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Pierre Ménat, Tunisie

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La France est profondément heureuse de voir la liberté et la démocratie s’établir en Tunise, a affirmé l’Ambassadeur de France en Tunisie, Pierre Ménat, dans une interview à African Manager, ajoutant que son pays se tient aux côtés de la Tunisie, en ce moment historique. Interview :

Quel regard portez-vous sur la situation actuelle en Tunisie après la chute de Ben Ali?

Comme l’a dit mercredi 19 janvier M. Nicolas Sarkozy, Président de la République française, la France et tous les Français sont profondément heureux de voir la liberté et la démocratie s’établir en Tunisie, un pays ami avec lequel nos liens humains et historiques sont exceptionnellement forts.

Nous avons été impressionnés par le civisme exemplaire de la population tunisienne, qui a gardé son calme, même pendant les épisodes violents et qui se mobilise à présent pour que la vie normale reprenne son cours le plus vite possible, avec une conscience aiguë des enjeux de toute nature que revêt la reprise. C’est un signe très positif, en particulier pour les investisseurs étrangers.

 Comment jugez-vous la réaction de la classe politique française à la répression en Tunisie sachant que depuis le début des émeutes sociales en Tunisie, la classe politique française dans son ensemble se distingue par sa frilosité à condamner la violente répression opérée par le régime du président Ben Ali?

Je peux vous assurer que la France a clairement fait passer aux autorités en place, par tous les canaux dont elle disposait, un message condamnant l’utilisation disproportionnée de la violence. C’était une position très claire.

Dès le 14 janvier, la France a pris acte, par un communiqué de l’Elysée, de la transition engagée dans le respect de la Constitution tunisienne.

Comment expliquez-vous le silence relatif des politiques et du gouvernement ?

Deux principes sont au cœur de notre politique étrangère : la non-ingérence et le soutien à la liberté et à la démocratie. Il fallait veiller à ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures de la Tunisie, ce qui n’empêchait pas de saisir toutes les occasions pour évoquer les libertés.

Paris a souvent fait le choix d’agir dans la discrétion pour obtenir des résultats. Cela n’était pas public et donc pouvait passer pour du silence, ce qui ne correspondait pas à la réalité.

Pouvez-vous nous parler de l’impact de cette phase transitoire sur les relations entre la Tunisie et la France ?

Aujourd’hui, sur le plan politique, la France encourage le processus de transition pacifique du pouvoir, garant d’une démocratie solide et durable. Nous ferons tout ce que nous pourrons pour répondre à toute demande tunisienne tendant à accompagner cette évolution, dès maintenant et pour le long terme.

Le partenariat économique constitue un enjeu central pour nos deux pays. Je suis convaincu que nos relations dans ce domaine se renforceront encore, la démocratie constituant le meilleur gage d’une stabilité réelle. D’ailleurs, la présidente du MEDEF Laurence Parisot a déjà annoncé “une initiative” pour “développer encore plus intensément les partenariats économiques”.

Pour leur part, les touristes français seront sans doute heureux de se rendre dans un pays dont les habitants se sont illustrés par leur courage et leur dignité. Les télévisions françaises ont d’ailleurs réservé, dans leurs journaux, une place très importante, à la hauteur de l’évènement, à cette révolution.

Beaucoup d’entreprises étrangères, notamment françaises, se sont implantées en Tunisie en partenariat avec des proches de la famille régnante et là encore les incertitudes sont grandes. Le syndicat CFE-CGC/Unsa de France Télécom a mis les pieds dans le plat en s’interrogeant sur l’avenir d’Orange Tunisie, créé en mai 2010 et détenu à 49% par l’opérateur français et à 51% par Investec, société de Marouane Mabrouk, gendre de Ben Ali. Pouvez vous nous donner des éclaircissements ?

Orange a investi 260 millions d’euros en Tunisie, la moitié pour le développement du réseau et l’autre pour l’acquisition de la licence. Ces 130 millions ont été versés à l’État tunisien.

Cette entreprise française a apporté à la Tunisie sa technologie et plus d’un millier d’emplois. Avec la 3G, elle a considérablement renforcé le réseau internet local, ce qui a joué un rôle certain dans l’épanouissement de réseaux sociaux.

D’une manière générale, il reviendra naturellement à la commission d’enquête indépendante qui vient d’être créée de faire toute la lumière sur les accusations de corruption et de concussion.

Enfin comment vous voyez l’avenir de la Tunisie?

La Tunisie a maintenant son destin en mains. Pour la première fois dans leur histoire, les Tunisiens vont désigner démocratiquement leurs représentants et leurs dirigeants, lors de scrutins qui s’annoncent comme libres et équitables. La démocratie ne peut que renforcer la croissance et l’emploi. En ce moment historique, la France se tient à vos côtés.

Wiam Thebti

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