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La situation économique de la Tunisie est tellement complexe, trouble, instable depuis quelques années que des institutions de la trempe de l’Agence de Notation Moody’s, qui pourtant maitrisent leur affaire sur le bout des doigt, y perdent leur latin et leur boussole. Il faudrait une véritable boule de cristal pour y voir quelque chose. Et encore. Dans un sens c’est pas une mauvaise chose car on peut se dire que ce flou est également la preuve que le contexte peut muter favorablement, à tout moment. C’est une façon de percevoir la situation ; si on la prend par l’autre bout de la lorgnette, cela rend impossible toute prévision à court et moyen terme, ce qui est synonyme d’incertitude, et donc forcément un mauvais signal pour les institutions financières internationales, les investisseurs, locaux comme étrangers et les pays partenaires. Moody’s vient de se prendre les pieds dans le tapis de ses prévisions en direction de la Tunisie, en se contredisant en l’espace de quelques semaines. En effet dans sa dernière mouture publiée dimanche 15 janvier 2017, l’agence place la Tunisie dans le lot des pays à perspective stable pour la solvabilité souveraine (avec la Jordanie, le Liban, le Maroc et l’Egypte), dans son rapport intitulé ” Les perspectives souveraines – Proche Orient et l’Afrique du Nord: Perspectives 2017 – L’impulsion de la réforme appuie les perspectives stables en dépit des défis continus”. Pourtant il y a quelques semaines, la musique était toute autre…

Moody’s justifie cette perspective stable par la chute des prix de l’énergie et la dynamique des réformes – dans le cas de la Tunisie on attend toujours de voir – dans la région.
D’après le même document, lequel est, précisons-le, une photographie des marchés et non un acte de notation, “l’amélioration de l’élan de croissance et l’accès aux sources de financement externes dans les programmes du Fonds monétaire international (…) confirment” les “perspectives de crédit stables”, a indiqué Elisa Parisi-Capone, vice-présidente chez Moody’s.
La rapport indique tout de même qu’à l’exception de la Tunisie, tous les pays passés à la loupe dans la région présentent des bases de financement internes leur permettant de desserrer l’étau de la dépendance vis-à-vis de l’endettement extérieur, même si les niveaux d’endettement sont hauts et les besoins financiers bruts conséquents : 55,6% du PIB en Egypte, 30,8%, 21,5% en Jordanie, 12,2% au Maroc et 9,4% en Tunisie.

Par ailleurs en Tunisie les perspectives négatives “reflètent également un resserrement des conditions de financement externe lié à l’endettement en devises et à la structure de financement”, indique Moody’s, qui situe le déficit de la balance des opérations courantes à 7,5% en 2017 et de 7,3% en 2018, donc un léger repli à venir.
En outre, la fonte des prix de l’énergie a fortement participé au “rééquilibrage externe graduel de la région et a contribué à compenser le recul du secteur touristique, de l’investissement étranger direct et la réduction des transferts financiers des pays du Conseil de coopération du Golfe”.

Le son de cloche a changé !

Il y a quelques semaines, plus précisément le 22 novembre 2016, Moody’s indiquait que la Tunisie risquait gros à cause de la dégradation de ses finances publiques. L’agence de notation Moody’s faisait planer la menace d’une baisse de la note de la dette souveraine tunisienne du fait du glissement inquiétant des finances publiques. Certes le communiqué confirmait le “Ba3” de la Tunisie, une note attribuée aux émetteurs aptes à honorer leurs engagements, avec des aspects spéculatifs, mais la perspective était passée de “stable” à “négative”. L’agence reprochait à la Tunisie “les retards continus vers la consolidation budgétaire qui mène à l’aggravation du déficit budgétaire et à une trajectoire du niveau de la dette par rapport au PIB qui s’éloigne de plus en plus de la moyenne des pays placés dans la même catégorie”. Elle pointait également du doigt le fait que le gouvernement ait revu à la hausse, dans le projet de la loi de finances 2017, les prévisions de déficit budgétaire pour cette année et l’an prochain à respectivement 5,7% et 5,4% du PIB, et que “la dette du gouvernement atteigne 63,2% du PIB fin 2016 contre 54,9% en 2015″… Bref le dossier à charge était costaud!

Il semble donc que la Tunisie, dans la dernière prévision de Moody’s, soit portée par un contexte régional favorable. Cela ne veut pas dire pour autant que les problèmes domestiques sont réglés, loin de là. Les moteurs de l’économie (phosphate, tourisme…) sont toujours aussi poussifs, le climat social toujours aussi instable (en témoignent les remous dans les régions dernièrement), la consommation, un des relais de la croissance, toujours aussi énigmatique (même les chiffres de l’honorable INS sont maintenant contestés !), quant à l’oxygène qu’on attend de la Conférence internationale de l’investissement, il ne viendra qu’en 2018 à cause de l’épaisse paperasse qui accompagne ces décaissement colossaux, selon le ministre de la Coopération internationale. Tout cela pour dire que les lendemains qui chantent ne sont pas pour maintenant…

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L’agence internationale de notation de crédit Capital Intelligence Ratings, a annoncé mercredi           avoir dégradé la note de solidité financière de la Banque Nationale Agricole (BNA) de ‘B’ à ‘B-‘. Elle a expliqué sa dégradation de la note par le niveau accru des prêts non performants (NPLs), l’année dernière, et la baisse de la couverture et de la rentabilité y associée.

La note reste limitée par une très faible qualité des actifs du portefeuille prêts, la faible couverture des pertes sur prêts, et de faibles niveaux de liquidité et de capital, ce dernier étant exacerbé par l’insuffisance des provisions.

CI Ratings a également abaissé la note à long terme en devises étrangères de la BNA de ‘B’ à ‘B-‘ pour les mêmes raisons que celles de la note de solidité financière. Cependant, la note à court terme en devises étrangères est maintenue à ‘B’. Les notes en devises étrangères sont limitées par la faiblesse du profil financier de la Banque, mais elles sont soutenues par l’actionnariat majoritaire du gouvernement. Les perspectives pour toutes les notes sont révisées de « négatives » à « stables ». CI prévoit qu’une image plus claire émergera bientôt concernant la restructuration et la marche à suivre par la Banque. La note de soutien est maintenue à ‘3’. L’agence estime qu’il existe une forte probabilité que la BNA serait soutenue en cas de besoin, car elle appartient à l’État et détient une part importante du marché.

Les NPLs ont augmenté en 2015

La BNA est la deuxième plus grande banque en Tunisie et assure d’importants services bancaires sur le marché intérieur avec environ quatorze pour cent des actifs du marché. Le profil financier de la Banque est très faible, ce qui reflète une très mauvaise qualité d’actifs du portefeuille prêts et l’insuffisante couverture des pertes sur prêts y associée, en plus de la très faible liquidité et de capital. Les créances douteuses ont augmenté de nouveau en 2015, et à un rythme plus rapide, ce qui reflète une croissance plus faible de l’économie, en particulier dans le secteur du tourisme, suite aux attentats terroristes. Le niveau global élevé des créances improductives reflète l’économie naissante et le loyer de l’argent géré par le gouvernement par le passé. Il reste des défis importants que l’économie tunisienne doit relever, et cela va continuer à exercer une pression sur la qualité des actifs du portefeuille prêts de la Banque. La faible qualité des actifs a entraîné une faible rentabilité en raison du coût de portage des créances improductives et la charge élevée continue du provisionnement, qui absorbe une grande partie du résultat d’exploitation. Ce dernier reste faible, ayant continué de se détériorer en 2015.

 La liquidité de la BNA est serrée due au fait que les prêts constituent un pourcentage élevé de l’actif total, et la base de l’actif liquide est faible. En outre, le marché des dépôts de la clientèle en Tunisie a été faible au cours des dernières années, avec les banques comptant sur la Banque centrale de Tunisie (BCT) pour des liquidités supplémentaires. Le capital a besoin d’être augmenté, mais cela est quelque peu tributaire de l’orientation stratégique de la BNA à l’ avenir. Il est question que la BNA pourrait ne pas avoir besoin de capitaux supplémentaires en raison des garanties explicites de l’Etat pour les prêts aux entreprises lui appartenant et les ventes d’actifs prévues. Toutefois, CI considère sa position de capital comme étant faible.

Les origines de la Banque remontent à 1959, date de la fondation de l’une des deux banques spécialisées dans le financement agricole dont la fusion en 1990 a donné naissance à la BNA. La République de Tunisie et institutions par-publiques possèdent 66% de la Banque, le gouvernement en conserve le contrôle total de la gestion. À la fin de 2015, les actifs totaux de la BNA se sont élevés à 8.8 milliards de dinars tunisiens, soit 4.3 milliards de dollars US.

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L’agence de notation Standard & Poors a révisé mercredi de stable à négative la perspective de l’Arab Tunisian Bank (ATB) dont elle a dans le même temps affirmé à  “B + / B ‘ les notes de contrepartie crédit  long et court terme.

“La révision de la perspective de l’ATB reflète notre observation que la Tunisie fait face à de significatifs  défis économiques à court et à moyen terme, en raison de la faible croissance, des rigidités institutionnelles découlant de la faiblesse du système bancaire, du marché du travail tendu, et d’un faible code d’investissement.

«À notre avis, l’actuel gouvernement de coalition en Tunisie peine à créer les conditions nécessaires pour accélérer la croissance économique, améliorer le niveau de vie, et réduire le chômage. Les tensions sociales restent importantes, et les divisions politiques internes continuent d’entraver la mise en œuvre des réformes structurelles. En outre, la menace terroriste demeure relativement élevée. Les recettes touristiques se sont effondrées depuis les attentats terroristes meurtriers de l’année dernière, ce qui a pesé lourd sur l’économie. Les pressions, notamment externes, ont augmenté de façon importante, et nous pensons que les risques politiques et macroéconomiques ont augmenté », explique S&P.

Et d’ajouter: “Nous évaluons le profil de crédit intrinsèque(SACP) à ‘b +’. Nous considérons l’ATB comme une filiale stratégique de l’Arab Bank PLC (BB- / Negative / B). Nous n’incluons pas un relèvement de la note à long terme concernant le soutien de la maison-mère en raison de  notre évaluation de la solvabilité souveraine.

“La perspective négative de l’ATB reflète principalement notre opinion  qu’elle fait face à des risques accrus liés à son environnement d’exploitation en Tunisie.

“Nous abaisserions  notre notation relative à l’ATB si l’instabilité politique, les menaces extérieures, ou  la volatilité économique élevée  continuaient d’augmenter », prévient.

«Nous relèverions la  perspectives de l’ATB à stable si nous observions une amélioration de la solvabilité de la Tunisie”, assure Standard & Poors.

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L’agence de notation Fitch Ratings a confirmé la note nationale à long terme  de  Tunisie Factoring national (TF) à 'BBB (tun)' et  celle  de l'Union de Factoring (UF)  à 'BB (tun) '. La perspective des deux notes est stable

Fitch Ratings a confirmé la note nationale à long terme attribuée à la Caisse des prêts et de soutien des collectivités locales (CPSCL) à « AA-(tun) » ainsi que la note nationale à court terme à « F1+(tun) ». La perspective est stable.

La confirmation de la note avec perspective stable reflète des facteurs de notation globalement inchangés depuis la dernière revue de l’agence, principalement en ce qui concerne les liens entre la CPSCL et l’Etat tunisien (BB-/BB/négative/B). Ces derniers reposent sur un statut juridique solide, un contrôle étroit de la part de l’Etat et une importance stratégique élevée. La confirmation des notes prend également en compte le fait que les facteurs de notation resteront stables sur le moyen terme, selon Fitch.

L’encours de prêt s’est stabilisé en 2015 (-1%), l’Etat ayant alors accordé un volume plus important de dotations d’investissement aux communes tunisiennes, distribuées par la CPSCL, afin d’encourager les investissements prioritaires dans les infrastructures urbaines et reconstituer leur capacité d’autofinancement. Le recours aux prêts de la CPSCL s’en est trouvé légèrement diminué. Cependant, avec la mise en place du plan d’investissement 2015-2019 (« Programme de développement urbain et de gouvernance locale »), l’activité de prêt de la CPSCL devrait croître à moyen terme, notamment à partir de 2017-2018.

Les marges de manœuvre de la CPSCL en matière d’octroi de crédits et de distribution de subventions ont été légèrement accrues en 2014 par décret (30/09/14). Les taux d’intérêts et les échéances des prêts demeurent fixés par décret, mais sur proposition de la CPSCL, en s’appuyant notamment sur des considérations de risque de crédit et en prenant compte ses propres conditions de refinancement. Le décret de 2014 autorise également la CPSCL à proposer des prêts bonifiés. Ce léger gain d’autonomie représente une nouvelle approche pour la CPSCL qui a adapté son organisation en conséquence avec la mise en place d’une division risque de crédit dédiée.

La forte proportion d’encours douteux de la CPSCL reflète la faible capacité de remboursement des collectivités locales et un manque de rigueur historique en matière de service de la dette, souligne Fitch . De plus, les perturbations sociales et économiques qui se sont produites depuis janvier 2011 ont pesé sur le niveau d’impayés de la CSPCL. Le ratio de couverture de l’encours douteux est faible mais en voie d’amélioration (les provisions pour dépréciation et impayés représentaient 15,2% de l’encours total à fin 2015, contre 13,2% en 2009). Les provisions couvrent uniquement les impayés pour les créances de moins de 2 ans. Au-delà de cette ancienneté, la couverture porte sur 25% de l’encours. Cependant, Fitch estime que les ratios de qualité des actifs de la CPSCL devraient être considérés au regard de l’appui financier constant que l’Etat tunisien fournit aux collectivités locales.

En dehors de ses capitaux propres importants (41% de l’actif total, bien au-dessus des 10% exigés des banques par la réglementation tunisienne), la CPSCL s’appuie sur des financements bilatéraux de long terme, garantis par l’Etat tunisien, principalement fournis par l’Agence française de développement (AA/Stable/F1+) et la Banque européenne d’investissement (AAA/Stable/F1+). Les excédents de trésorerie, placés auprès de banques locales (263 millions de dinars tunisiens à fin 2015), constituent une réserve importante en cas de risque de liquidité. A fin 2015, le ratio de liquidité était confortable (145%, contre 100% exigés pour les banques tunisiennes).

Enfin , Fitch souligne que les notes de la CPSCL sont liées à celles de l’Etat. Un affaiblissement de l’importance stratégique de la CPSCL pour l’Etat tunisien ou tout changement défavorable en matière de gouvernance, conduisant à une dilution du contrôle de l’Etat, pourrait entraîner une dégradation des notes.

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