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Mustapha Kamel Nabli, BCT, Tunisie

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S’exprimant

S’exprimant , lundi soir, lors d’un débat sur la chaîne de télévision publique Wataniya 1, Mustapha Kamel Nabli, dont le président provisoire de la République, avait décidé le limogeage , de ses fonctions de gouverneur de la Banque centrale  de Tunisie, a révélé qu’il avait, depuis une semaine, sollicité audience auprès du chef de l’Etat , pour lui présenter le Rapport annuel de la BCT.

Le gouverneur de l’institut d’émission attend encore que le président provisoire de la République daigne lui répondre, et probablement le recevoir.

Il est essentiel de rappeler que la présentation du rapport  annuel de la BCT constitue  un  grand moment de l’actualité économique et financière de la Tunisie, et les deux présidents qui se sont succédé à la magistrature suprême du pays, depuis son indépendance, ont toujours sacrifié à cette tradition républicaine.

Doit-on voir dans le peu d’empressement que Marzouki met pour recevoir le gouverneur de la BCT,   un signe d’irritation à l’idée de devoir  recevoir , à son corps défendant  Mustapha Kamel Nabli qu’il avait décidé péremptoirement de relever de ses fonctions, et qui est toujours là ? Si c’est le cas, bonjours les dégâts pour la République, ses traditions et son prestige !    

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Après avoir continué

Après avoir continué, une année durant et depuis la nomination, pour 6 ans d’un ancien haut cadre de la Banque Mondiale en la personne de Mustapha Kamel Nabli,  à tirer la sonnette d’alarme quant à la détérioration de la situation économique, la BCT publie, le 15 février courant, un communiqué qui en a surpris plus d’un et même suscité quelques réserves.

«Le Conseil a passé en revue les derniers développements de la situation économique et financière   nationale relevant l’apparition de prémices d’amélioration de l’économie nationale au début de l’année en cours», disait le communiqué publié à l’issue de la réunion du conseil d’administration de la Banque Centrale de Tunisie (BCT). Les deux mots qui ont fâché certains, ont été «prémices d’amélioration». Cela, d’autant plus que tout de suite après, le même communiqué alignait un autre ensemble d’indicateurs, pour le moins, alarmants. Décryptage.

          Ce qui ne va pas.

Les indicateurs négatifs ont été plus nombreux que les indicateurs positifs. Par le chiffre, ce sont 2 contre 4. Ce qui n’allait pas, en ce deuxième constat, factuel et non structurel, faut-il le préciser, c’est d’abord le déficit courant qui s’élargit d’un mois à l’autre. En janvier 2011, ce déficit était de 0,5 % par rapport au PIB et, en janvier 2012, il était monté à 0,9 % du PIB. Ceux qui connaissent apprécieront. Ce sont ensuite les avoirs nets en devises qui ne sont plus qu’à 10,285 milliards DT, au 17 février.

 Sachez que l’importation a signé 56 MDT en seulement deux jours (entre le 15 février date du communiqué et le 17 février date de notre chiffre). A cette baisse, il faudra ajouter le paiement d’un crédit de 650 millions USD, en mars prochain, et l’avis des professionnels qui certifient que cette baisse des avoirs en devises a pris une orientation descendante difficile à relever. C’est encore la contraction de la liquidité bancaire qui se poursuit et nécessite l’injection de 3,873 milliards DT. L’argent ne coule plus à flots dans les caisses des banques, et ces dernières ne pouvant plus recourir à un appel de fonds en interbancaire, vont acheter de l’argent, plus cher, auprès de la BCT. Résultat : le TMM s’envole et grimpe à 3,71% contre 3,16 %, un mois auparavant. On ajoutera qu’au mois de novembre 2011, l’indice de la production industrielle (IPI) était en berne de -3,2 % dans l’ensemble, de -57,1 % dans le secteur des mines, de -5% dans le secteur de l’énergie, de -1,1 % dans le secteur des industries manufacturières en général. Tout cela, sans parler d’une inflation à 5,1 %, en janvier, malgré l’existence d’une inflation héritée de 2,1 %. Mais cela ne saurait intéresser le consommateur qui souffre toujours plus.

          Ce qui semble s’améliorer.

Face à tous ces ratios qui se dégradent, il y avait quand même et cela pourrait changer, à Dieu ne plaise, au cours du mois prochain, deux ou trois petites choses dont les améliorations sont presque perceptibles, mais qui n’en existent pas moins. D’abord le commerce extérieur. Les exportations avançaient de 2,6 %, en janvier, contre une baisse de 1,2 %, en janvier 2011. Une source autorisée du ministère de l’Industrie et du Commerce indique que «les exportations industrielles, au cours du mois de janvier 2012, se sont élevées à 1629 MDT  contre 1412 MDT, en 2011, enregistrant ainsi une augmentation de 15.4%, l’ensemble des exportations de bien a évolué de 2.6% ». La même source explique cette amélioration des exportations par «les performances du secteur des industries manufacturières dont une évolution de 55,5 % pour les industries agroalimentaires, +31,7 pour les IME, +20,9 pour le textile et +33,7 % pour les composants électriques».

A cela, on peut opposer le fait que janvier 2011 n’est pas la meilleure des références et que l’augmentation de janvier 2012 pourrait provenir de stocks et non de production, bien que les professionnels fassent prévaloir la hausse perceptible de la consommation en électricité, moyenne et haute tension, propre à l’industrie. Le plus important, à notre avis, c’est la hausse de 21,6 % de l’importation. Dans une industrie de transformation comme celle de la Tunisie, l’indicateur vaut son pesant d’or et pourrait même expliquer l’optimisme du conseil d’administration de la BCT, composé il faut le dire, d’hommes d’affaires, de financiers et d’économistes avertis. Le communiqué de la BCT met l’accent sur la hausse des importations de biens d’équipement et des matières premières et demi-produits. Pour les seuls produits d’équipement, l’importation a enregistré une hausse de 29,4 %. Cela veut dire qu’il y a de l’investissement, création de richesses et d’emplois dans l’air. Lorsque l’importation, en textile & habillement, augmente de 18,9 %, en janvier 2012, cela veut dire qu’il y a de la réexportation dans le pipe aussi. A tout cela, il faut ajouter cette hausse, inattendue mais la bienvenue, des rentrées d’argent du secteur touristique. Jusqu’au 10 janvier, les recettes touristiques étaient estimées à 238 MDT, contre 185 MDT pour la même période. Et si l’on oppose le fait que 2010 n’est pas la bonne référence, on explique que c’était seulement 215 %DT au cours de la  même période de l’année 2010. Nous croisons certes les doigts pour que cela continue, mais nous attendrons, pour le croire,  les chiffres du Booking de la part du ministère du Tourisme qui n’a pas l’habitude de les publier.

          Ce qu’il faut donc retenir.

2 indicateurs qui s’améliorent contre 4 qui baissent toujours, c’est juste la moyenne. C’est certes mieux que rien dans cette conjoncture, nationale et internationale, qui ne s’éclaircit pas, face à un gouvernement qui donne l’impression de plus gigoter que de travailler et produire des décisions et s’entête à clouer au sol 460 hommes d’affaires, qui ne décide toujours rien pour les dizaines d’entreprises confisquées et qui s’enlisent dans les dettes, qui ne bouge pas contre les grèves et sit-in qui paralysent production et exportation, et la liste indicative de l’immobilisme économique assourdissant du gouvernement s’allonge. A notre humble avis, la BCT a vite fait de dire qu’il y a des prémices d’amélioration de l’économie nationale. Les indices proposés restent en effet trop fragiles pour devenir concluants.

Khaled Boumiza

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