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L’association AfricaFrance pour une croissance partagée a initié un programme ambitieux de formation dédié aux leaders africains : le programme LeAD Campus – Leaders pour l’Afrique de Demain. Cette formation est conçue pour identifier, développer les compétences et faire se rencontrer l’élite économique de l’Afrique. L’objectif est de faire émerger des managers capables d’intégrer les enjeux de la croissance et du développement durable du continent africain dans les pratiques de leurs entreprises ou organisations.

Ce programme bilingue français/anglais s’articule autour de trois piliers thématiques : Business, Leadership et Enjeux sociétaux. Trois caractères le rendent unique :

C’est un programme panafricain mis en œuvre par deux institutions africaines – l’Institut Supérieur de        Management de Dakar et la Graduate School of Development Policy and Practice de l’Université du Cap – et deux institutions françaises – Sciences Po Paris et l’AFD. Son recrutement est centré sur le continent africain. Ses enseignements et les thèmes de recherche sont spécifiquement adaptés au continent ;
La co-construction public – privé : le rôle des entreprises et du secteur privé dans le développement économique est au cœur de la conception du programme. Les entreprises participent à sa gouvernance et à sa mise en œuvre à travers la mise en disposition de lieux de visites et d’experts ;
La pédagogie active qui mixe des séminaires présentiels, des enseignements numériques à distance, des travaux sur des cas, des jeux et le développement de projets personnels. Ces derniers bénéficient d’un accompagnement individualisé par des mentors.

Le séminaire parisien qui se déroule du 5 au 10 septembre  2016 vise à partager et faire grandir la vision du développement économique des leaders. Il traite notamment du rôle que les entreprises peuvent jouer pour renforcer l’innovation et la croissance tout en préservant les équilibres sociaux et environnementaux. Sur ces enjeux, interviendront des experts de 1er rang, parmi lesquels :

Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin, Président d’AfricaFrance
Emmanuel Faber, Directeur général de Danone
Jean-Michel Severino, président d’Investisseurs&Partenaires
Laurence Tubiana, ambassadrice pour les négociations climatiques
Gael Giraud, chef-économiste de l’AFD
Adrien Aumont, co-fondateur de KissKissBankBank
Gilles Babinet, multi entrepreneur et Digital Champion auprès de l’Union Européenne
Henri-Bernard Solignac Lecomte, économiste senior, OCDE

Cette première promotion est composée de 25 hauts potentiels dont 7 femmes (créateurs de PME, responsables de programme économique pour l’Etat, cadres de multinationales, dirigeants d’institutions de microfinances ou d’entreprises sociales…). Elle reflète la diversité socio-professionnelle et géographique du continent :

A l’issue de ce séminaire, les participants recevront un certificat délivré par les 4 partenaires académiques et seront encouragés à mettre en œuvre leur projet, notamment à travers la délivrance de trois prix d’excellence dotés chacun de 5.000 Euros. Un réseau d’alumni permettra de faire vivre l’esprit du programme et de maintenir les échanges dans la durée.

Pour Lionel Zinsou, Président d’AfricaFrance, « former les cadres dirigeants africains aux réalités complexes du développement du continent est une nécessité et une priorité. Cela implique de concevoir une formation spécifique qui ne pouvait l’être qu’avec des partenaires académiques africains. »

« Permettre à nos participants, cadres dirigeants africains, de comprendre et apprécier la complexité des dilemmes managériaux, humains, éthiques, stratégiques, financiers et RSE ; développer l’ambition d’agir pour l’Afrique de demain : tels sont nos objectifs.», Serge Bésanger, Directeur académique du LeAD Campus.

Pour Gaël Giraud, Chef économiste de l’AFD « tous les contenus proposés lors de la formation doivent viser à renforcer la capacité d’action, l’impact des actions futures et stimuler l’envie d’agir. In fine c’est l’envie d’agir qui sera le facteur clé pour la mise en œuvre d’un changement à grande échelle »

Créé sous l’égide de l’association AfricaFrance pour une croissance partagée, le programme LeAD Campus est co-financé par le Ministère de l’Economie et des Finances français.

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« …En tant que président, j’ai désormais effectué quatre visites en Afrique sub-saharienne, soit plus que tout autre président américain. Même si l’Afrique reste confrontée à d’immenses défis (la pauvreté, la maladie et le conflit), j’observe une évolution du continent. Vous êtes l’une des régions du monde à la croissance la plus rapide et abritez une classe moyenne qui devrait dépasser le milliard de consommateurs. Vous êtes plus connectés que jamais par la technologie et les smartphones, comme je le constate aujourd’hui. L’Afrique envoie davantage de ses enfants à l’école. Le virus du sida et la mortalité infantile font moins de victimes. Et s’il reste encore beaucoup à faire pour relever ces défis, l’Afrique d’aujourd’hui est un lieu de prospérité et d’opportunité sans précédent.
Ainsi, au cours des sept dernières années et demie, je me suis efforcé de transformer la relation de l’Amérique avec l’Afrique de telle sorte que nous devenions des partenaires égaux. Comme me l’ont dit beaucoup d’Africains, vous voulez du commerce, et non de l’aide –- du commerce générateur d’emploi et de croissance. Nous avons donc fait en sorte de renforcer les exportations avec l’Afrique. Nous essayons de promouvoir la bonne gouvernance et les droits de l’homme, d’améliorer la sécurité et de contribuer à nourrir les familles.

Plus tôt dans la journée, j’ai signé un nouveau décret pour que nous soutenions encore davantage les entreprises américaines qui souhaitent faire des affaires en Afrique. Et cet automne, nous accueillerons le deuxième Forum des affaires États-Unis/Afrique pour encourager les échanges et les investissements. Nous continuerons de coopérer dans le cadre de notre initiative « Power Africa » pour fournir de l’électricité plus propre à plus de 60 millions de foyers et d’entreprises en Afrique.

Nous ne faisons pas uniquement cela car j’aime le peuple africain, mais aussi car le monde ne pourra ni relever le défi du changement climatique ou du terrorisme, ni améliorer les droits des femmes (autant d’enjeux auxquels nous sommes confrontés au niveau mondial) sans une Afrique en pleine croissance, dynamique et autosuffisante. Et, surtout, cela dépend de la génération montante de nouveaux leaders. Cela dépend de vous.

C’est pourquoi, il y a six ans, j’ai lancé l’Initiative pour les jeunes leaders africains (Young African Leaders Initiative, YALI). En effet, j’ai toujours été convaincu qu’une seule personne pouvait être une force de changement positif, qu’une seule personne, comme l’a déclaré Bobby Kennedy lors de sa célèbre visite à Soweto, pouvait être comme une pierre, un caillou jeté dans un lac, qu’elle pouvait créer des vagues — des vagues d’espoir, pour le citer. Et c’est particulièrement vrai pour vous tous. Vous êtes jeunes, vous êtes talentueux, optimistes. Vous montrez déjà que vous pouvez faire la différence. Ainsi, ce que j’ai voulu faire à travers l’initiative YALI, c’est vous connecter les uns aux autres, et vous relier à des ressources et réseaux capables de vous aider à devenir les leaders de demain au sein des entreprises, des gouvernements et de la société civile.

L’enjeu le plus frustrant auquel j’ai été régulièrement confronté durant mon mandat concerne probablement les conflits à l’extérieur des États-Unis. La Syrie en est le plus cruel exemple. Mais il y a aussi les conflits qui persistent, par exemple au Sud-Soudan. Après des années de combats et des millions de morts, il y a enfin eu l’opportunité de créer un Etat indépendant du Sud-Soudan, et pourtant, aujourd’hui encore, les deux pays – ou les deux factions – restent en conflit. C’est une situation très compliquée car, d’un côté, les États-Unis ne peuvent gouverner ni surveiller chaque région du monde, et, de l’autre côté, les populations attendent de nous que nous ayons une influence positive. Et notre objectif a toujours été d’essayer de réunir les gens pour qu’ils puissent s’asseoir autour d’une table et résoudre les problèmes par la politique, et non par la violence.

[…] Aujourd’hui, les plus grandes souffrances sont souvent dues à des conflits ethniques ou sectaires, ou à l’instabilité des États. Et les conséquences pour les habitants ordinaires de ces pays sont immenses. À certains égards, il est plus difficile de mettre fin à ce type de conflit que de vaincre une armée qui est clairement identifiée.

De plus, le problème posé par les réseaux terroristes, qui nous occupe actuellement, nous et bon nombre de nos partenaires mondiaux, est lié à cet enjeu; en effet, dans les conflits régionaux, lorsque vous avez des jeunes qui sont déplacés, qui sont sans éducation, sans perspectives et sans espoir, la possibilité qu’ils soient recrutés par une organisation comme Daesh, Al-Qaida ou Boko Haram, même infime, est évidemment plus grande que s’ils avaient des opportunités et une certaine stabilité dans leur vie.

Ainsi, s’il y une chose que je sais, c’est que nous ne résoudrons pas ces problèmes en nous isolant, mais en nous appuyant sur des personnes de bonne volonté dans toutes ces régions et sur tous ces continents, afin qu’elles travaillent ensemble. Et cela commence par beaucoup de jeunes comme vous, dans le monde entier qui essayent d’agir pour le mieux.

Je suis convaincu que les femmes doivent être traitées sur un pied d’égalité
Je suis convaincu que certains principes sont universels. Je suis convaincu que les gouvernements doivent respecter la loi et non être arbitraires. Je suis convaincu que chaque individu a certains droits: de s’exprimer librement, de pratiquer sa propre foi, et de se rassembler pacifiquement pour demander des comptes à son gouvernement. Je suis convaincu que les femmes doivent être traitées sur un pied d’égalité et que si vous venez d’un pays où la tradition est de battre les femmes ou de ne pas leur donner accès à l’éducation, ou encore de pratiquer des mutilations génitales, alors vous devriez changer vos traditions car elles sont mauvaises.

Ainsi, je pense qu’il est important que nous défendions ces principes, en reconnaissant que nous ne sommes pas parfaits, que nous devons écouter les critiques comme d’autres pays le font et reconnaître aussi que même si nous pouvons sanctionner un pays, nous devons également nouer des liens avec lui pour instaurer un dialogue et, espérons-le, avoir une influence positive.

Je pense que l’importance de la responsabilité et de la transparence au sein d’un gouvernement est le point de départ de toute évolution de la société. Cela signifie également que la presse a la responsabilité de s’assurer que les faits sont exacts, qu’elle ne se poursuit pas tout ce qui est le plus sensationnel, mais d’essayer d’être réfléchie et de présenter, du mieux qu’elle peut, un point de vue juste sur ce qui se passe. Mais au final, je préfère voir la presse libre, même si elle est parfois un peu inexacte, que de voir la personne gouvernant le pays décider de ce qui est bien ou mal, de qui peut dire quoi et de qui peut publier quoi. Car cela conduit non seulement à la dictature, mais aussi à une gouvernance qui ne répond pas aux véritables problèmes.

Je pense que dans chacun de vos pays, il est vraiment important que vos dirigeants actuels et nombre d’entre vous qui seront ceux de demain s’assurent avant tout que les structures d’éducation nécessaires soient en place. L’éducation doit être accessible à tous (pas seulement aux garçons, mais aussi aux filles) et elle doit commencer tôt, car on ne peut pas laisser la moitié de la population derrière soi et espérer réussir….

Il ne suffit pas d’éduquer une population. Il faut également que des règles soient en place pour ne pas devoir payer de pot-de-vin pour créer une entreprise ou devoir embaucher le cousin d’untel qui, au final, ne viendra pas travailler mais attendra sa paie. Ou ne pas devoir attendre cinq mois pour avoir l’électricité dans son bureau.

Ainsi, toutes les règles, les règlementations, les lois, les structures qui sont en place pour encourager le développement et la croissance – qui doivent être combinées à l’éducation pour que les jeunes talents d’aujourd’hui puissent aller de l’avant…. Et je suis convaincu qu’un gouvernement solide, efficace et transparent est une condition préalable à une économie de marché. L’un ne va pas sans l’autre.

[L]’une des raisons pour lesquelles j’aime ce programme est qu’il ne s’agit pas de ce que l’Amérique est en train de faire pour vous, mais que nous soyons des partenaires, et de déterminer ce que vous pouvez faire vous-mêmes pour changer, transformer et renforcer vos pays….

Plus de 50 pays sont représentés ici, soit une grande diversité de personnes. Certains d’entre vous vont repartir et vos actions seront bien accueillies. Pour d’autres, ce sera moins le cas. Cela dépendra de ce que voudrez faire : si vous vous concentrez sur la santé publique, vous rencontrerez moins de résistance. Si vous vous intéressez aux droits de l’homme ou à la démocratie, vous en rencontrerez plus. Dans certains pays, le fait d’agir et de s’exprimer publiquement peut être dangereux. Dans d’autres, c’est apprécié. Dans certains pays, la liberté de la presse est respectée, tandis que dans d’autres, elle est considérée comme indésirable.

Ni moi, ni l’Amérique, ne pouvons résoudre tous ces problèmes. Et si je vous en faisais la promesse, je ne vous dirais pas la vérité. Mais je peux faire en sorte que le programme se poursuive, que le réseau continue de se développer et que le département d’État établisse des relations avec vos pays en expliquant pourquoi ce que vous représentez est si important pour le continent. »

INTERVIEW

«La politique africaine ne peut se développer uniquement avec les visites, sporadiques et de courte durée ou seulement à travers le seul ministre des...

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