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loi de finance 2017

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Dans une interview exclusive accordée ce mercredi 28 septembre à Africanmanager, Fadhel Abdelkefi, ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, a souligné la nécessité de faire preuve de solidarité pour sortir de la crise économique qui secoue le pays depuis des années.

L’une des solutions demeure la révision de la masse salariale dans la fonction publique, qui a atteint des niveaux inconcevables et la recherche d’autres sources de financement de manière à arriver à un certain équilibre des finances publiques acceptable non seulement pour notre sécurité, mais aussi pour nos partenaires.

Le ministre a par ailleurs, mis l’accent sur la conférence internationale sur l’investissement qui se déroulera en Tunisie en novembre prochain, faisant savoir que plus de 2000 personnalités sont attendues à cet événement incontournable qui sera l’opportunité pour que la Tunisie soit une destination économique d’investissement local et international.

Le ministre a d’autre part affirmé que le gouvernement n’a pas d’autre choix que de réussir. Interview :

Quels sont les dossiers les plus importants que vous avez trouvés sur la table en arrivant ?

Quatre sujets importants étaient posés sur table. Il s’agit de la loi de l’investissement, le plan de développement, l’organisation de la conférence internationale sur l’investissement et aussi  la préparation de l’assemblée générale du FMI et de la banque mondiale au mois d’octobre.

Votre est votre plan d’action pour s’attaquer à ces sujets ?

Tout d’abord, on a commencé par la loi de l’investissement qui était bien avancé au niveau de la commission des finances au sein de l’ARP jusqu’au mois de juillet, et même au cours de la session extraordinaire et ce, dans le but d’adopter cette loi ainsi qu’un crédit contracté de la Banque Africaine du Développement (BAD) présenté déjà par la ministre des Finances.

Au bout de deux jours de discussions en plénière, cette loi a été adoptée et par la suite notre pays s’est doté d’une nouvelle loi ayant pour but principal de simplifier et accélérer les investissements. Nous sommes passés de 75 articles à une loi de 25 articles, et de 33 décrets d’application à seulement 3.

A mon avis, l’économie tunisienne avec l’adoption de cette loi connaîtra une nouvelle étape, celle du retour de la confiance des opérateurs économiques, moins de paperasses administratives, une accélération des investissements publics et privés, l’amélioration du climat des affaires ainsi que la stabilisation sécuritaire.

Pour le second point, à savoir le plan quinquennal 2016-2020, il a fallu de se mettre d’accord et le revoir. Car, il prévoyait une croissance de 2.5% qui sera dans le meilleur des cas aux alentours de 1.4% au cours de cette année.

Donc, on est en train de mettre à jour ce plan, avant de le passer au Parlement.

Le troisième sujet concerne la tenue de la conférence internationale sur l’investissement, qui aura lieu les 29 et 30 novembre en Tunisie. Cet événement ,qui sera sous le haut patronage du président de la République, aura pour but de donner un support politique et économique à la Tunisie, essentiellement dans cette conjoncture difficile.

Avez-vous des estimations chiffrées par rapport à cet événement incontournable ?

Tout d’abord, je pense qu’il y aura une présence politique importante, notamment à la première plénière. D’ailleurs, nous nous attendons à une présence massive des chefs d’Etat et chefs de gouvernement des pays amis, sans oublier la représentation des principales institutions financières internationales et les partenaires financiers, dont notamment la Banque Mondiale, le FMI et les fonds arabes, la Banque Européenne de l’Investissement, etc.

Cette conférence sera aussi marquée par la présence des privés internationaux.

Côté tunisien, il y aura la présence des projets gouvernementaux inscrits dans le plan 2016-2020. D’ailleurs, on a sensibilisé très fortement le secteur privé tunisien pour qu’il soit présent.

Donc, ce sera l’occasion de donner une image nouvelle de la Tunisie économique et de dire que notre pays peut être une destination économique d’investissement local et international.

Quant à la présence, les estimations tablent sur une présence de plus 2000 personnalités, sachant que les inscriptions ont démarré sur le site créé à cet effet.

Il faut signaler que deux commissaires généraux ont été nommés pour nous aider à mieux organiser cette conférence et à mobiliser au maximum les investisseurs étrangers et à s’occuper aussi de la logistique. A cela s’ajoute un consortium composé de la banque d’affaires française Arjil & Associés, du bureau d’études tunisien COMETE Engineering et du groupe de médias et d’événementiel Jeune Afrique, qui a été retenu par la République tunisienne pour conduire les opérations de promotion du Plan de Développement 2016–2020.

Et pour la présence américaine ?

Nous sommes rentrés de voyage des Etats-Unis où on a eu un accueil extrêmement chaleureux de la part de l’administration américaine.

C’était aussi l’occasion pour rencontrer la directrice générale du FMI, le président de la Banque Mondiale, l’Emir du Qatar..

A mon avis, ce déplacement était très positif pour l’image politique de la Tunisie, mais aussi pour l’image économique, surtout que l’administration américaine par la voix de son secrétaire d’Etat, John Kerry, a invité les investisseurs américains à soutenir le développement économique de la Tunisie, considéré comme l’unique cas de transition politique et démocratique réussie dans la région.

Y a-t-il des promesses fermes pour réaliser cet objectif et faire de la Tunisie une destination de choix pour les investisseurs  ?

De promesses fermes, non. Il n’y a pas de promesses chiffrées.

Je saisis cette occasion pour rappeler que l’objectif de la conférence internationale sur l’investissement est de donner une autre image de la Tunisie. Car, un investisseur ne peut pas venir sans qu’il y ait une stabilisation sécuritaire, politique.

Je pense que ces deux aspects ont été substantiellement stabilisés en Tunisie et on est en train de communiquer sur ces deux éléments, surtout avec l’arrivée de la nouvelle loi de l’investissement et avec la mise en place de ce nouveau gouvernement. On est capable d’avancer.

C’est pour cette raison qu’on a invité ces gens pour leur exposer nos projets et les convaincre.

Avez-vous des craintes étant donné que ce RDV vient dans une conjoncture assez délicate ?

On multiplie les efforts pour que cet événement puisse réussir et soit un succès pour notre pays..

La situation est certes morose et devient de plus en plus difficile sur le plan financier.

Pour le salut de ce pays, il faut redémarrer la machine de l’investissement qui pourrait se faire via l’Etat et aussi via les investisseurs locaux et internationaux.

Je reste confiant et attentif, surtout que la Tunisie dispose de tous les moyens de s’en sortir, s’il y a une mobilisation sur les grands thèmes et si les gens prennent conscience de la délicatesse de la situation.

Outre l’organisation de cet événement, que faut-il faire pour assurer le redémarrage de l’investissement ?

Le préalable est d’avoir un cadre législatif adapté. Je pense qu’avec une nouvelle loi, même s’il y a des niches d’amélioration, on a un cadre législatif qui permettrait de réaliser cet objectif. Ajoutons à cela, la stabilisation de l’aspect politique et sécuritaire.

Parlons du projet de loi portant sur l’impulsion de la croissance économique. Ce projet a suscité certaines polémiques au sein de l’ARP et également au niveau de l’opposition. Qu’en pensez-vous ?

Je ne pense pas que ce projet de loi ait causé la polémique. Cette loi d’urgence économique vise à fluidifier, à simplifier et à accélérer les investissements.

Nous considérons que les projets publics ou privés devraient avoir un parcours plus rapide dans l’exécution. Nous avons imaginé que les projets qui peuvent avoir des capacités d’emplois dépassant les 500 personnes ou un coût d’investissement de plus de 50 millions de dinars pourraient avoir un statut de projet d’utilité publique. Donc, il prendrait par la suite un chemin plus rapide au niveau des autorisations administratives de toutes sortes.

Est-il possible aujourd’hui de relever ce défi ?

Nous y travaillons du matin au soir, et tout est possible dans une Tunisie disposant d’une position géographique exceptionnelle, d’une situation sociopolitique importante et de ressources humaines extrêmement compétitives, comparées à d’autres pays.

La dévaluation du dinar pendant plusieurs années a rendu la Tunisie incontestablement plus intéressant pour l’export.

A mon avis, il y a un énorme espoir, un énorme potentiel dans ce pays dans un contexte général, sécuritaire et politique où on a beaucoup avancé.

Mais cela n’empêche que les Tunisiens sont appelés à reprendre le chemin du travail compte tenu des défis du moment, à savoir le chômage qui a atteint des niveaux élevés, la pauvreté, tout en réalisant la discrimination positive entre les régions.

Un autre point, y a-t-il des nouveautés par rapport à certains projets bloqués comme Sama Dubai?

On a beaucoup de projets bloqués et on a essayé de les débloquer.

Pour Sama Dubai, il s’agit d’un dossier beaucoup plus complexe qui relève beaucoup plus du droit que des aspects économiques. Notre ministère est chargé de cette question, en commençant par dialoguer avec nos partenaires pour trouver la solution adéquate.

Evoquons la loi de finance 2017. Quelles sont les priorités de votre département?

C’est un acte gouvernemental, surtout que notre chef a insisté sur la solidarité de son équipe.

C’est une loi de toute l’équipe ministérielle. La direction est claire et le souci majeur demeure la masse salariale dans la fonction publique, qui a atteint des niveaux importants. D’après les chiffres, elle est passée de 6,5 milliards DT à 13 milliards DT durant les cinq dernières années, ce qui représente 70% des recettes fiscales du pays.

Il faut savoir que sur chaque dinar de recette fiscale, on paye 700 millimes pour la masse salariale dans la fonction publique. De même, la dette a doublé.

Nous sommes dans une position qui nous oblige de dire à nos partenaires sociaux qu’il faudrait une certaine solidarité pour sortir de la crise économique et par la suite de la crise des finances publiques.

A mon avis, l’une des solutions est de revoir la masse salariale, mais aussi de trouver d’autres sources de financement de manière à arriver à un certain équilibre des finances publiques acceptable non seulement pour notre sécurité, mais aussi pour nos partenaires.

Comment vous voyez l’avenir du pays?

En connaissant mieux nos problèmes, avec une assise politique importante marquée par une solidarité gouvernementale, l’équipe de Youssef Chahed n’a pas d’autre choix que de réussir.

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