purement techniques, à moins qu’Heritage n’aime pas la Tunisie ou «qu’elle fasse partie d’un quelconque complot contre la révolution du jasmin», qui devraient donner lieu à réflexion à La Kasbah et dans le bureau du ministre du Développement économique, Fadhel Abdelkefi.
A l’économie fortement liée à l’extérieur, la Tunisie devrait plutôt s’ingénier à mettre en place les réformes nécessaires qui lui feraient gagner des places dans le prochain Index de Heritage Foundation et ses semblables, comme celui de la compétitivité !

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