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De nouvelles violences ont éclaté en Tunisie

De nouvelles violences ont éclaté en Tunisie, après l’assassinat de Mohamed Brahmi. Dans un contexte de difficultés économiques et de crise politique, certains économistes évoquent une conjoncture encore plus détériorée. D’ailleurs, pour la première fois, le dinar tunisien a atteint, le 26 juillet 2013, son plus bas niveau historique par rapport aux devises étrangères. Et au lendemain de l’assassinat du martyr, 1 euro vaut 2,19DT et 1 dollar vaut 1,65DT.

Ces indicateurs économiques virant au rouge s’accumulent, depuis ces derniers jours ! L’économie paye le prix fort du climat de violence politique. La classe politique en général, et le gouvernement en particulier, doivent comprendre que la situation est préoccupante. Plusieurs chaînes internationales ont profité pour véhiculer une mauvaise image du pays en parlant de cet acte terroriste et c’est la Tunisie et l’économie nationale qui en payeront le lourd tribut !

Dans une interview accordée à Africanmanager, Karim Ben Kahla, Directeur de l’Institut Supérieur de Comptabilité et d’Administration des Entreprises, nous a confirmé que la situation économique risque de se compliquer davantage, si les négociations ne sont pas engagées entre la troïka et l’opposition.

Selon lui , il y a une quinzaine de points essentiels à prendre en compte pour “sauver ce qui reste à sauver”:

« Ne pas dissoudre la constituante. En l’état actuel des choses, cela risque d’être une perte de temps et d’énergie et un arrêt brutal pour ce qui reste un apprentissage (très difficile et douloureux) de la démocratie. Plus grave encore, aucune autre institution ne pourrait recueillir le consensus de toutes les autres parties. Si nous sommes d’accord pour dire que la constituante actuelle n’a plus de légitimité et que nous avions proposé de « renouveler » celle-ci par un référendum, il serait extrêmement difficile de trouver, aujourd’hui, une instance suffisamment légitime pour gérer la transition et encore moins la crise. Il faut, de toute urgence, accepter de réformer sérieusement la constituante plutôt que de la dissoudre. Il faut également se mettre autour d’une table pour une feuille de route précise qui prenne en compte les intérêts de la Nation plutôt que ceux des partis politiques ».

« Choisir un membre de l’opposition en tant que nouveau président de la constituante afin de redonner un peu plus d’équilibre et de confiance au sein de la constituante ».

« Remplacer le gouvernement actuel par un gouvernement plus resserré composé de compétences nationales reconnues pour leur expertise, patriotisme et neutralité. Ces membres du nouveau gouvernement devront s’engager à ne pas se présenter aux prochaines élections ».

« Revenir à l’ancienne instance pour l’organisation des élections. Celle qui est en cours d’élection semble être trop liée aux calculs des partis en place au sein de la constituante et notamment à la troïka. Elle ne représente pas tous les autres partis non présents dans la constituante ni toutes les autres franges de la société. Aucun doute sur la neutralité ni l’indépendance de cette instance (par rapport aux acteurs en présence) n’est admissible. Or, se partager la composition de cette instance ne résout pas le problème. Nous avons besoin d’une instance ayant déjà fait ses preuves, compétente et crédible pour faire le travail rapidement et en toute neutralité. Il est extrêmement important que les prochaines élections ne soient pas entachées de doutes sur la neutralité ou sur la compétence de l’instance en charge de celles-ci. Il est également possible de rajouter les membres qui viennent d’être élus à l’ancienne ISIE ».

« Dissoudre les ligues de « protection de la révolution » et toutes les autres organisations ou milices qui ont commis des violences ou qui enveniment les relations entre les partenaires politiques et qui risquent de miner la confiance ou de menacer l’organisation des prochaines élections ».

« Constituer une commission spéciale d’investigation sur les assassinats et les violences politiques (en y incluant des membres de la constituante et de la société civile, notamment l’ordre des avocats, les juges, l’UGTT, etc.). Cette commission veillera notamment à informer le grand public sur l’avancement des investigations et à tirer les conséquences politiques et institutionnelles de ce qui s’est passé ».

« Mettre en œuvre une haute instance pour la sécurité nationale et la lutte contre le terrorisme. »

« Revoir les nominations partisanes notamment au niveau du ministère de l’intérieur et dans les gouvernorats (on ne peut organiser des élections crédibles, sérieuses et libres avec des gouverneurs qui appartiennent à un quelconque parti politique) ». « Confier le projet de constitution actuel à une équipe de véritables spécialistes en droit constitutionnel pour qu’ils y apportent les corrections nécessaires avant mi-août ».

« S’engager à terminer la rédaction (et les corrections) de la constitution avant fin septembre ».

« Soumettre la constitution à un référendum populaire, le 23 octobre. Ce point est particulièrement important, même si le tunisien moyen ne s’y connait pas en constitution, ce document (la constitution) n’est pas que « technique ». Il reste essentiellement à vocation politique. L’important n’est pas d’avoir une « belle » constitution, mais d’avoir des citoyens qui adhérent à celle-ci. Or, au vu des problèmes de crédibilité de la constituante, nous risquons d’avoir une « belle » constitution méprisée par le commun des citoyens. Seul le référendum redonnera de la valeur (et une appropriation) de ce document fondamental ».

« Organiser des élections locales ensuite, législatives et enfin présidentielles dans un délai qui ne dépasse pas une année et sans aucune forme d’exclusion d’aucun parti ni d’aucun acteur politique. Rien ne peut être sérieusement construit sur l’exclusion. Surtout pas l’exclusion des adversaires politiques ».

« Élaborer, dans un délai ne dépassant pas les 2 mois, une feuille de route consensuelle afin d’accélérer la mise en place de la justice transitionnelle ».

« Entreprendre un audit de la dette tunisienne (dans un délai de 4 mois).

« Se mettre autour d’une table de négociation afin de signer dans les plus brefs délais une “trêve sociale” avec l’UGTT (et les autres centrales syndicales). Cette trêve impliquera notamment un engagement de ne pas faire de grèves pour la prochaine année ».

Nadia Ben Tamansourt

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De nouvelles violences ont éclaté en Tunisie

De nouvelles violences ont éclaté en Tunisie, après l’assassinat de Mohamed Brahmi. Dans un contexte de difficultés économiques et de crise politique, certains économistes évoquent une conjoncture encore plus détériorée. D’ailleurs, pour la première fois, le dinar tunisien a atteint, le 26 juillet 2013, son plus bas niveau historique par rapport aux devises étrangères. Et au lendemain de l’assassinat du martyr, 1 euro vaut 2,19DT et 1 dollar vaut 1,65DT.

Ces indicateurs économiques virant au rouge s’accumulent, depuis ces derniers jours ! L’économie paye le prix fort du climat de violence politique. La classe politique en général, et le gouvernement en particulier, doivent comprendre que la situation est préoccupante. Plusieurs chaînes internationales ont profité pour véhiculer une mauvaise image du pays en parlant de cet acte terroriste et c’est la Tunisie et l’économie nationale qui en payeront le lourd tribut !

Dans une interview accordée à Africanmanager, Karim Ben Kahla, Directeur de l’Institut Supérieur de Comptabilité et d’Administration des Entreprises, nous a confirmé que la situation économique risque de se compliquer davantage, si les négociations ne sont pas engagées entre la troïka et l’opposition.

Selon lui , il y a une quinzaine de points essentiels à prendre en compte pour “sauver ce qui reste à sauver”:

« Ne pas dissoudre la constituante. En l’état actuel des choses, cela risque d’être une perte de temps et d’énergie et un arrêt brutal pour ce qui reste un apprentissage (très difficile et douloureux) de la démocratie. Plus grave encore, aucune autre institution ne pourrait recueillir le consensus de toutes les autres parties. Si nous sommes d’accord pour dire que la constituante actuelle n’a plus de légitimité et que nous avions proposé de « renouveler » celle-ci par un référendum, il serait extrêmement difficile de trouver, aujourd’hui, une instance suffisamment légitime pour gérer la transition et encore moins la crise. Il faut, de toute urgence, accepter de réformer sérieusement la constituante plutôt que de la dissoudre. Il faut également se mettre autour d’une table pour une feuille de route précise qui prenne en compte les intérêts de la Nation plutôt que ceux des partis politiques ».

« Choisir un membre de l’opposition en tant que nouveau président de la constituante afin de redonner un peu plus d’équilibre et de confiance au sein de la constituante ».

« Remplacer le gouvernement actuel par un gouvernement plus resserré composé de compétences nationales reconnues pour leur expertise, patriotisme et neutralité. Ces membres du nouveau gouvernement devront s’engager à ne pas se présenter aux prochaines élections ».

« Revenir à l’ancienne instance pour l’organisation des élections. Celle qui est en cours d’élection semble être trop liée aux calculs des partis en place au sein de la constituante et notamment à la troïka. Elle ne représente pas tous les autres partis non présents dans la constituante ni toutes les autres franges de la société. Aucun doute sur la neutralité ni l’indépendance de cette instance (par rapport aux acteurs en présence) n’est admissible. Or, se partager la composition de cette instance ne résout pas le problème. Nous avons besoin d’une instance ayant déjà fait ses preuves, compétente et crédible pour faire le travail rapidement et en toute neutralité. Il est extrêmement important que les prochaines élections ne soient pas entachées de doutes sur la neutralité ou sur la compétence de l’instance en charge de celles-ci. Il est également possible de rajouter les membres qui viennent d’être élus à l’ancienne ISIE ».

« Dissoudre les ligues de « protection de la révolution » et toutes les autres organisations ou milices qui ont commis des violences ou qui enveniment les relations entre les partenaires politiques et qui risquent de miner la confiance ou de menacer l’organisation des prochaines élections ».

« Constituer une commission spéciale d’investigation sur les assassinats et les violences politiques (en y incluant des membres de la constituante et de la société civile, notamment l’ordre des avocats, les juges, l’UGTT, etc.). Cette commission veillera notamment à informer le grand public sur l’avancement des investigations et à tirer les conséquences politiques et institutionnelles de ce qui s’est passé ».

« Mettre en œuvre une haute instance pour la sécurité nationale et la lutte contre le terrorisme. »

« Revoir les nominations partisanes notamment au niveau du ministère de l’intérieur et dans les gouvernorats (on ne peut organiser des élections crédibles, sérieuses et libres avec des gouverneurs qui appartiennent à un quelconque parti politique) ». « Confier le projet de constitution actuel à une équipe de véritables spécialistes en droit constitutionnel pour qu’ils y apportent les corrections nécessaires avant mi-août ».

« S’engager à terminer la rédaction (et les corrections) de la constitution avant fin septembre ».

« Soumettre la constitution à un référendum populaire, le 23 octobre. Ce point est particulièrement important, même si le tunisien moyen ne s’y connait pas en constitution, ce document (la constitution) n’est pas que « technique ». Il reste essentiellement à vocation politique. L’important n’est pas d’avoir une « belle » constitution, mais d’avoir des citoyens qui adhérent à celle-ci. Or, au vu des problèmes de crédibilité de la constituante, nous risquons d’avoir une « belle » constitution méprisée par le commun des citoyens. Seul le référendum redonnera de la valeur (et une appropriation) de ce document fondamental ».

« Organiser des élections locales ensuite, législatives et enfin présidentielles dans un délai qui ne dépasse pas une année et sans aucune forme d’exclusion d’aucun parti ni d’aucun acteur politique. Rien ne peut être sérieusement construit sur l’exclusion. Surtout pas l’exclusion des adversaires politiques ».

« Élaborer, dans un délai ne dépassant pas les 2 mois, une feuille de route consensuelle afin d’accélérer la mise en place de la justice transitionnelle ».

« Entreprendre un audit de la dette tunisienne (dans un délai de 4 mois).

« Se mettre autour d’une table de négociation afin de signer dans les plus brefs délais une “trêve sociale” avec l’UGTT (et les autres centrales syndicales). Cette trêve impliquera notamment un engagement de ne pas faire de grèves pour la prochaine année ».

Nadia Ben Tamansourt

INTERVIEW

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