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Incontestablement, la 2ème République est en train d’accoucher de sa première crise politique sérieuse, soulevant bien des incertitudes sur ce qui va advenir d’un chef du gouvernement qui ne veut pas faire place nette sur une simple injonction puisse-t-elle être le fait d’un conglomérat de partis et d’organisations auxquels il est arrivé, au reste, d’être d’accord sur une décision majeure.

Habib Essid, selon toute vraisemblance, tient à sortir la tête haute d’une charge qui n’a pas été de tout repos, à l’exercice de laquelle il a reçu bien des coups sans broncher, opposant à ses contempteurs ce dont il se prévaut le mieux, un chef du gouvernement honnête, discipliné, besogneux, compétent… mais qui n’a pas été servi par la conjoncture, ni politique, ni économique encore moins sociale. C’est sans doute tout ce qu’il a pu réaliser ou y a failli de qu’il  entend exposer à l’Assemblée des représentants du peuple devant laquelle il formerait le projet de s’exprimer, comme le prévoit la Constitution. Dans cet exercice, il ne s’exceptera  sans doute pas de s’attarder  sur les écueils, les obstacles et les impondérables auxquels il a dû, lui et son équipe ministérielle, faire face, ce qui a inéluctablement pris à rebours ses projets, ses réformes, le sort de ses décisions, et finalement se retrouver dos au mur.

Pour Habib Essid, il était déjà difficile d’être choisi pour présider le gouvernement, mais c’est  encore pire quand il s’agit d’y rester. N’étant pas du sérail, celui des partis, et d’abord de Nidaâ Tounès, vainqueur des élections législatives, il croulait  déjà sous une tare rédhibitoire qu’il a traînée tout au long de son mandat. Sa gestion qu’il voulait rigoureuse de la  chose publique ne lui a été pas non plus d’un grand secours alors même que s’élevaient en chœur des voix persistantes pour appeler à la bonne gouvernance, à la lutte contre la corruption et à l’Etat de droit. On se rappelle à cet égard ses coups de gueule et de colère contre les hauts commis de l’Etat qui remplissaient peu ou mal leur office, allant même jusqu’à les congédier. Enfin, et c’est là le pire, et n’étant pas rompu à l’art de la communication, il était bien en peine d’expliquer ce qu’il faisait, ce qu’il décidait et ce qu’il projetait de faire. Une contreperformance qui lui a joué une interminable succession de tours, et même le jetant en pâture à une opinion publique toujours frustrée de ne voir rien venir, par ailleurs, immodérément persifleuse, et débridée, s’exprimant sur toutes les fréquences et tous les réseaux, sociaux et autres.

Il est dès lors fatal que la confiance s’étiole petit à petit, que le gouvernement soit voué aux gémonies, faute de ne pas pouvoir ou savoir tenir les mirobolantes promesses de la campagne électorale, alors que ceux qui l’avaient faites savaient, et mieux que quiconque, qu’elles demeureraient lettres mortes, du moins pour une parties d’entre elles. Un composé de faits, d’actes et de situations qui appelaient naturellement une sanction, et celle-ci a été sentencieusement rendue, d’abord, en pointillé par le président de la République, Béji Caïd Essebsi, qui avait pourtant pris sur lui de choisir Habib Essid, malgré les réserves émises ici et là et surtout  le tollé des siens, ceux de Nidaâ Tounès, qui se voyaient privés d’un droit dont l’exercice leur est légitimement reconnu par la Constitution. Sanction aussi du deuxième parti de la majorité, nommément Ennahdha, qui au départ, ne voyait pas d’un bon œil que le chef du gouvernement soit remplacé, mais qui, en chemin, a tourné casaque pour se ranger à l’avis prépondérant et appeler de ses vœux son départ.

Une crise qui en enfante deux autres

L’Accord de Carthage qui vient d’être scellé a-t-il vocation à mettre fin à la crise ? C’est autour de cette lancinante question que s’organise le débat et qui nourrit les incertitudes. Il s’agira d’abord de trancher la question du profil du prochain timonier du gouvernement. Deux acteurs majeurs et incontournables de la scène politique et sociale, le mouvement Ennahdha et l’UGTTont commencé déjà à fourbir leurs armes en attendant peut-être de sortir la grande artillerie pour imposer leur choix.  Rached Ghannouchi veut que le successeur de l’actuel chef du gouvernement soit issu d’un parti. L’Organisation ouvrière ne l’entend pas de cette oreille et tient à ce que la désignation du  prochain locataire de la Kasbah n’obéisse pas à la logique partisane. Béji Caïd Essebsi, lui, affirme qu’il ne proposera pas de nom pour la succession de Habib Essid  pas plus que la présidence de la République ne sera partie prenante dans les consultations qui seront engagées à cette fin. Un autre pavé dans la mare de la formation du gouvernement d’union nationale, et les choses étant ce qu’elles sont, et pareillement l’intransigeance dont sont capables l’un et l’autre, nul ne peut se hasarder à pronostiquer un épilogue.

Mais le plus dur dans cet épisode post-accord de Carthage, tient évidemment au lapin que Habib Essid s’apprête à sortir de son chapeau. Se résoudra-t-il à capituler et à présenter sa démission, ouvrant ainsi un boulevard  devant le processus de formation du prochain gouvernement?  Rien ne donne à penser qu’il acceptera d’être la victime consentante d’un départ sur lequel il aurait peu de prise. Et il ne cesse de le faire savoir en  enchaînant les audiences avec ses ministres, exercice dont il n’a jamais été coutumier, en présidant, CMR sur CMR, en dirigeant les travaux du Conseil des ministres, en inaugurant les chrysanthèmes ailleurs qu’à la Kasbah, bref en vaquant à ses missions comme si de rien n’était, histoire de notifier qu’il est toujours là et qu’il faut compter avec lui.

Un scénario qui ne semble pas prendre la route au rebours d’un deuxième qui verra l’actuel chef du gouvernement aller à l’ARP pour solliciter de nouveau la confiance des groupes parlementaires. C’est l’hypothèse la plus probable et à laquelle semble travailler sérieusement Habib Essid. C     e sera l’occasion pour lui de tout déballer, le bon et le mauvais, et expliquer aux députés et à travers eux à l’opinion publique, les tenants et les aboutissants de la totalité de sa gestion, en mettant l’accent sur ce qui n’a pas marché et sur ceux qui étaient derrière. D’aucuns y voient une initiative chevaleresque qui lui permette d’être son propre avocat et de montrer qu’il avait rempli son office diligemment, honnêtement et sans répit, une façon de couper l’herbe sous les pieds de ses détracteurs et des prochains gouvernants, et de s’exonérer à l’avance de tout ce qui pourrait l’accabler. Ce faisant, il  évitera, penserait-il, de sortir par la petite porte  pour passer à la postérité comme le chef du gouvernement qui aura tout fait et qu’il a gi comme un père de famille autant que le lui permettaient les circonstances.

Enfin  troisième schéma constitutionnel, affronter la motion de censure à l’initiative d’au moins trente députés. Mais pour ce faire, il va falloir attendre la fin de l’état d’urgence qui interdit, constitutionnellement, tout dépôt de pareille motion « sous des mesures exceptionnelles ». Une hypothèse dont on s’accorde à dire qu’elle est peu envisageable, d’abord parce que les deux partis majoritaires n’en voudront pas et ensuite parce qu’elle est génératrice de conséquences très fâcheuses pour le pays et son image de berceau du printemps arabe.

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Le ramdam des consultations ayant été déclaré sentencieusement terminé, le processus de formation  du gouvernement d’union nationale oblique désormais vers ce qui est le plus dur à faire : tomber d’accord sur celui qui le dirigera, le composer, répartir les portefeuilles et mettre en œuvre les priorités convenues. Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, auteur de l’initiative, avec la satisfaction du devoir accompli, passe le témoin aux partis politiques.

Ce ne sera  pas une sinécure, chacun ne se faisant pas faute de tirer la couverture à soi, d’essayer de placer les siens, imposer ses vues, et pourquoi pas manœuvrer, ce qui est après tout le propre de la politique. Le plus funeste dans tout cela est que l’opération dans sa totalité risque d’être compromise voire de finir en eau de boudin. La question la plus polémique qu’il va falloir trancher se rapporte à l’actuel chef du gouvernement Habib Essid dont sept ministres de Nidaâ Tounès, des poulains de Hafedh Caïd Essebsi, dit-on, veulent la tête. Talleyrand ne disait-il pas que « le meilleur moyen de renverser un gouvernement, c’est d’en faire partie » !  En face, cependant, des hiérarques du même parti font tout pour le garder. L’intéressé lui-même continue d’entretenir le flou, mais nombreux sont ceux qui lui prêtent le projet de jouer la carte constitutionnelle, en s’en remettant aux députés de l’Assemblée des représentants du peuple pour décider de son sort. Et ceci n’ira pas sans compliquer une situation déjà fortement embroussaillée avec une économie qui s’empêtre dans des abysses sans fin, des tensions sociales qui peuvent être remuées à tout instant et des perspectives nulles pour des centaines de milliers de jeunes, chômeurs ou en voie de le devenir. N’est-ce pas là un composé d’ingrédients propices à une radicalisation rampante et partant à une offre terroriste qui a déjà trouvé preneur auprès des milliers de Tunisiens tournés en jihadistes actifs dans les foyers de tension et dont le retour donne des frayeurs aux autorités du pays d’origine ?

Si avec tous ces tourments, la Tunisie se paie une crise politique dont les conséquences sont sans  aucune commune mesure avec celles que le pays a dû endurer jusqu’à présent, on mesurera alors combien il est urgent pour sa classe politique d’entendre raison et d’éviter à la Nation ce qui serait en toute rigueur sémantique un désastre si le gouvernement d’union nationale manquait à voir le jour, et séance tenante.

L’initiative présidentielle a-t-elle tourné court ?

Au point et à la cadence où en vont les choses, on ne serait pas dans la posture d’attendre que le gouvernement se forme de sitôt, si jamais il était écrit dans le ciel qu’il le soit. Déjà,  les participants aux consultations autour de l’initiative présidentielle et les signataires du document de synthèse les sanctionnant ne semblent pas pressés d’enchaîner les étapes, et nombre d’entre eux s’apprêtent à en référer aux états-majors de leurs partis. Une procédure qui est dans le droit fil des pratiques démocratiques mais qui n’a pas l’heur d’insuffler les impulsions nécessaires à un projet sur lequel beaucoup d’espoirs sont fondés.

Et puis et surtout, il y a cette question de la motion de censure, point de passage obligé pour changer le chef du gouvernement en exercice. Le constitutionnaliste Kais Saied vient de jeter un pavé dans la mare en affirmant, que « eu égard à la situation que traverse la Tunisie, et à la décision prise par le président de la République de prolonger l’état d’urgence, il est inconstitutionnel de déposer une motion de censure contre le gouvernement au motif que le pays est sous le coup de mesures exceptionnelles ». En effet, l’article 80 de la Loi fondamentale dispose que « dans cette situation [cas de péril imminent menaçant l’intégrité nationale, la sécurité et l’indépendance du pays…], le président de la République ne peut dissoudre l’Assemblée des représentants du peuple et il ne peut être présenté de motion de censure contre le gouvernement ».

Certes, cette disposition est interprétée lato sensu, mais le président de la République demeure toujours habilité à prendre les « mesures exceptionnelles » dont il est question, et qui interdit tout dépôt de mention de censure contre le gouvernement comme le stipule expressément l’article 80 de la Constitution.

Comme ont peut le voir, l’issue de la crise ne peut pas être d’essence constitutionnelle, mais politique, ce qui signifie entre autres, comme semblent le privilégier des acteurs majeurs de la scène politique et sociale, nommément le mouvement Ennahdha et l’UGTT, que Habib Essid devra être maintenu à la tête du gouvernement moyennant un vaste  remaniement ministériel qui réponde au schéma assigné au gouvernement d’union nationale par l’initiative présidentielle réajustée par les partis politiques qui l’ont rejointe.

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La France et l'Allemagne veilleront à ce que l'Europe apporte un soutien

Il n’y aura pas de motion de censure «de gauche» déposée contre le gouvernement de Manuel Valls. Laurent Baumel, l’un des «frondeurs» du PS a reconnu ce mercredi après-midi qu’il manque deux signatures pour y parvenir.

«Nous ne serons pas en mesure de déposer une motion de censure», a reconnu devant une forêt de micros et de caméras le député d’Indre-et-Loire.

A l’expiration du délai de dépôt, le projet de motion «a recueilli 56 signatures, il en fallait 58», a déclaré Laurent Baumel. Il a précisé qu’il y avait «plus de 30 socialistes» parmi les signataires. Les noms de tous les signataires ont été publiés en fin d’après-midi.

Outre les frondeurs du PS, la liste comporte des élus écologistes comme Cécile Duflot ou Sergio Coronado mais aussi des élus communistes comme André Chassaigne ou Marie-Georges Buffet. Plus surprenant, le député Thomas Thévenoud, non apparenté, ou le centriste Jean Lasalle.

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«La politique africaine ne peut se développer uniquement avec les visites, sporadiques et de courte durée ou seulement à travers le seul ministre des...

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