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L’olivier est un arbre multimillénaire mythique en Tunisie qui n’a de cesse de répandre ses bienfaits, mais aussi des inconvénients essentiellement environnementaux, dus aux margines ou eaux de végétation, qui, à cause de leur charge organique très élevée et de leur teneur en phénols et polyphénols difficilement dégradables, posent d’importants problèmes pour leur élimination et partant pour l’environnement.

C’est notamment le cas de la région de Kalaa Kébira, dans le gouvernorat de Sousse dont les habitants pâtissent du bassin de margine situé au niveau de l’entrée nord de la ville sur la route numérotée 48 reliant la cité à la délégation de Kondar, bassin en exploitation depuis 1984 et qui est demeuré en l’état, plus de 32 ans durant. C’est que cet ouvrage, sous l’effet de l’expansion urbaine, s’est retrouvé pratiquement au cœur de la ville au beau milieu des espaces d’habitation, de commerce et de loisirs, générant toutes sortes de nuisances écologiques et menaçant riverains, animaux et végétation. Des effluents nocifs, fortement polluants, dégageant de fortes odeurs fétides à cause des gaz qu’ils émettent et de la détérioration de l’oxygène y associée, sans parler des effets sur le sol en raison de leur haute teneur en carbone organique et produits insolubles, et sur la nappe phréatique, si polluée qu’un puits artésien très connue dans la région a été fermé il y a quelques années. D’autant que  les effets nocifs de la margine le sont cent fois plus que ceux des eaux usées.

Cette grave situation et l’inertie des autorités ont poussé la société civile à se mobiliser en lançant des initiatives et des mouvements pour secouer l’apathie des gouvernants, peu sensibles à la nocuité du bassin de margine pour une ville comptant 60 000 habitants. D’autant que la dernière visite du ministre de l’Environnement dans la région n’a pas accordé l’attention qu’elle mérite à ce fléau, ni permis d’engager une réflexion sérieuse et définitive sur les solutions qu’il importe urgemment de trouver, notamment le fermeture du bassin et son remplacement par d’autres mécanismes de stockage dans des espaces aménagés en application des dispositions du code de l’environnement et des lois régissant le secteur. Les composantes de la société civile ont lancé une pétition réclamant la fermeture immédiate du bassin de margine, relayée sur les réseaux sociaux et qui sera adressée aux autorités régionales et locales et très probablement aux élus de la région à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

Le député Hafedh Zouari en lice

L’un d’eux, Hafedh Zouari, par ailleurs fervent avocat des causes chères à ses électeurs de la circonscription, n’a pas caché son irritation de la façon dont le dossier de la margine a été examiné  lors de la visite du ministre de l’Environnement, dont un seul volet a été  abordé alors que le second et le plus important a été littéralement ignoré.

Il a souligné la très grande importance qu’il y a lieu d’attacher au soutien à apporter à l’investisseur pour le développement de son projet par la valorisation  de la margine et de ses dérivés qui ont une valeur ajoutée certaine tels que les fertilisants, les aliments pour bétail et le carburant, de même qu’il a mis l’accent sur l’urgence de lui fournir tout l’appui nécessaire en termes de recherche, de logistique et de concours financiers dans le cadre des avantages stipulés par la loi aux fins de la modernisation du projet en les étendant aux autres investisseurs désireux d’en faire autant.

Dans le même temps, Hafedh Zouari n’a pas manqué de souligner la nécessité impérieuse de garantir aux 60 000 citoyens de la région ainsi qu’aux générations futures, aux agriculteurs et aux riverains, le droit à un environnement sain et à être sauvés d’une catastrophe écologique certaine  dont les effets sont massivement visibles dans le vécu et le quotidien du citoyen qu’il soit agriculteur, investisseur ou simple citoyen. Et ceci devrait se faire à travers la mise en place d’alternatives dans des délais raisonnables pour ce bassin, source de dangereuses nuisances non seulement pour les êtres humains mais aussi pour les ressources naturelles, y compris la végétation, le sol et la nappe phréatique.

Le député a exprimé sa compréhension pour les dissensions entre certains citoyens au sujet du bassin de margine, s’engageant à un surcroît d’efforts de coordination avec les autorités régionales et nationales en particulier en vue d’arriver à une solution radicale et satisfaisante au problème.

Il a indiqué que la ville de Kalaa Kébira  est aux prises avec de nombreux dossiers brûlants en rapport avec la situation environnementale détériorée, précisant que des cités entières sont privées des commodités de base minima, notamment l’assainissement, alors que d’autres souffrent de manque d’entretien et d’infrastructures vitales telles que la protection de la ville contre les inondations, affirmant la nécessité de consentir des efforts supplémentaires pour pallier ces carences, même relativement. Il a, à cet égard, assuré que tout est mis en œuvre pour mettre fin à l’enclavement et à l’asphyxie de la ville, assaillie de toutes parts et dans l’impossibilité de disposer des moyens de s’assurer un développement normal.

 

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