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Mohamed Morsi, Egypte révolution

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Le printemps arabe devrait être un grand moment de l'Histoire. Ses révolutions auraient instruit l'humanité par leur caractère inédit et spontané

Le printemps arabe devrait être un grand moment de l’Histoire. Ses révolutions auraient instruit l’humanité par leur caractère inédit et spontané, et dégagé la tradition révolutionnaire de ses charges négatives caractérisées par la violence et les excès .C’étaient des révolutions pacifiques aux revendications claires, et où il y a conformité entre moyens et objectifs. Mais l’entreprise a l’air de tourner à la catastrophe. Une guerre civile sévit déjà en Syrie, une autre embryonnaire, en Egypte, et également en Libye. Le désarroi que vit la Tunisie est à la mesure de la détresse du parti au pouvoir qui est en train de perdre le Nord. La seule qui fasse exception tout en étant imparfaite, est la révolution yéménite. Elle a été accomplie grâce à un modus vivendi qui a porté ses fruits, bien que les autres blessures soient restées béantes (l’activisme sudiste et la rébellion houthiste ) .

Cet état des choses a provoqué une grande déception chez les citoyens et les acteurs des révolutions arabes, surtout la jeunesse ; et les derniers évènements d’Egypte constituent un tournant dans ce nouveau cheminement historique.

Les révolutions arabes qui étaient ouvertes à tous , ont donné l’occasion aux élites de se mettre à l’école de cette nouvelle épopée , en oubliant ce qu’ils ont appris ailleurs et en d’autres temps .Mais ces mêmes élites ont conservé leur ancien référentiel théorique désuet pour approcher une situation historiquement inédite , cherchant à diriger l’énergie révolutionnaire de la jeunesse vers les méandres des intérêts partisans , et substituer la polémique au débat .

Les élites tunisienne illustrent bien cette situation .Les uns ont été séduits par les développements d’Egypte et ont avancé les arguments qui plaident en faveur d’une possible réédition de ce scénario en Tunisie, mettant en avant les similitudes des deux situations. A l’opposé, les élites islamistes, d’habitude hostiles à toute spécificité entre peuples et pays islamiques ont insisté sur les différences qui font que l’Egypte ne soit pas la Tunisie.

Mais les islamistes ont mené une campagne médiatique très intelligente, mettant en valeur la légitimité électorale, et le caractère grandiose des manifestations qui balanceraient la mobilisation populaire du 30 juin, inscrivant la déposition par l’armée de Mohamed Morsi dans le viscéral attachement des militaires au pouvoir, en Egypte depuis 6 décennies. Ils ne manquent pas, relayant ainsi la propagande des frères musulmans, de distiller de fausses informations sur des pourparlers secrets entre eux et les militaires, laissant entendre que les Américains sont aux côtés de Morsi .

Or, la réalité ne concorde pas avec ces affirmations.

Un article de Georges Malbrunot, en date du 8 juillet 2013, publié dans le blog du journal le Figaro , relate le récit des évènements des derniers jours du règne de Mohamed Morsi , d’après des révélations du New York Times.

Le journal américain indique que deux éléments clés ont précipité l’histoire : l’incroyable entêtement de Mohamed Morsi et le rôle très important que les Etats-Unis ont joué en coulisse.

Les Etats-Unis ont exigé de Morsi, quelques heures avant son arrestation, jeudi 4 juillet à l’aube , par le biais d’une partie arabe , qu’il accepte un nouveau Premier ministre à la tête d’un nouveau gouvernement doté de pouvoirs législatifs qui désignerait de nouveaux gouverneurs en province. Mais, Mohamed Morsi refusa net, déclarant au haut dignitaire arabe qu’il préférait mourir plutôt que d’accepter un coup d’Etat.

L’explication donnée par le journal américain à l’attitude « suicidaire » de Morsi se rapporte à une triple méprise : d’abord, en croyant, jusqu’au dernier moment, que l’armée ne bougerait pas dès lors que, lui, il respectait les prérogatives des militaires et leur autonomie, pensant que ses bonnes relations avec le général Abdel Fattah al-Sisi, le protégeraient. Le New York Times commentait en disant que Morsi était, en fait, le seul parmi la hiérarchie islamiste à penser ainsi , pour avoir géré seul ,et pour des mois durant ses rapports avec l’armée, sans y associer d’autres responsables islamistes , soulignant que c’était là où il s’était lourdement trompé .

A cette méprise au sujet de ses rapports avec les militaires, s’ajoute un autre mauvais calcul , lors des événements des dix derniers jours . Le New York Times relève que Morsi , enfermé dans sa tour d’ivoire , était convaincu – bien à tort – que les Américains ne le laisseraient pas tomber. Par contre, c’est encore une fois l’entourage de Morsi qui semble avoir été plus conscient de la gravité de la situation que le Raïs lui-même.

Une autre gaffe ( la troisième) qui vient, cette fois, de l’entourage de Morsi .Il s’est trompé sur le rapport de forces qui prévalait dans la rue, lors de la mobilisation à travers l’Egypte en sous- estimant le nombre des manifestants du 30 juin, pensant que les pro-Morsi étaient plus nombreux que leurs opposants , indique le New York Times.

Et ce n’est qu’après ce tournant et l’ultimatum de 48 heures du général Sissi qui s’en est suivi que l’entourage de Morsi commença à changer d’avis, pensant désormais qu’un coup d’Etat était bien à l’horizon.

Le discours adressé aux américains était à partir de cette date le suivant: si vous laissez tombez Morsi, ce sera un désastre à long terme pour l’Egypte, et la rue arabe ne croira plus en la démocratie.

Ce volet indique que la gestion calamiteuse de la crise par Morsi et les frères musulmans ont rendu inéluctable cette issue, mais, depuis le limogeage de Mors,i la justice égyptienne est en train de poursuivre les dirigeants islamistes pour des crimes commis pendant la dernière crise et bien avant .

Depuis le 23 juin 2013, une information judiciaire avait été ouverte contre Mohamed Morsi, alors même qu’il était président, concernant son évasion de la prison Oued Natroun , avec l’appui des milices armées du Hamas venues de Gaza à travers les tunnels . Les miliciens ont libéré les 28,29 et 30 janvier, des centaines de dirigeants des frères musulmans égyptiens (dont Moursi et Khiret Ech-Chater ) et des activistes du Hamas et du Hizb Allah ,en plus de 25.000 dangereux criminels qui ont sévi dans le pays au moment de l’effondrement des institutions de l’Etat . Des informations indiquent que les assaillants ont “libéré” des dizaines de kilomètres de Ghaza à la ville égyptienne du Arich avant de s’attaquer aux 11 prisons ciblées.

Sur un autre plan, le ministère public égyptien a annoncé, lundi 15 juillet, que toutes les mesures prises pour arrêter les dirigeants des frères musulmans sont conformes à la loi, et ont pour but de déterminer les charges pénales, et engager des poursuites contre les personnes dont les responsabilités seraient établies.

Ainsi, 7 dirigeants ont été arrêtés pour incitation à la violence et au meurtre contre des manifestants pacifiques, lors des évènements de la place Nahdhat Misr et au siège central des frères musulmans à Moqattam et devant les locaux de la Garde Républicaine.

Les dirigeants visés par les mandats d’arrêt sont : Issam Al-Iryan , Safwat Hijazi , Abdelmonim Abdelmaqsoud , Mohamed El-Baltagi , Issam Soltane , Assem Abdelmajed et Tarak Azzoumor .

Le ministère public indique que ces mandats d’arrêt ont été émis sur la base de preuves et de d’informations se rapportant au rôle joué par ces dirigeants dans l’incitation à la violence et le financement des exécutants de ces crimes ;

Le Parquet avait émis auparavant des mandats d’arrêt à l’encontre de Mehdi Akef , Kheret Ech-Chater , Rached Bayoumi , Saad Ktatni , Mohamed Omda , Hilmi Jazzar , Hazem Salah Abou Ismael , plaçant sous saisie l’argent de plusieurs accusés sur la foi des preuves réunies lors de l’enquête .

Le dossier des affrontements devant les locaux de la Garde présidentielle a révélé, contrairement aux allégations des frères musulmans, et du parti Ennahdha en Tunisie, que les assaillants islamistes croyaient que Morsi était détenu dans les dits locaux et qu’ils avaient décidé de le libérer, quel qu’en soit le prix .

Les frères musulmans ont ,donc, refusé le dialogue sollicité par l’opposition et fortement recommandé par les américains , Obama a bien lâché Morsi qui a fait échouer toutes les initiatives de bons offices , le rapport de force, soit dans la rue , ou dans les rangs du peuple est largement défavorable aux islamistes égyptiens , des affaires criminelles , dont quelques -unes se rapportant à l’intelligence avec des parties étrangères (HamAs) , sont déjà engagées contre plusieurs dirigeants des frères musulmans , l’opposition réitère son attachement à associer les islamistes qui n’ont pas du sang SUR les mains au projet politique national . Tels sont les éléments qui caractérisent la situation actuelle en Egypte.

Aboussaoud Hmidi

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Le printemps arabe devrait être un grand moment de l'Histoire. Ses révolutions auraient instruit l'humanité par leur caractère inédit et spontané

Le printemps arabe devrait être un grand moment de l’Histoire. Ses révolutions auraient instruit l’humanité par leur caractère inédit et spontané, et dégagé la tradition révolutionnaire de ses charges négatives caractérisées par la violence et les excès .C’étaient des révolutions pacifiques aux revendications claires, et où il y a conformité entre moyens et objectifs. Mais l’entreprise a l’air de tourner à la catastrophe. Une guerre civile sévit déjà en Syrie, une autre embryonnaire, en Egypte, et également en Libye. Le désarroi que vit la Tunisie est à la mesure de la détresse du parti au pouvoir qui est en train de perdre le Nord. La seule qui fasse exception tout en étant imparfaite, est la révolution yéménite. Elle a été accomplie grâce à un modus vivendi qui a porté ses fruits, bien que les autres blessures soient restées béantes (l’activisme sudiste et la rébellion houthiste ) .

Cet état des choses a provoqué une grande déception chez les citoyens et les acteurs des révolutions arabes, surtout la jeunesse ; et les derniers évènements d’Egypte constituent un tournant dans ce nouveau cheminement historique.

Les révolutions arabes qui étaient ouvertes à tous , ont donné l’occasion aux élites de se mettre à l’école de cette nouvelle épopée , en oubliant ce qu’ils ont appris ailleurs et en d’autres temps .Mais ces mêmes élites ont conservé leur ancien référentiel théorique désuet pour approcher une situation historiquement inédite , cherchant à diriger l’énergie révolutionnaire de la jeunesse vers les méandres des intérêts partisans , et substituer la polémique au débat .

Les élites tunisienne illustrent bien cette situation .Les uns ont été séduits par les développements d’Egypte et ont avancé les arguments qui plaident en faveur d’une possible réédition de ce scénario en Tunisie, mettant en avant les similitudes des deux situations. A l’opposé, les élites islamistes, d’habitude hostiles à toute spécificité entre peuples et pays islamiques ont insisté sur les différences qui font que l’Egypte ne soit pas la Tunisie.

Mais les islamistes ont mené une campagne médiatique très intelligente, mettant en valeur la légitimité électorale, et le caractère grandiose des manifestations qui balanceraient la mobilisation populaire du 30 juin, inscrivant la déposition par l’armée de Mohamed Morsi dans le viscéral attachement des militaires au pouvoir, en Egypte depuis 6 décennies. Ils ne manquent pas, relayant ainsi la propagande des frères musulmans, de distiller de fausses informations sur des pourparlers secrets entre eux et les militaires, laissant entendre que les Américains sont aux côtés de Morsi .

Or, la réalité ne concorde pas avec ces affirmations.

Un article de Georges Malbrunot, en date du 8 juillet 2013, publié dans le blog du journal le Figaro , relate le récit des évènements des derniers jours du règne de Mohamed Morsi , d’après des révélations du New York Times.

Le journal américain indique que deux éléments clés ont précipité l’histoire : l’incroyable entêtement de Mohamed Morsi et le rôle très important que les Etats-Unis ont joué en coulisse.

Les Etats-Unis ont exigé de Morsi, quelques heures avant son arrestation, jeudi 4 juillet à l’aube , par le biais d’une partie arabe , qu’il accepte un nouveau Premier ministre à la tête d’un nouveau gouvernement doté de pouvoirs législatifs qui désignerait de nouveaux gouverneurs en province. Mais, Mohamed Morsi refusa net, déclarant au haut dignitaire arabe qu’il préférait mourir plutôt que d’accepter un coup d’Etat.

L’explication donnée par le journal américain à l’attitude « suicidaire » de Morsi se rapporte à une triple méprise : d’abord, en croyant, jusqu’au dernier moment, que l’armée ne bougerait pas dès lors que, lui, il respectait les prérogatives des militaires et leur autonomie, pensant que ses bonnes relations avec le général Abdel Fattah al-Sisi, le protégeraient. Le New York Times commentait en disant que Morsi était, en fait, le seul parmi la hiérarchie islamiste à penser ainsi , pour avoir géré seul ,et pour des mois durant ses rapports avec l’armée, sans y associer d’autres responsables islamistes , soulignant que c’était là où il s’était lourdement trompé .

A cette méprise au sujet de ses rapports avec les militaires, s’ajoute un autre mauvais calcul , lors des événements des dix derniers jours . Le New York Times relève que Morsi , enfermé dans sa tour d’ivoire , était convaincu – bien à tort – que les Américains ne le laisseraient pas tomber. Par contre, c’est encore une fois l’entourage de Morsi qui semble avoir été plus conscient de la gravité de la situation que le Raïs lui-même.

Une autre gaffe ( la troisième) qui vient, cette fois, de l’entourage de Morsi .Il s’est trompé sur le rapport de forces qui prévalait dans la rue, lors de la mobilisation à travers l’Egypte en sous- estimant le nombre des manifestants du 30 juin, pensant que les pro-Morsi étaient plus nombreux que leurs opposants , indique le New York Times.

Et ce n’est qu’après ce tournant et l’ultimatum de 48 heures du général Sissi qui s’en est suivi que l’entourage de Morsi commença à changer d’avis, pensant désormais qu’un coup d’Etat était bien à l’horizon.

Le discours adressé aux américains était à partir de cette date le suivant: si vous laissez tombez Morsi, ce sera un désastre à long terme pour l’Egypte, et la rue arabe ne croira plus en la démocratie.

Ce volet indique que la gestion calamiteuse de la crise par Morsi et les frères musulmans ont rendu inéluctable cette issue, mais, depuis le limogeage de Mors,i la justice égyptienne est en train de poursuivre les dirigeants islamistes pour des crimes commis pendant la dernière crise et bien avant .

Depuis le 23 juin 2013, une information judiciaire avait été ouverte contre Mohamed Morsi, alors même qu’il était président, concernant son évasion de la prison Oued Natroun , avec l’appui des milices armées du Hamas venues de Gaza à travers les tunnels . Les miliciens ont libéré les 28,29 et 30 janvier, des centaines de dirigeants des frères musulmans égyptiens (dont Moursi et Khiret Ech-Chater ) et des activistes du Hamas et du Hizb Allah ,en plus de 25.000 dangereux criminels qui ont sévi dans le pays au moment de l’effondrement des institutions de l’Etat . Des informations indiquent que les assaillants ont “libéré” des dizaines de kilomètres de Ghaza à la ville égyptienne du Arich avant de s’attaquer aux 11 prisons ciblées.

Sur un autre plan, le ministère public égyptien a annoncé, lundi 15 juillet, que toutes les mesures prises pour arrêter les dirigeants des frères musulmans sont conformes à la loi, et ont pour but de déterminer les charges pénales, et engager des poursuites contre les personnes dont les responsabilités seraient établies.

Ainsi, 7 dirigeants ont été arrêtés pour incitation à la violence et au meurtre contre des manifestants pacifiques, lors des évènements de la place Nahdhat Misr et au siège central des frères musulmans à Moqattam et devant les locaux de la Garde Républicaine.

Les dirigeants visés par les mandats d’arrêt sont : Issam Al-Iryan , Safwat Hijazi , Abdelmonim Abdelmaqsoud , Mohamed El-Baltagi , Issam Soltane , Assem Abdelmajed et Tarak Azzoumor .

Le ministère public indique que ces mandats d’arrêt ont été émis sur la base de preuves et de d’informations se rapportant au rôle joué par ces dirigeants dans l’incitation à la violence et le financement des exécutants de ces crimes ;

Le Parquet avait émis auparavant des mandats d’arrêt à l’encontre de Mehdi Akef , Kheret Ech-Chater , Rached Bayoumi , Saad Ktatni , Mohamed Omda , Hilmi Jazzar , Hazem Salah Abou Ismael , plaçant sous saisie l’argent de plusieurs accusés sur la foi des preuves réunies lors de l’enquête .

Le dossier des affrontements devant les locaux de la Garde présidentielle a révélé, contrairement aux allégations des frères musulmans, et du parti Ennahdha en Tunisie, que les assaillants islamistes croyaient que Morsi était détenu dans les dits locaux et qu’ils avaient décidé de le libérer, quel qu’en soit le prix .

Les frères musulmans ont ,donc, refusé le dialogue sollicité par l’opposition et fortement recommandé par les américains , Obama a bien lâché Morsi qui a fait échouer toutes les initiatives de bons offices , le rapport de force, soit dans la rue , ou dans les rangs du peuple est largement défavorable aux islamistes égyptiens , des affaires criminelles , dont quelques -unes se rapportant à l’intelligence avec des parties étrangères (HamAs) , sont déjà engagées contre plusieurs dirigeants des frères musulmans , l’opposition réitère son attachement à associer les islamistes qui n’ont pas du sang SUR les mains au projet politique national . Tels sont les éléments qui caractérisent la situation actuelle en Egypte.

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