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Déjà sur le déclin depuis la Révolution, les investissements directs étrangers (IDE) vont d’une décroissance à une autre alors que les compagnies étrangères éprouvent de plus en plus de difficultés à opérer dans les industries extractives, particulièrement le pétrole et les phosphates, et dans le même temps s’offusquent d’être si lourdement imposées par un gouvernement peu enclin à inciter à l’investissement.

Les IDE dans l’industrie se sont élevés à 81 millions de dollars au cours des quatre premiers mois de 2016, soit 5% de moins,  comparés à la période correspondante de  2015. Un an plus tôt, l’investissement direct étranger avait affiché une embellie dans la foulée de la promulgation de la Constitution de la 2ème République, et la formation du gouvernement issu des élections.

Seulement, la Tunisie n’a pas su capitaliser sur sa nouvelle architecture politique, au point que d’autres investisseurs potentiels lui ont tourné le dos pour rejoindre les rangs de ceux qui sont, soit partis, soit en attente de le faire, pour maintes raisons.

« L’insécurité, la fiscalité élevée et la difficulté d’extraction des ressources minières et énergétiques   sont les principaux obstacles qui empêchent la Tunisie d’être attrayante pour les investisseurs étrangers”, a déclaré Radhi Meddeb, directeur général de la société d’ingénierie Comete au site « Africa Middle East ».

Seulement 15% des managers des compagnies pétrolières en Tunisie trouvent que la politique fiscale  encourage l’investissement dans le pays, selon l’Enquête sur le pétrole mondial 2015 (Global Petroleum Survey 2015).

Sous le régime fiscal en vigueur en Tunisie, l’Etat  prélève  80% du chiffre d’affaires sur la vente de pétrole, tandis que les sociétés d’exploitation ne reçoivent que 20%, même si elles supportent tous les coûts sans que les autorités les y aident  sous quelque forme que ce soit.

La Tunisie a également des réserves plus limitées que d’autres sources de pétrole et de phosphates. L’Enquête sur le pétrole mondial estime les réserves pétrolières du pays à environ 850 millions de barils, alors que le Texas, par exemple, en revendique 24 milliards. Au reste, Les réserves de phosphates représentent, pour leur part, 100 millions de tonnes, soit 20 fois moins qu’en Algérie.

Bien que relativement stable par rapport à d’autres pays du Printemps arabe, la Tunisie n’est pas  à l’abri des troubles politiques, économiques et sociaux. Par exemple, la Compagnie des phosphates de Gafsa a enregistré près de 10 millions de dollars de pertes en 2014 sous l’effet des grèves récurrentes des employés, notamment ceux des transports.

La production en chute libre

Alors que 50 compagnies étrangères opéraient dans le secteur des industries extractives en 2010, lorsque le Printemps arabe avait commencé, il n’en reste plus que moins de la moitié actuellement, les autres ont délocalisé sous d’autres latitudes.

En Tunisie même, la production de phosphate a dégringolé de près de 60%, passant de 8,5 millions de tonnes en 2010 à 3,5 millions de tonnes. La production de pétrole a diminué de moitié, passant d’environ 90 000 barils par jour en 2009 à 45.000 cette année, selon le site américain  Trading Economics.

Mais l’unique développement positif dans ce dossier, c’est l’annonce par la Tunisie qu’elle va adhérer à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives, une norme mondiale qui favorise la responsabilisation et la lutte contre la corruption dans l’utilisation des recettes provenant des ressources extraites.

La Tunisie y avait postulé en 2012, mais l’instabilité politique l’en a empêchée, explique Kais Mejri, responsable de la gouvernance au ministère de l’Industrie.

La Tunisie estime que l’initiative fera d’elle un pays plus attractif  pour les investisseurs étrangers par rapport aux concurrents qui n’ont pas rejoint l’initiative. « Nous espérons renouer, l’année prochaine, avec les mêmes chiffres des investissements étrangers  que ceux d’avant  2011 », a déclaré Ridha Bouzaouada, directeur général de  l’industrie.

Un phénomène régional                        

Plus de cinq années de troubles dans la région ont créé des perspectives économiques négatives, d’après Hamdi Tabbaa, le président  de l’Association arabe des affaires. Il a estimé que les  économies régionales ont perdu environ 1,2 milliard de dollars au cours des cinq dernières années. La  Syrie, l’Irak, le Yémen, la Libye, l’Egypte, le Liban et la Tunisie ont vu leur  produit intérieur brut  baisser de 35%  en moyenne.

Les investissements directs étrangers dans la région  ont suivi la même courbe descendante. Ils sont passés de 48 milliards de dollars en 2014 à 44 milliards l’année dernière, bien en deçà de la moitié du record de 96 milliards $ enregistré en 2008, selon l’Agence arabe de l’investissement et de la garantie de crédit à l’export.

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